par Camille Gruhier
par Camille Gruhier
La marque américaine Scott lance une nouvelle gamme de vélos électriques urbains. Baptisée Sweep, elle comprend 3 modèles, le Sweep 10, le Sweep 20 et le Sweep 20 Wave. Ces vélos plutôt bien équipés intègrent, comme le Moustache Lundi 27, le nouveau moteur Hub Line de Bosch, intégré au moyeu de la roue arrière. Nous avons pu essayer le Sweep 10, le plus sportif de la gamme. Premières impressions.
Scott n’est pas un nouveau venu dans le monde des vélos électriques urbains : sa gamme SUB, lancée au début des années 2010, est encore approvisionnée aujourd’hui. Nous avons même testé récemment le dernier en date, le Scott Sport 30 Wave.
Mais avec le Sweep 10, l’américain inaugure l’ère du vélo électrique simple et dépouillé. Pas évident, d’ailleurs, de voir au premier coup d’œil qu’il s’agit d’un vélo électrique. Son moteur est niché dans la roue arrière ; sa batterie, dans le cadre.
Sur la partie électrique, Scott a choisi le nouvel équipement Bosch, qu’on croisera bientôt sur des dizaines de vélos, chez des dizaines de fabricants, c’est sûr. Le moteur, le Hub Line, est le premier de la marque qui soit niché dans le moyeu de la roue arrière.
Bosch s’était déjà imposé dans l’industrie avec ses moteurs dans le pédalier (Active Line, Performance Line, etc.) ; son premier moteur de roue était très attendu, car ce type de moteur présente plusieurs avantages.
Le premier est son coût, qui permet de faire baisser le prix des vélos. Le deuxième, sa discrétion : caché dans la roue arrière entre le dérailleur à droite et le disque de frein, à gauche, il est presque invisible. Il est aussi plus léger qu’un moteur de pédalier.
Et il est vendu de pair avec une nouvelle batterie, la PowerTube 360, elle aussi plus mince, plus légère, et dissimulée dans le cadre du vélo. Ce duo permet aux fabricants de proposer des vélos minces et légers, des vélos que Scott aime appeler « subtilement électriques ». Le Sweep 10 pèse ainsi 22 kg.

Sweep 10 adopte un cadre en aluminium aux finitions très soignées (pas de soudures grossières et disgracieuses, comme c’est trop souvent le cas !). Indispensables pour arriver propre au travail les jours de pluie, les garde-boue restent discrets. Celui placé à l’arrière est équipé de porte-sacoches qui peuvent supporter 8 kg.
Les freins à disque sont signés Shimano, une valeur sûre, comme la transmission. Petit point technique concernant cette dernière : Scott a opté pour le modèle Cues (9 vitesses), largement éprouvé sur les vélos électriques grâce à sa résistance à l’usure et aux couples élevés des moteurs.
Enfin, du côté des pneus, on retrouve l’indétrônable marque Schwalbe, dont la réputation n’est plus à faire non plus. Le Sweep 10 est léger, simple, bien équipé, et c’est tant mieux. On n’en espérait pas moins pour un vélo qui coûte tout de même 2 499 €.

Qui dit vélo dépouillé dit aussi, par définition, vélo sans aucune suspension, ni sous la selle, ni dans la fourche, ni dans le cadre (comme on peut le voir sur quelques rares cadres urbains comme le Moustache J All, que nous avions pris en main à son lancement).
Ce Sweep 10 est rigide ! Voilà le prix de la légèreté. On sentira donc assez nettement les pavés et autres imperfections de la chaussée. La position sportive, buste légèrement penché en avant, épargne quand même les vertèbres, mais mieux vaut se lever de la selle au passage de dos d’âne ou de nids-de-poule.
Le guidon assez large offre, en revanche, la stabilité indispensable à une bonne agilité en ville. Et la très bonne maniabilité du vélo, qu’au quotidien on est souvent amené à retourner (pour s’insérer dans le bon sens dans un parking à vélo), à soulever (quand, à pied, il faut monter sur un trottoir en cas de travaux ou d’obstruction de la piste cyclable) est appréciable.

