Fibre optique

Copropriétaires, il est urgent d'attendre !

Publié le : 09/10/2007 

Le très haut débit est déjà bien engagé en France. La conquête des foyers a commencé, les différents fournisseurs d'accès internet (FAI) déploient avec précipitation leurs réseaux pour préempter au plus vite les zones géographiques les plus intéressantes. En effet, l'équipement des bâtiments en fibre optique, technologie nécessaire au déploiement de ce service, implique de lourds travaux de génie civil, coûteux et générant beaucoup de nuisances, qui ne pourront pas être dupliqués. Si bien que le FAI qui déploie en premier son réseau dans une copropriété, a de fortes chances d'être le seul à le faire ! Or, il n'existe aujourd'hui aucun cadre réglementaire contraignant les FAI à partager leurs réseaux. Le FAI qui a équipé un bâtiment est donc en position de monopole sur ce dernier. Il est libre de pratiquer les prix qu'il souhaite et si le consommateur n'est pas satisfait et souhaite changer d'opérateur il devra déménager !

Par ailleurs, il n'existe pas non plus de normalisation des installations, ce qui signifie que rien ne garanti que la technologie déployée par un FAI spécifique permettra à un autre opérateur, s'il y est autorisé, de délivrer ce service.

L'UFC-Que Choisir juge cette situation très préoccupante et, par conséquent, soutient pleinement l'Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes (ARCEP) dans sa volonté d'encadrer cette activité. L'objectif est d'obtenir une mutualisation de la partie terminale de la fibre i.e. contraindre les FAI à louer leur réseau à leurs concurrents lorsqu'un consommateur souhaite bénéficier des services d'un opérateur alternatif. Ce mode opératoire est proche de celui utilisé à l'heure actuelle pour l'ADSL et le téléphone fixe. France télécom loue la boucle finale cuivre, dont il est propriétaire, aux autres opérateurs de téléphonie et FAI.

Le processus est amorcé, cependant on n'en connaît pas encore l'issue. L'UFC-Que Choisir conseille donc aux copropriétés de ne pas se précipiter et d'attendre une clarification de la législation avant d'accepter l'installation de la fibre dans leurs habitations.