par Anne-Sophie Stamane
Vélo, trottinette : dans quelles situations le casque est-il obligatoire ?
Le Conseil national de la sécurité routière va devoir se prononcer sur le port du casque obligatoire. Prioritairement pour les utilisateurs de trottinettes électriques et autres engins de déplacement personnel motorisés (EDPM), mais les cyclistes sont aussi évoqués. Dans plusieurs villes et départements, des arrêtés rendent la situation illisible.
Jusqu’à récemment, la situation était assez simple. Le port du casque vélo n’était obligatoire que pour les enfants jusqu’à l’âge de 12 ans. Les utilisateurs de trottinette électrique, ou de tout autre engin de déplacement personnel motorisé (EDPM monoroues, gyropodes, etc.), y étaient aussi astreints, mais uniquement lorsqu’ils circulaient hors agglomération.
Depuis quelques mois, des arrêtés locaux sont venus brouiller le message. Une dizaine de préfets (Alpes-Maritimes, Hauts-de-France, Pas-de-Calais, Indre, Yonne, Paris, etc.) ont décidé de rendre le casque obligatoire en toutes circonstances, et sur toute la voie publique, y compris les pistes cyclables, pour les utilisateurs d’EPDM. Motif, l’élévation du nombre des accidents, lié à leur usage grandissant et à la cohabitation avec des véhicules plus rapides.
→ Lire aussi : Comment choisir un casque vélo pour enfant
Ajoutant à la confusion, des municipalités y sont allées de leur propre réglementation, imposant qui le gilet réfléchissant, qui le port du casque, jusqu’à inclure parfois les cyclistes (Aurillac, Rungis), à vélo électrique ou non, et même les amateurs de rollers.
Difficile de s’y retrouver, et surtout de respecter la loi : comment savoir, quand on est en balade, si la ville dont on traverse le territoire exige ou non le port du casque ?
En outre, il existe un doute sur la solidité de ces arrêtés municipaux : pour durcir la loi qui prévaut au niveau national ou départemental, les édiles locaux doivent motiver précisément leur décision, par exemple en citant l’accidentalité, ou une caractéristique de leur ville rendant dangereuse la pratique du vélo, ou le recours à un EDPM. C’est loin d’être le cas.
Pour clarifier les règles, la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marie-Pierre Vedrenne, a saisi le Conseil national de la sécurité routière. Si elle vise prioritairement les EDPM, selon son entourage, elle a cité les cyclistes dans la presse.
Nul doute que si ces derniers devaient être concernés, l’obligation rebattrait les cartes pour les systèmes de location instantanée qui ont fait le succès du vélo dans de nombreuses grandes villes, à commencer par Paris.
Anne-Sophie Stamane