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Gaz, électricité, fioul : une inflation inédite

Grégory Caret

par Grégory Caret

Depuis le 28 février 2026 et le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, les prix de l’énergie dévolue au logement sont repartis à la hausse. Le fioul domestique et le gaz sont particulièrement touchés. L’électricité n’est pas épargnée, avec des augmentations certes plus modérées. À l’approche de l’hiver, cette nouvelle flambée menace de peser lourdement sur le budget des ménages. Entre chauffage réduit, confort sacrifié et travaux d’économie d’énergie, notre enquête révèle la façon dont les Français envisagent de s’adapter pour limiter leur facture, mais aussi les inégalités face à ces nouvelles contraintes.

Des dépenses énergétiques qui pèsent lourd dans le portefeuille

La flambée des prix de l’énergie n’épargne pas les ménages. Près de 3 Français sur 4 (73 %) estiment que la hausse récente des prix de l’énergie pèse lourdement sur leurs dépenses. Pour près d’un quart (23 %), son impact est même jugé très important.

Cette pression des dépenses énergétiques dans le budget des ménages n’est pas seulement conjoncturelle. Voilà en fait des années que l’énergie engloutit une part croissante des dépenses des ménages. Les récentes hausses de tarifs ne sont que la poursuite d’une irrésistible inflation amorcée dès 2021. Pour le gaz (+ 140 %) et le fioul (+ 120 %), la facture moyenne a plus que doublé depuis 2021 ! Rappelons que sur la même période, selon l’Insee, le revenu moyen n’a progressé que de 24 %, avec de fortes disparités selon les personnes.

L’inflation des dépenses énergétiques frappe particulièrement les ménages modestes

Si la hausse des prix de l’énergie pèse sur le budget d’une large majorité de Français, tous ne sont pas touchés avec la même intensité. Les foyers les plus modestes sont particulièrement exposés : pour près de 1 ménage modeste sur 2 (45 %), cet impact est même jugé très important, contre seulement 16 % des ménages les plus aisés. Les locataires apparaissent également plus affectés que les propriétaires (83 % contre 68 %). Le mode de chauffage joue aussi : les ménages utilisant le fioul (84 %) ou le gaz (75 %) déclarent plus fréquemment subir la hausse des prix que ceux raccordés à un réseau de chauffage urbain (64 %).

Baisser le chauffage, faute de pouvoir faire autrement

Les ménages disposent de peu de marge de manœuvre pour alléger leur facture énergétique. Si quelques-uns peuvent engager des travaux d’isolation ou changer de chauffage (13 %), d’autres n’auront d’autre choix que de baisser la température cet hiver (57 %).

Si certains ménages cherchent à modifier leur source d’énergie, notamment – comme ils l’expliquent – en recourant à une pompe à chaleur ou à l’énergie solaire, la faible proportion de ménages (13 %) envisageant des travaux de ce type surprend. Mais les possibilités d’adaptation dépendent largement des ressources financières, des caractéristiques du logement et de son statut d’occupation. Ainsi, pour les bas revenus, les locataires ou les résidents en appartement, les travaux d’isolation ne sont quasiment jamais envisagés, sans doute parce qu’ils sont hors de portée.

S’agissant des autres sources d’économies potentielles, le recours au bois est parfois privilégié (cheminée, insert, poêle à bois, poêle à granulés ou fourneau). Certains l’utilisent en complément pour moins solliciter leur système de chauffage principal.

Mais c’est surtout sur leur confort thermique que les ménages comptent faire des économies : baisser le chauffage apparaît comme leur premier levier pour alléger la facture. Par leurs témoignages, certains ont souhaité rappeler que cette disposition n’a malheureusement rien d’inédit : « J’ai déjà réduit l’hiver dernier et ce serait trop juste de réduire encore » ou « Je m’astreins déjà depuis plusieurs années à ne pas chauffer correctement. » On note ainsi que les personnes se chauffant au fioul ou au gaz, mais aussi les plus modestes, sont les plus susceptibles de réduire le chauffage (pour les deux tiers d’entre eux), quitte à sacrifier leur confort thermique. Mais plusieurs témoignages montrent surtout que les marges de manœuvre s’épuisent. Certains déclarent avoir déjà fortement réduit leur chauffage les années précédentes, au point de ne plus pouvoir diminuer davantage leur consommation et d’autres semblent avoir atteint la limite des économies possibles : « Je ne me chauffe pas, car c’est trop cher », « Je ne mets pas le chauffage du tout », « Je ne chauffe jamais. »

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Grégory Caret

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