par Olivier Puren
Crédit immobilier : combien pouvez-vous économiser avec une assurance de prêt individuelle ?
Souscrire une assurance emprunteur individuelle permet de réaliser des économies significatives, sans perte de protection. Une démarche simplifiée depuis 2022. Pourtant, la majorité des emprunteurs payent sans broncher des milliers d’euros de plus le contrat proposé par leur banque.

L'assurance emprunteur représente un poste de dépense majeur dans le coût global d'un crédit immobilier, souvent supérieur au coût des intérêts. La solution pour le réduire de plusieurs milliers ou dizaines de milliers d’euros consiste à souscrire une assurance individuelle à la place de l’assurance de groupe proposée par la banque.
Une solution simple, rapide et sans frais depuis la loi Lemoine de 2022, qui autorise le changement à tout moment, pour peu que le nouveau contrat offre une équivalence de garanties. Une assurance individuelle vous coûtera forcément moins cher, car les banques appliquent des tarifs mutualisés et s’octroient des marges très confortables. N’hésitez pas à chiffrer votre gain potentiel à l’aide de notre comparateur, son montant sera d’autant plus élevé que le changement interviendra tôt dans la vie du prêt.
Contrat de groupe : vous payez pour les autres
Pourquoi les tarifs des banques sont-ils plus élevés que ceux des assureurs individuels ? En grande partie parce que les assurances de groupe fonctionnent sur le principe de la mutualisation des risques. La banque applique un tarif moyen à tous les emprunteurs, sans tenir compte du profil et des besoins de chacun.
Résultat, les emprunteurs présentant un faible risque de décès et d’invalidité (jeunes, non-fumeurs, exerçant un métier de bureau) paient pour les profils à risque élevé (plus âgés, fumeurs, exerçant un métier dangereux).
Les jeunes pénalisés
Cette mutualisation des risques et des tarifs renchérit sensiblement le coût de l’assurance pour les jeunes emprunteurs. Des écarts de 1 à 4 sont constatés entre le taux annuel effectif d’assurance (TAEA) des contrats bancaires et des contrats individuels.
À 35 ans, un cadre non-fumeur peut espérer obtenir un TAEA de 0,34 % avec sa banque contre un taux réduit à 0,09 % seulement en délégation d’assurance. En outre, l’assurance bancaire est calculée sur la totalité du capital emprunté alors que l’assurance individuelle l’est généralement sur le capital restant dû. Ainsi, pour 300 000 € empruntés sur 25 ans, la première lui coûtera environ 10 000 € de plus.
Bon à savoir Le surcoût d’un contrat d’assurance bancaire varie de 2 000 € à 20 000 € selon le profil de l’emprunteur, le montant et la durée du prêt. Il peut grimper à 40 000 € pour les emprunteurs les plus jeunes et sans risques. Il tourne autour de 12 500 € pour un primo-accédant empruntant 200 000 € sur 20 ans.
Les banques trop gourmandes
L’assurance emprunteur génère aussi des marges élevées pour les banques, régulièrement dénoncées par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le gendarme du système financier français.
Les crédits immobiliers dégageant eux-mêmes des marges très faibles, voire nulles, les banques se rattrapent sur leurs contrats d’assurance de groupe. Ces derniers leur procurent des marges brutes allant jusqu’à 60 % ou 70 % car leur ratio de sinistralité, c’est-à-dire le rapport entre les sinistres et les primes, est inférieur à 40 %. Autrement dit, lorsque vous payez 100 € de cotisation, 40 € servent réellement à vous couvrir, les 60 € restants permettent de faire grossir les bénéfices de la banque.
Contrat individuel : assurez votre propre risque
Souscrire une assurance emprunteur individuelle permet, en quelque sorte, de ne pas payer pour les autres. Car les assureurs tiers adaptent leurs tarifs aux risques réels que leur font courir chaque emprunteur.
Vous ne payez donc pas le même prix selon votre âge, votre état de santé et vos antécédents médicaux, la dangerosité de votre profession ou des activités sportives que vous pratiquez, etc. Plus vous êtes jeune, plus l'écart de tarif est important en faveur de la délégation. Le fait de ne pas fumer ou de ne pas consommer d’alcool joue également en votre faveur, de même que le fait d’exercer un métier sans risque physique.
Être en bonne santé et ne pas avoir d'antécédents médicaux permettent aussi d'accéder aux meilleurs tarifs. Par contre, la délégation d’assurance n’est hélas pas toujours la solution la plus économique en cas de santé dégradée. Dans ce cas, il peut être préférable de souscrire le contrat de la banque.
Agir le plus tôt possible
Plus le capital emprunté et la durée du prêt sont élevés, plus vous pouvez réaliser des économies en optant pour une assurance individuelle. Les premières années du prêt sont évidemment les plus rentables pour changer, car le capital restant dû est encore important.
Mais même en changeant à mi-parcours ou à quelques années du terme des remboursements, vous pouvez gagner plusieurs centaines ou milliers d’euros par an. Par exemple, si vous avez emprunté 250 000 € sur 20 ans avant 40 ans et optez pour une assurance individuelle au bout de 10 ans, vous économiserez un peu plus de 6 000 € sur les 10 années de remboursement restantes.
Comparer et changer
Selon la Banque de France, environ 85 % des emprunteurs signent l'assurance proposée par la banque prêteuse, malgré la libéralisation de la délégation d'assurance en vigueur depuis 2022. C’est dommage au vu des économies immédiates réalisables en se tournant vers un assureur tiers.
D’autant que changer d'assurance emprunteur est aujourd'hui une démarche simple, il suffit de comparer les offres présentes sur le web, de trouver un contrat offrant une équivalence des garanties, et de le notifier à la banque prêteuse.
Bon à savoir La SAS Que Choisir peut vous accompagner dans cette démarche. Son comparateur « assurance emprunteur » vous permet de trouver le contrat individuel le plus adapté à votre situation et vous propose un service d’aide au changement. Utilisez-le sans attendre, car plus vous tarderez à changer d’assurance emprunteur, plus vous perdrez de l’argent !

Olivier Puren