par Audrey Vaugrente
par Audrey Vaugrente
Remboursés depuis peu pour certaines personnes souffrant d’obésité, les agonistes du GLP-1 (sémaglutide/Wegovy, tirzépatide/Mounjaro) ont une efficacité réelle sur le poids. Mais au prix d’effets indésirables très courants.
En 10 ans, les médicaments agonistes du GLP-1 se sont démocratisés. D’abord réservés au traitement du diabète de type 2 (dulaglutide/Trulicity, liraglutide/Victoza, etc.), deux d’entre eux sont désormais autorisés dans la prise en charge de l’obésité, et remboursables : le sémaglutide (Wegovy) et le tirzépatide (Mounjaro). À qui s’adressent-ils, et quelle efficacité espérer ? Nous y répondons en 5 points.
Le sémaglutide est un agoniste du GLP-1, et le tirzépatide un double agoniste du GLP-1 et du GIP. Ces deux acronymes désignent des hormones intestinales (glucagon-like peptide-1 et glucose-dependent insulinotropic polypeptide) qui interviennent dans la régulation du glucose dans l’organisme. Ils stimulent la sécrétion d’insuline par le pancréas et diminuent celle du glucagon, ce qui permet de diminuer la glycémie. C'est pourquoi ils ont d’abord été destinés au traitement du diabète de type 2.
Mais l'impact de ces médicaments sur le comportement alimentaire a aussi intéressé les chercheurs et les fabricants. En effet, les agonistes du GLP-1 (aGLP-1) ralentissent la vidange gastrique et la prise alimentaire. C'est pour cela qu’ils sont parfois qualifiés de « coupe-faim ». Dans le même temps, le suivi des patients diabétiques a permis de constater qu’ils perdaient du poids. Des essais cliniques ont donc été lancés, et ont confirmé cette observation.
Dernier champ possible d’action des aGLP-1 : le cerveau. Ils auraient un effet sur la régulation de l’appétit, la sensation de satiété et la faim. Ils pourraient même diminuer le « bruit alimentaire » (en anglais food noise), qui se caractérise par des pensées répétitives et envahissantes en lien avec l’alimentation. De nombreux projets de recherche sont en cours pour mieux comprendre les mécanismes de ces médicaments, et leurs indications potentielles au-delà du champ de l’obésité, par exemple en cas d’addictions.
Il est important de souligner que ces médicaments doivent être envisagés comme un traitement à vie. L’obésité est une maladie chronique récidivante, et leur efficacité ne se maintient que pendant la durée du traitement. Plusieurs études ont montré que les kilos reviennent en cas d’arrêt – et plus rapidement qu’après un régime. C’est un vrai problème, dans la mesure où 1 patient sur 2 interrompt son traitement dans l’année suivant la première prescription.
Avant leur remboursement, les tarifs des aGLP-1 étaient libres. Le sémaglutide était distribué entre 200 € et 300 € par mois, quand le tirzépatide s’écoulait autour de 400 €. Les tarifs négociés dans le cadre du remboursement sont de 147 € à 195 € pour le Wegovy, de 176 € à 433 € pour le Mounjaro, le prix étant lié au dosage proposé. Ces tarifs vaudront pour toute prescription, qu'elle soit éligible au remboursement ou non.
S'ils sont très efficaces, les agonistes du GLP-1 entraînent des effets indésirables très fréquents, qui touchent les trois quarts des patients.
Un suivi diététique est également recommandé, afin de s’assurer que la diminution de la prise alimentaire n’entraîne pas de carences en vitamines et minéraux essentiels.
Audrey Vaugrente
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