ACTUALITÉ

Épargne réglementée : le livret A passe à 1,7 % le 1er août 2026

OP

par Olivier Puren

Le taux du livret A va augmenter de 0,2 % le 1er août prochain. Une hausse bienvenue après trois baisses consécutives, qui risque cependant de ne pas suffire pour enrayer sa chute.

L’essentiel

  • Une revalorisation a minima : le taux de rémunération du livret A grimpera à 1,7 % à compter du 1er août 2026, contre 1,5 % actuellement. Le taux du livret de développement durable et solidaire (LDDS) passera aussi à 1,7 %, et celui du livret d’épargne populaire (LEP) sera maintenu à 2,5 %.
  • Un rendement réel négatif : cette hausse est destinée à préserver le pouvoir d’achat des épargnants. Mais le rendement réel du livret A et du LDDS, inflation déduite, devrait être négatif en 2026. Le rendement réel du LEP aussi, si les prix à la consommation s’envolent à la rentrée.

Le livret A est, de loin, le placement le plus répandu auprès des Français : 58 millions d’épargnants en détiennent un, et son encours dépasse 440 milliards d’euros. Ce succès ne doit rien au hasard : le livret A est l’enveloppe idéale pour se constituer une épargne de précaution récupérable à tout moment, sans risques, sans frais et sans impôts. Pourtant, il accumule les revers depuis le début de l’année. Pénalisé par une rémunération jugée peu attractive et par l’érosion du pouvoir d’achat des ménages liée à la crise au Moyen-Orient, il a enregistré une perte sèche de 5 milliards d’euros entre janvier et mai. Pour stopper l’hémorragie, les pouvoirs publics prévoient de booster légèrement son taux de rémunération à compter du 1er août. Une nécessité, car les fonds collectés via le livret A sont essentiels à notre économie : ils permettent notamment de financer le logement social, les PME et la transition écologique.

Une revalorisation a minima

Sur proposition du gouverneur de la Banque de France, le taux de rémunération du livret A passera de 1,5 % à 1,7 % le 1er août 2026. Cette hausse de 0,2 point est la conséquence de l’augmentation de l’inflation et des taux d’emprunts bancaires constatée au premier semestre. C’est peu, mais c’est mieux que les trois baisses de taux consécutives décidées depuis février 2025. Le taux du livret A était alors passé de 3 % à 2,4 %, avant de tomber à 1,7 % en août 2025, puis à 1,5 % en février 2026.

LDDS : la rémunération du livret de développement durable et solidaire va également passer de 1,5 % à 1,7 % en août. Le petit frère du livret A connaît lui aussi des temps difficiles, son encours ayant fondu de plus de 700 millions d’euros au cours des 5 premiers mois de l’année.

LEP : la rémunération du livret d’épargne populaire, elle, ne sera pas revalorisée en août, elle restera identique à celle en vigueur depuis février 2026. Soit 2,5 %, nets d’impôts, car le LEP est également totalement défiscalisé. C’est mieux que les 2,2 % qui auraient été retenus si sa formule de calcul avait été appliquée à la lettre, le taux du LEP étant normalement égal à celui du livret A majoré de 0,5 point. Mais c’est moins bien que les 2,7 % qui auraient été appliqués si le gouvernement avait maintenu la majoration de 1 point en vigueur depuis 1 an. Ce livret réservé aux épargnants aux revenus modestes est également à la peine : son encours a déjà fondu de plus de 300 millions d’euros cette année, après une perte de 840 millions l’an dernier.

Un rendement réel négatif

La rémunération offerte par les livrets réglementés est censée protéger votre épargne de l’érosion monétaire. Autrement dit, elle doit couvrir l’inflation afin de préserver le pouvoir d’achat de l’argent que vous mettez de côté.

Reprise de l’inflation : depuis mars 2026, l’inflation est repartie en flèche sous l’effet de la hausse des prix du carburant lié au conflit au Moyen-Orient, et elle a largement dépassé les 1,5 % offerts par le livret A et le LDDS. Le rendement réel de ces livrets, inflation déduite, est donc négatif, en rythme annuel. Les 0,2 points de rémunération supplémentaire ne devraient pas modifier sensiblement la donne, car les prévisionnistes tablent sur une hausse des prix de 2 à 2,5 % en France en 2026. Elle pourrait même grimper à 4 % si la crise du détroit d’Ormuz s’éternise. Si ce scénario du pire se réalise, même le LEP ne jouera plus son rôle d’amortisseur de l’inflation.

Quelques euros de gains : si vous avez placé 7 500 € sur votre livret A, le passage de son taux de rémunération de 1,5 % à 1,7 % générera 6,25 € de gains supplémentaires seulement cette année. Si votre livret A est plein (22 950 €), il vous rapportera 367,20 € d’intérêts en 2026, soit 18,79 € de plus que sans la revalorisation prévue en août. C’est insuffisant pour inciter les épargnants à étoffer leur livret A : cette hausse de rémunération devrait avoir un effet très limité sur le rebond de la collecte espéré par le ministre de l’Économie.

Concurrence de l’assurance vie : la forte décollecte subie par le livret A, le LDDS et le LEP est pour partie due à la crise internationale actuelle. La hausse des prix des carburants a conduit les plus modestes à puiser dans leur épargne de précaution pour boucler leurs fins de mois. Le très faible rendement de ces livrets est également en cause, ceux qui disposent d’une capacité d’épargne préférant désormais placer leurs réserves d’argent dans les fonds en euros de l’assurance vie. Ces fonds ont servi un rendement moyen de 2,6 % bruts en 2025, et supérieur à 3,5 % pour les meilleurs contrats. Largement plus que le livret A, même après impôts.

Comparateur

Assurance-vie

Voir le comparatif
OP

Olivier Puren

Soutenez-nous, rejoignez-nous

La force d'une association tient à ses adhérents ! Aujourd'hui plus que jamais, nous comptons sur votre soutien. Nous soutenir

image nous soutenir

Newsletter

Recevez gratuitement notre newsletter hebdomadaire ! Actus, tests, enquêtes réalisés par des experts. En savoir plus

image newsletter