À l’usage, le moteur Hub Line et sa batterie PowerTube 360 s’avèrent pertinents pour un usage en ville. Le couple du moteur (sa nervosité, en quelque sorte), 45 Nm, est correct pour délivrer une assistance douce sur des terrains peu accidentés.
Notre prise en main a même montré que le Sweep 10 est parfaitement à l’aise pour grimper les côtes abruptes de l’est parisien, du quartier de la Mouzaïa aux Buttes-Chaumont et de la butte Bergeyre au belvédère de Belleville. Donnez-lui du mou en baissant la vitesse (pour mouliner davantage), et le vélo vous mènera au sommet.
Mais… pas pendant longtemps. Avec une capacité de 360 Wh, la batterie est, elle aussi, taillée pour la ville, sous-entendu pour des trajets quotidiens assez courts qu’on peut ponctuer de recharges quotidiennes. Scott ne communique pas sur un nombre de kilomètres, ce n’est même pas un sujet à ses yeux.
Pour le fabricant, l’autonomie est simplement « adaptée aux trajets quotidiens ». Nous ne l’avons pas mesurée précisément mais une chose est sûre : Bosch, qui annonce de son côté « plus de 80 km », est très optimiste. Ce chiffre est mesuré en mode éco (où vos cuisses font l’essentiel du travail), dans des conditions optimales (météo, revêtement de chaussée), avec un cycliste qui n’est a priori pas en surpoids.
Notez que Bosch propose une batterie supplémentaire, à accrocher sur le cadre comme un bidon (PowerMore 250 Range Extender), pour prolonger l’autonomie. Il faudra simplement débourser 400 € de plus…

Le système Bosch est livré avec le Purion 200, une commande déportée à gauche sur le guidon. Avec le Smart System de Bosch, vous pourrez aussi le connecter à votre smartphone en Bluetooth via l’application eBike Flow (Android, iOS). Celle-ci donne accès à de nombreuses fonctions de configuration, à des statistiques de parcours, mais aussi à la possibilité de protéger le vélo contre le vol.
La fonction eBike Lock permet ainsi de verrouiller le vélo. Bosch propose aussi eBike Alarm, une fonction de protection antivol qui combine une alarme sonore et visuelle, un suivi GPS et des notifications sur smartphone en cas de vol du vélo. Il faut pour ça souscrire au service Flow+ (4,99 €/mois ou 39 €/an) et installer un petit boîtier GPS, le ConnectModule, à 130 €.

Le Sweep 10 se positionne en choix crédible pour qui veut un vélo urbain réactif et léger à prix correct. Mais avec sa fourche suspendue, sa position plus droite et sa meilleure compatibilité avec le transport de charges (porte-bagages, sacoches), le Sweep 20 conviendrait mieux aux utilisateurs qui comptent sur le confort. Et le Sweep 20 Wave, avec son cadre ouvert, s’impose si vous avez besoin d’un porte-bébé.
Le Scott Sweep 10 possède une batterie Bosch PowerTube de 360 Wh. Scott ne donne pas d’autonomie précise. Et pas sûr que nous testions ce vélo en laboratoire pour vérifier.
Oui, mais pas sur de longs trajets. Si vous tombez en panne de batterie, vous pourrez sans doute rentrer chez vous, mais n’imaginez pas le vélo comme utilisable confortablement.
Oui, il est possible de retirer la batterie avec une clé, par le dessous du cadre.
Le Scott Sweep 10 pèse environ 22 kg. C’est relativement contenu pour un vélo électrique urbain équipé de garde-boue et d’un système d’éclairage.
Le Sweep 10 ne possède aucune suspension. Sa fourche rigide favorise la légèreté et la maniabilité, mais les pavés, nids-de-poule et autres irrégularités de la chaussée se ressentent davantage.
Camille Gruhier
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