Honda CR-V (2018) Premières impressions

Honda CR-V (2018)

Premières impressions

Publié le : 27/08/2018 

Le nouveau CR-V fait la part belle à l’habitabilité et au confort de roulage. Par contre, en n’adoptant qu’un moteur essence, le SUV de Honda risque de coûter cher à cause du malus écologique.

 
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La cinquième génération du Honda CR-V sera proposée à partir de fin septembre. Elle arbore de nombreux changements, visibles ou cachés, à l’extérieur comme à l’intérieur. Déjà, Honda a écarté toute motorisation diesel pour son SUV et ne propose qu’un bloc à essence au lancement. Une version hybride – particulièrement attendue – fera son apparition début 2019. À l’extérieur, le style devient plus contemporain en adoptant des rondeurs alors que l’intérieur progresse en qualité et en habitabilité. Et pour la première fois, le CR-V est disponible en version à 7 places.

Qualité de vie à bord

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La finition intérieure du nouveau CR-V est de très bonne facture.

La qualité de fabrication du CR-V progresse sensiblement et tous les éléments intérieurs sont bien ajustés. Le meilleur exemple de cette évolution se trouve au niveau de la console centrale modulable. Composée de plusieurs parties et d’un bac mobile en plastique dur, c’est l’endroit le plus propice à l’apparition de grésillements et autres vibrations. Pourtant, il n’en est rien et ici la réalisation ne souffre pas la critique. La qualité du reste des matériaux est aussi en progrès et s’avère d’un bon niveau. Nous avons toutefois trouvé le design un peu confus, notamment vers le milieu de la planche de bord où les découpes sont nombreuses. Le CR-V dispose aussi de nombreux équipements et fonctionnalités supplémentaires qui compliquent l’ergonomie générale. Le volant est, par exemple, chargé de nombreux boutons complexes à appréhender. De même, l’écran tactile central de 7 pouces est moyennement lisible car il affiche trop d’informations lors de la navigation ce qui laisse alors moins de place pour la carte elle-même. Nous n’avons pas non plus aimé le positionnement de cet écran qui aurait mérité d’être mieux intégré dans la planche de bord. À l’inverse, pour les modèles équipés de l’affichage tête haute, nous avons apprécié que le système puisse être géré par un seul bouton très facilement accessible à gauche du volant.
 

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L'écran tactile s'avère petit alors que l'affichage tête haute est bien conçu.

Autre point très positif, l’habitabilité qui progresse. La sensation d’espace est importante et les occupants disposeront d’un beau volume. Les sièges assurent un bon confort et un maintien correct. L’augmentation de l’empattement de 4 cm (la distance entre les roues avant et arrière) profite à l’habitacle et les passagers arrière disposeront de 5 cm de plus pour étaler leurs jambes, le CR-V devenant ainsi une référence dans ce domaine. Les passagers seront en outre très bien installés sur leur banquette qui devient d’ailleurs coulissante sur 15 cm pour la version à 7 places. Mais, si les places arrière sont très appréciables, il n’en est pas tout à fait de même pour les places de la troisième rangée. Comme c’est généralement le cas, par exemple sur le Grand Renault Scenic ou le Peugeot 5008, ces places sont restreintes et ne conviendront pas aux plus grands. Leur accès est toutefois assez pratique grâce à la banquette coulissante qui peut aussi être basculée vers l’avant. À noter que les portes arrière s’ouvrent quasiment à 90° ce qui offre un passage appréciable pour accéder à l’habitacle.

Enfin, si la boîte à gants est ridiculement petite et peu pratique de par sa forme, la capacité du coffre progresse. Ce dernier est aussi très facile à charger grâce à sa forme cubique laissant peu de place perdue. Le nouveau CR-V dispose même d’une très généreuse longueur de chargement maximale avec 1 830 mm (250 mm de plus par rapport au modèle précédent) ou 1 800 mm pour le modèle à 7 places.

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L'habitacle à l'arrière est spacieux même si la troisième rangée est réservée à un usage occasionnel.

