par Elsa Casalegno
par Elsa Casalegno
Nestlé a procédé à des rappels volontaires de plusieurs références de laits infantiles premier âge dans plusieurs pays d’Europe, dont la France. Motif : la présence éventuelle de céréulide, une toxine sécrétée par une bactérie, dans un ingrédient, qui peut provoquer diarrhées et vomissements. En France, les détails des lots concernés sont disponibles sur le site gouvernemental Rappel Conso. Aucun cas d’intoxication n’aurait été signalé à ce jour.
Un premier rappel a été lancé début décembre sur un lot de la marque Guigoz Optipro Relais 1. Il a été suivi d’un second rappel, beaucoup plus large, le 5 janvier. C’est le plus important effectué à ce jour par la multinationale suisse sur ses laits infantiles : plus de 800 produits différents sont concernés en Europe, car 10 usines sont impliquées. En France, seules 3 références sont concernées : des laits infantiles premier âge Guigoz (en poudre et liquide) et Nidal (en poudre), commercialisés dans toute la France entre le 16/05/2025 et le 06/01/2026.
La liste précise est donnée sur le site officiel Rappel Conso. Il s’agit des références suivantes :
Les autres lots ne sont pas concernés par le rappel.
Si vous avez acheté l’un de ces produits, ne le donnez pas à votre enfant mais jetez le contenu (inutile de le rapporter en magasin). Si votre enfant présente des symptômes digestifs, contactez votre médecin.
Pour vous faire rembourser, prenez la boîte en photo (face avant et code du lot sous la boîte) et contactez le service consommateur de Nestlé :
Cette alerte évoque immanquablement celle qui avait touché les laits infantiles produits par le leader des produits lactés Lactalis, fin 2017 et début 2018. Cette contamination était cependant d’une toute autre ampleur, puisque plusieurs dizaines de nourrissons avaient été contaminés par une bactérie, Salmonella agona, et certains étaient tombés gravement malades. Des rappels avaient dû être lancés dans de nombreux pays, lors de procédures quelque peu chaotiques, et l’affaire avait entraîné l’ouverture d’une procédure judiciaire contre le groupe et son président Emmanuel Besnier.
L’information est discrètement mentionnée par Nestlé sur son site : « un incident qualité lié à un ingrédient fabriqué par l’un de ses fournisseurs », avant de préciser qu’il s’agit de « présence potentielle de céréulide, une substance d’origine bactérienne issue du microorganisme Bacillus cereus ». En clair, il s’agit d’une toxine sécrétée par la bactérie Bacillus cereus, présente dans l’environnement (terre, eau, végétaux, etc.). Cette toxine aurait contaminé les laits via « une huile riche en acide arachidonique », indique Nestlé sans plus de précisions. Cette huile est synthétisée à partir de la culture du champignon Mortierella alpina. Il s’agit d’un ingrédient relativement nouveau, autorisé depuis seulement 2011. Pas d’affolement, « les infections que [ces toxines] peuvent provoquer sont généralement peu fréquentes et sans gravité », souligne le ministère de l’Agriculture.
Cet incident survient après deux autres scandales sanitaires lourds impliquant Nestlé : les pizzas Buitoni contaminées par la bactérie E. coli, qui avaient entraîné la mort de deux enfants et l’hospitalisation de dizaines d’autres en 2022, et les eaux en bouteille Perrier contaminées par des bactéries en 2025.
Elsa Casalegno
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