par Elsa Casalegno
par Elsa Casalegno
Après Nestlé, c’est désormais Lactalis qui procède au rappel de plusieurs lots de laits de marque Picot 1er et 2e âge, après avoir détecté des « traces » de la toxine incriminée (céréulide). Quant à Danone, le groupe a vu ses produits bloqués par les douanes de Singapour, mais il ne fait pas l’objet d’alerte en France à ce jour.
Même fournisseur, mêmes contaminations. Après Nestlé en décembre et début janvier, c’est désormais Lactalis qui procède à des rappels massifs de 6 lots de laits infantiles. Sont concernés les laits en poudre Picot standard 1er et 2e âge, ainsi que les gammes spécifiques Picot Nutrition Quotidienne 1er et 2e âge, et le Picot Anti-reflux 2e âge, vendus en grandes surfaces et en pharmacies (voir encadré).
En revanche, contrairement aux informations qui peuvent circuler, Danone dément que ses laits fassent l’objet d’un rappel. La rumeur est partie d’une décision de Singapour de bloquer les laits infantiles. « À la demande de la Singapore Food Agency, nous avons, à titre de précaution, bloqué un lot de produits spécifiquement fabriqués pour le marché singapourien », explique Danone, qui réaffirme : « Aucune irrégularité ni non-conformité en lien avec Bacillus cereus ou avec les bonnes pratiques de fabrication [normes établies par les autorités sanitaires, ndlr] n’a été identifiée. » Le groupe précise par ailleurs que tous ses produits « font l’objet de tests, d’analyses et de contrôles rigoureux avant de quitter [ses] sites de production ». Mais ces analyses, dites libératoires, pourraient néanmoins s’avérer insuffisantes.
Interrogé, le groupe Lactalis a détaillé plusieurs limites : tout d’abord, l’acide arachidonique n’avait jusqu’à présent fait l’objet d’aucune alerte sanitaire, et la toxine céréulide incriminée n’était pas recherchée lors des analyses libératoires. Par ailleurs, cet ingrédient est encapsulé dans une matrice protectrice, qui se dissout au contact de l’eau. Les analyses sur les laits en poudre, réalisées par Lactalis lorsque la crise a éclaté chez Nestlé, ne donnaient aucun résultat positif. En revanche, une fois la poudre mélangée avec de l’eau, donc sous la forme qui est effectivement donnée à boire aux bébés, le fabricant a bel et bien trouvé des traces de la toxine incriminée dans les épisodes de troubles digestifs.

Si vous avez acheté du lait en poudre 1er ou 2e âge, vérifiez avant toute chose s’il s’agit des lots concernés par le rappel. Si c’est le cas, ne donnez pas ce lait à votre enfant mais conservez le contenu (contrairement aux consignes données par les fabricants et les autorités) en vue d’éventuelles analyses pour rechercher la toxine. Inutile de le rapporter en magasin.
Si votre enfant présente des symptômes digestifs (diarrhée, vomissements), contactez un médecin.
Comment vous faire rembourser un produit Nestlé (Guigoz ou Nidal)
Prenez la boîte en photo (face avant et code du lot sous la boîte) et contactez le service consommateurs de Nestlé :
Comment vous faire rembourser un produit Lactalis (Picot)
Prenez une photo claire et lisible du numéro de lot figurant sur le fond de chaque boîte concernée et transmettez-la au service consommateurs :
Vous pouvez conserver les boîtes jusqu’à remboursement, mais il est inutile de les rapporter en magasin, le remboursement étant directement géré par les fabricants.
Deux enquêtes pénales ont été ouvertes, à la suite de deux décès de nourrissons, l’un fin décembre à Angers, et l’autre début janvier à Bordeaux. Le procureur de la République de Bordeaux, Renaud Gaudeul, a fourni quelques éléments à la presse, repris par Le Monde. Le bébé, né le 25 décembre, avait « notamment été alimenté, entre le 5 et le 7 janvier 2026, avec un lait artificiel de marque Guigoz ayant fait l’objet d’un rappel pour une possible contamination par une bactérie Bacillus cereus ». Mais « l’imputabilité de ce décès avec la consommation du produit incriminé n’est pas établie à ce stade », précise le Centre de crises sanitaires, qui dépend du ministère de la Santé. Des analyses sont en cours pour vérifier l’éventuelle présence de la bactérie et sa toxine dans le lait ingéré. En attendant les résultats, les rappels menés par Nestlé et Lactalis se poursuivent, au niveau mondial. Au bas mot une soixantaine de pays seraient concernés – ce qui donne une idée de la concentration du secteur de la nutrition infantile.
Les rappels de laits infantiles prennent de l’ampleur : Danone (avec ses marques Gallia et Blédilait) et Vitagermine (avec sa marque Babybio) ont annoncé ce week-end procéder, eux aussi, à des retraits-rappels de laits infantiles 1er âge, avec deux lots pour le premier, et trois lots pour le second. Le détail est disponible sur le site gouvernemental RappelConso : rappel.conso.gouv.fr/categorie/25#navigation
Les fabricants expliquent que ces rappels sont liés à une « évolution des recommandations des autorités », sans préciser pourquoi ils sont désormais concernés. Ainsi, Danone indique dans un communiqué laconique que « les contrôles de routine et les analyses ciblées supplémentaires menées confirment que les produits de Danone sont sûrs », mais que le groupe a décidé de « procéder au retrait d’un nombre très limité de lots spécifiques de laits infantiles […] afin de se conformer aux dernières recommandations ». Il omet malheureusement d’indiquer les lots précis… Pour savoir desquels il s’agit, il faut se rentre sur RappelConso.
Elsa Casalegno
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