Au volant

Le nouveau CR-V sonne le glas des moteurs Diesel et ne peut recevoir qu’un unique moteur à essence quatre cylindres 1.5 VTEC (monté par ailleurs sur la Civic ou la Jazz dans des puissances différentes). Sur le CR-V, la puissance est de 173 ch à 5 600 tr/min lorsqu'il est équipé d’une transmission manuelle à six vitesses et de 193 ch pour les modèles CVT. Le couple maximal s’élève respectivement à 220 Nm entre 1 900 et 5 000 tr/min et 243 Nm entre 2 000 et 5 000 tr/min. Dans tous les cas, il est très agréable à utiliser et permet de rouler dans de bonnes conditions. Les accélérations sont pertinentes et le SUV ne pose aucun souci sur tous les types de routes. Nous avons particulièrement apprécié le silence de fonctionnement et les reprises. Un tout petit reproche sur les versions équipées de la boîte CVT : lorsqu’on accélère fortement, le moteur ne retombe pas instantanément en régime. Ainsi, on éprouve la sensation étrange qu’il est « bloqué » dans les tours. L’avantage est que l’on bénéficie d’une relance immédiate si on doit à nouveau accélérer.

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L'unique moteur essence proposé à la commercialisation est agréable.

Sur route, l’insonorisation de toutes les versions est d’un très bon niveau. Seuls les modèles à quatre roues motrices émettent un peu plus de bruit de roulement que les autres, mais rien de rédhibitoire. Le confort de roulage est d’autant plus appréciable que les suspensions sont assez performantes réussissant à associer confort et tenue de route. Sans dire que le CR-V puisse adopter un comportement vraiment sportif, il faut reconnaître qu’il s’en sort plutôt bien sur les routes sinueuses et ne prend pas trop de roulis. Et lorsque le revêtement se dégrade, l’amortissement est tel qu’il gomme tous les défauts de la route, pour le plus grand confort des passagers.

Sur nos trajets, quelle que soit la configuration de la mécanique, nous avons relevé une consommation moyenne avoisinant les 7 litres aux 100 km. Ce qui s’avère plutôt raisonnable vu le type de véhicule.

En ville, la visibilité générale n’est que moyenne. En cause, les formes proéminentes du capot qui grèvent le champ de vision du conducteur vers les côtés avant et, à l’arrière, la ligne plongeante et les vitres étroites qui réduisent la vision de trois quarts arrière. Les aides au stationnement deviennent ici indispensables. Heureusement, le bon rayon de braquage et la bonne assistance de la direction permettent de manœuvrer facilement.

Sécurité

La nouvelle plateforme utilisée sur le CR-V utilise une nouvelle génération d’acier ultra haute tension qui assure de meilleures performances mécaniques. En outre,  les inédites techniques d’assemblage améliorent la rigidité et la maîtrise des bruits et vibrations. La sécurité est également améliorée par la présence de nouveaux systèmes de sécurité et d’aide à la conduite qu’inaugure le nouveau CR-V. Par exemple, la nouvelle gestion de la transmission 4x4, l’alerte de collision, le système d'avertissement de franchissement de ligne et le régulateur de vitesse adaptatif intelligent qui corrige la consigne du conducteur en fonction des indications des panneaux de signalisation. Autant de dispositifs qui rendent le constructeur confiant pour l’obtention des 5 étoiles aux crash tests EuroNCAP.

Le Honda CR-V en résumé

Les progrès du Honda CR-V en termes de finition, d’habitabilité et d’équipement sont réellement appréciables. Reste que persistent des défauts d’ergonomie et un style intérieur qui ne fera pas l’unanimité. Côté tarifs, on retrouve le même niveau que celui pratiqué sur la génération actuelle avec un éventail compris entre 29 790 et 44 030 euros. C’est donc plutôt un bon point vu les progrès apportés. Mais c’est sans compter sur les malus écologiques que devra supporter la mécanique essence. En effet, avec la boîte manuelle, les émissions de CO2 sont de 143 g/km pour les versions à deux roues motrices et de 151 g/km pour les quatre roues motrices. Elles passent ensuite à 162 g/km pour les voitures équipées de la boîte CVT (obligatoirement en quatre roues motrices). Cela se traduit, en se basant sur les tarifs actuels, par une charge supplémentaire comprise entre 1 373 et 4 460 euros. Des montants qui seront plus élevés dès janvier 2019. Pas certain que le SUV devienne alors compétitif par rapport à la concurrence. La version hybride pourrait devenir la seule alternative financièrement intéressante.

Les +

  • Habitabilité
  • Coffre
  • Moteur agréable
  • Qualité d’assemblage
  • Confort
  • Insonorisation

Les -

  • Design parfois assez complexe
  • Écran tactile petit et vieillot
  • Boîte à gants
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