Ford Kuga Premières impressions

Ford Kuga

Premières impressions

Publié le : 22/02/2013 

Revue de fond en comble, la nouvelle mouture de Ford Kuga est mieux armée pour affronter la rude concurrence du segment des SUV. Mais, à trop vouloir en faire, Ford commet des erreurs en termes d’ergonomie.

 

Ford Kuga

Contrairement à ce que l’on pourrait supposer, le segment des SUV conserve la cote auprès des automobilistes avec des ventes qui ont pratiquement quadruplé en 10 ans. Quatre ans après le premier Kuga, Ford présente une deuxième mouture entièrement remodelée : nouveau châssis (identique à celui des Focus, C-Max, Connect…), nouvel intérieur, nouvelle mise au point pour les trains roulants, nouveaux systèmes d’aide à la conduite et moteurs plus économiques.

Qualité de vie à bord

Un habitacle largement supérieur au Kuga précédent.
Un habitacle largement supérieur au Kuga précédent.

Extérieurement proche du Kuga originel, le nouveau modèle se différencie par un intérieur complètement remodelé. Le SUV gagne beaucoup en agrément de vie à bord. Les matériaux sont plus modernes, mieux assemblés et très agréables au toucher. Quelques réserves cependant sur la longévité de l’habillage de la console centrale en plastique brillant qui, s’il est du meilleur effet, risque de mal vieillir.

Le Kuga gagne aussi en habitabilité alors que les dimensions extérieures (largeur et hauteur) sont légèrement inférieures à l'ancien modèle. Ford a réussi ce tour de passe-passe en réduisant l'épaisseur des sièges, sans que ce soit au détriment de leur confort, et en limitant la proéminence des garnissages de portes. L’augmentation de la largeur en partie haute permet aussi d’offrir plus d’espace aux occupants. La sensation d’espace est encore accentuée par la présence du toit panoramique en verre (en option). Le Kuga dispose d’une modularité très importante avec la possibilité de replier individuellement les sièges arrière. Le volume de chargement passe ainsi de 456 dm3 à 1 653 dm3.

Des commandes placées trop loin du conducteur.
Des commandes placées trop loin du conducteur.
Nous avons par ailleurs relevé quelques défauts d’ergonomie avec, pour commencer, des commandes de radio assez mal placées et trop éloignées du conducteur. Il lui faudra allonger le bras et se décoller de son siège, ce qui est assez inconfortable, pour modifier la sélection radio ou gérer la navigation. Heureusement, les commandes au volant permettent de réaliser une partie de ces manipulations. De même, la prolifération des équipements électroniques dernier cri sur les modèles pris en main nous a posé des soucis d’adaptation. Par exemple, nous n’avons pas réussi à mettre instinctivement le régulateur de vitesse en service. De même, l'affichage central du tableau de bord, délicat à programmer de prime abord, fait un peu « fouillis » et devient, selon le mode choisi, peu lisible. Il faudra alors un petit moment pour se familiariser avec tous les boutons et les différents menus.

 

Au volant

À conduire, cette nouvelle mouture est nettement plus agréable et aboutie que son aînée. Le véhicule possède une très bonne tenue de route et la prise de roulis est assez faible. Elle l’est encore moins sur la version Titanium, équipée du système électronique Roll Stability Control (contrôle de roulis). On aurait toutefois apprécié des assises de sièges un peu plus larges à l’avant et un peu plus enveloppantes pour disposer d’un meilleur maintien. En effet, lors d'un virage serré, on a légèrement tendance à glisser. Phénomène qui devrait s’amplifier sur les versions avec sièges en cuir.

Le moteur diesel 2.0 TDCi de 140 ch du Kuga.
Le moteur diesel 2.0 TDCi de 140 ch du Kuga.

Le confort est d’un bon niveau et les défauts de la route sont bien filtrés par les suspensions. Que ce soit sur route ou autoroute, les occupants ne seront pas maltraités. Dommage que le confort auditif ne soit pas aussi bon. En effet, sur autoroute, lorsque le rythme s'accélère, les bruits aérodynamiques et de roulement des pneus se font de plus en plus présents. Sans musique à bord, ils deviennent alors agaçants. Le bruit est aussi le talon d’Achille du moteur Diesel 2.0 TDCi de 140 ch qui n’est pas vraiment discret lors des accélérations franches (dépassements, insertion sur une autoroute, démarrages rapides…). Au-delà de ces imperfections  sonores, ce bloc est agréable à l’usage et pas trop gourmand avec une moyenne de 7 l/100 km consommés (indication de l’ordinateur de bord) sur un trajet d’un peu plus de 100 km sur route et autoroute. Le moteur est en outre associé à une bonne boîte de vitesses à 6 rapports bien étagés. Il n’est alors pas vraiment nécessaire de rétrograder pour effectuer un dépassement en conditions normales de circulation, sauf peut-être lorsqu’en sixième le moteur tourne à un régime trop bas pour qu'il puisse repartir facilement. À noter que ce moteur sera également proposé avec une boîte de vitesses à double embrayage (Power Shift) qui méritera une prise en main. Le moteur Diesel est également disponible dans une puissance de 163 ch, uniquement en quatre roues motrices. S’il est logiquement plus nerveux, nous le conseillons uniquement à ceux qui vont beaucoup rouler en charge ou en montagne. Le surcroît de puissance et de prix (900 €) ne se justifiant pas forcément dans la plupart des autres cas.

Nous avons également pris en main une version 4x4 qui nous a particulièrement étonnés. Non par son efficacité, mais surtout par l’innovante gestion électronique de la transmission de puissance. Sans que le conducteur n’ait quoi que ce soit à faire, le système module automatiquement la répartition du couple en temps réel et selon les conditions de conduite. Par exemple, sur route à 90 km/h ce sont uniquement les roues avant qui sont motrices. Mais, au moindre changement de situation (freinage, virage, adhérence précaire...) la répartition change instantanément. On passe de façon imperceptible d'un mode à deux roues motrices (avant ou arrière selon les besoins) à un mode 4x4. Une solution qui permet aussi de négocier de façon plus précise les virages serrés. Le système peut en effet fournir plus de puissance sur les roues extérieures au virage pour aider le véhicule à s’inscrire dans le virage.

Si le Kuga ne peut être catalogué comme véritable baroudeur, il se sortira facilement des conditions de conduite délicates. À l’usage, le nouveau Kuga dispose d’astuces assez intéressantes comme le système de remplissage du réservoir doté d'un détrompeur qui rend impossible l'introduction d’un pistolet de carburant inapproprié. Appréciable aussi, le système d'ouverture « sans les mains » du coffre (malheureusement uniquement en option) : à condition d'avoir la clef sur soi, il suffit de passer le pied sous le pare-chocs arrière pour que le coffre s'ouvre ou se ferme tout seul. Si nous avons pu apprécier l'efficacité du dispositif, nous avons aussi remarqué qu'il semble très délicat. À plusieurs reprises, le coffre n'a pas voulu bouger malgré nos innombrables, et fatigants, mouvements de pied. Le coffre peut toutefois être ouvert de façon traditionnelle grâce à une poignée et refermé en appuyant sur un bouton pour la fermeture (solution de série sur les autres modèles).

Ouverture du coffre avec le pied.
Ouverture du coffre avec le pied.

Sécurité

En matière de sécurité, le Kuga fait carton plein en termes de résultats aux crash tests Euro NCAP. Il se distingue notamment par un score de 100 % pour la sécurité active qui récompense son niveau d'équipement en systèmes d'aide à la conduite et de sécurité très important : système de surveillance de vigilance du conducteur, aide au maintien dans la trajectoire, régulateur de vitesse adaptatif… Le Kuga réalise aussi un excellent résultat à l'épreuve du choc piéton avec une note de 70 %, une des plus élevées. Pour cela, le constructeur a doté son SUV d'un porte-à-faux avant assez prononcé (c'est d'ailleurs lui qui occupe la majeure partie des 8 cm supplémentaires par rapport à la précédente génération). Des résultats qui en font l’un des plus sûrs du segment, devant les Audi Q3, BMW X3, Kia Sportage ou encore le Volkswagen Tiguan.

 

Côté tarif, le Kuga réserve une bonne surprise avec, à équipement égal, une baisse de 900 € en moyenne par rapport au précédent modèle. Mais, si on veut vraiment bénéficier du maximum de potentiel et des dernières innovations, il faudra opter pour une finition Titanium (la plus élevée des deux proposées) et la compléter de quelques options comme, notamment, la version 4x4 très convaincante ou le GPS (690 € ou 1 170 € avec la caméra de recul). Dans ce cas, la facture avoisinera les 33 000 €. Un prix qui restera toutefois en deçà de ceux de certains SUV comme le Volkswagen Tiguan dont la version Sportline 140 ch s’affiche à 32 390 € en deux roues motrices et avec un équipement moindre. Pour disposer d’une version plus abordable, il faudra attendre le second semestre 2013, lorsque le constructeur proposera une version 2.0 TDCi de 115 ch pour environ 1 500 à 2 000 € de moins.

Le Ford Kuga en résumé

Le nouveau Ford Kuga s’améliore sur de nombreux tableaux et devient désormais un adversaire très sérieux face à la forte concurrence du segment en termes d’équipement, de confort, de qualité de fabrication et, surtout, de prix. Les moteurs Diesel sont très agréables à l’usage, qu’il s’agisse de la version 140 ch ou 163 ch. Enfin, la version 4x4 dispose d’une gestion automatique de la répartition de la motricité très performante et totalement imperceptible.

 

Les +                                           

Niveau d’équipement

Version 4x4

Qualité de vie à bord

Agrément de conduite

 

Les –

Complexité de l’affichage

Des défauts d’ergonomie

Bruit aérodynamique et de roulement

Manque de maintien de l’assise

 

Les anciens Ford Kuga testés par Que Choisir

Ford Kuga 2.0 TDCi 136 DPF 4x4

Ford Kuga