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Crédit immobilier : l’impact de l’âge sur le coût de l’assurance emprunteur

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par Olivier Puren

Le prix d’une assurance de prêt dépend de plusieurs facteurs, l’âge de l’assuré notamment. Après 60 ans, il peut représenter jusqu’à la moitié du coût total d’un crédit immobilier. Les emprunteurs seniors ont intérêt à faire jouer la concurrence pour se couvrir à moindres frais.

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Emprunter à 60 ans, 65 ans, voire 70 ans, est tout à fait possible, car les banques ne fixent généralement pas d’âge limite pour le remboursement des crédits immobiliers. Vous obtiendrez les mêmes conditions financières (frais et taux d’emprunt), et vous pourrez souscrire les mêmes garanties de remboursement (caution bancaire ou hypothèque) que les emprunteurs plus jeunes.

Mais vous payerez forcément plus cher l’assurance emprunteur exigée par la banque pour se couvrir en cas de décès ou d’invalidité avant la fin du prêt. C’est logique, car le risque que vous décédiez ou deveniez invalide augmente avec l’âge, et l’assureur l’intègre dans ses calculs. Cette assurance coûte en moyenne deux fois plus cher à 60 ans qu’à 30 ans, et jusqu’à quatre fois plus cher à partir de 65 ans. De quoi alourdir sensiblement le coût total de votre financement.

Un prix qui augmente avec l’âge

Vous l’avez peut-être remarqué en utilisant les simulateurs de prêt immobilier disponibles sur la Toile, afin de vous faire une idée du budget dont vous disposez pour acheter votre futur logement. Certains affichent, par défaut, un taux d’assurance emprunteur de 0,34 % ou 0,36 %, sans plus d’explications. Un taux ajustable mais que peu de candidats à l’acquisition modifient, faute de savoir précisément ce qu’il recouvre.

En réalité, ce taux avantageux ne vous sera proposé que si vous avez moins de 30 ans, êtes en pleine forme, n’exercez pas un métier dangereux et ne pratiquez aucun sport extrême. Un emprunteur de plus de 60 ans, lui, doit plutôt tabler sur un taux d’assurance de 1 % à 1,5 %, selon son état de santé et ses antécédents médicaux.

TAEA progressif

Le taux annuel effectif d’assurance (TAEA) correspond au coût total d’une assurance de prêt sur une période d’un an, exprimé en pourcentage. Les compagnies d’assurances retiennent de nombreux éléments pour le calculer, tels que le montant et la durée du prêt, l’état de santé de l’emprunteur, ses activités sportives, sa profession et son mode de vie (consommation de tabac, d’alcool, etc.). Par ailleurs, elles le majorent forfaitairement par tranche d’âge, afin de compenser les risques accrus de maladie, invalidité et décès de l’assuré.

En 2025, le TAEA était, en moyenne, de :

  • 0,43 % pour les moins de 30 ans ;
  • 0,46 % pour les emprunteurs âgés de 30 à 35 ans ;
  • 0,62 % pour les 36-40 ans ;
  • 0,65 % pour les 41-45 ans ;
  • 0,76 % pour les 46-50 ans ;
  • 0,90 % pour les 51-60 ans ;
  • 1,23 % pour les plus de 60 ans.

Risque aggravé

Ces taux constituent des moyennes, les assureurs les adaptent au profil de chaque assuré. Par exemple, un emprunteur de 50 ans, dont le taux moyen d’assurance emprunteur s’établit à 0,76 %, peut se voir appliquer le taux de la tranche d’âge supérieure, fixé à 0,90 %, s’il est fumeur ou s’il a des problèmes de santé. Une différence qui représente un surcoût de plusieurs centaines, voire milliers, d’euros par an pour un prêt de 200 000 € remboursable sur 15 ans.

Au-delà de 70 ans, le taux d’assurance peut même dépasser 1,50 %, soit près de 50 % du taux global du prêt, contre une part limitée à 20 % ou 25 % le plus souvent pour les emprunteurs de moins de 50 ans.

Bon à savoir Le surcoût de l’assurance emprunteur lié à l’âge rogne votre capacité d’emprunt. Il peut vous empêcher d’emprunter s’il vous fait dépasser le taux d’usure.

Une couverture limitée pour les seniors

L’âge est un facteur déterminant non seulement pour fixer le coût d’une assurance de prêt immobilier, mais aussi pour fixer l’étendue des garanties offertes par l’assureur. Ce dernier critère, souvent négligé par les seniors, est essentiel car il conditionne la protection dont vous et vos proches profiterez si vous devenez dépendant ou si vous disparaissez avant le terme de votre emprunt.

Garanties à durée déterminée

Le socle de base de l’assurance emprunteur, c’est-à-dire les garanties contre le décès et la perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA), couvre l’emprunteur jusqu’au complet remboursement de son crédit immobilier, quelle que soit sa durée. Les assurances proposées aux plus de 60 ans peuvent toutefois prévoir contractuellement un âge limite de cessation de ces garanties, à 75 ou 80 ans par exemple.

L’emprunteur et ses proches risquent alors de se retrouver en difficulté si le prêt doit être soldé après cet âge limite, car ils ne sont pas intégralement couverts sur toute sa durée de remboursement. L’emprunteur devra continuer à rembourser ses échéances s’il devient dépendant après l’âge de cessation de la garantie PTIA, et ses proches devront rembourser le capital restant dû s’il disparaît après l’âge de cessation de la garantie décès.

Exclusions de garantie

Plus l’emprunteur est âgé et plus le questionnaire médical à remplir pour souscrire l’assurance de prêt est détaillé. Là encore, c’est logique car la santé va en déclinant en vieillissant et l’assureur a besoin de mesurer précisément les risques qu’il prend.

S’ils sont trop importants, il peut décider non seulement de limiter sa garantie dans le temps, mais aussi d’appliquer une surprime pour les garanties complémentaires couvrant l’invalidité (IPP ou IPT) et l’incapacité de travail (ITT), voire de les exclure purement et simplement. Certains assureurs frileux vont plus loin : ils refusent toute garantie, y compris décès et PTIA, aux emprunteurs âgés à la santé fragile.

Bon à savoir La garantie perte d’emploi de l’assurance emprunteur est réservée aux actifs. Elle ne vous sera d’aucune utilité si vous empruntez à la retraite. Refusez-la si votre banque vous la propose.

Assurer un prêt senior à moindres frais

Faire jouer la concurrence est le meilleur moyen pour un senior de réduire le coût de l’assurance emprunteur. Depuis 2022, il est possible de souscrire une assurance individuelle à la place de l’assurance de groupe proposée par la banque prêteuse, et de changer d’assurance à tout moment en cours de prêt, sans délai ni pénalités. Seule condition, respecter le principe d’équivalence, c’est-à-dire trouver une assurance individuelle qui offre les garanties minimales exigées par la banque.

Rapport prix/garanties

La délégation d’assurance emprunteur peut permettre à un emprunteur âgé d’obtenir les mêmes garanties que celles proposées par sa banque pour un tarif bien plus compétitif. Ou, pour le même prix, d’obtenir une protection renforcée, sans limite d’âge ni exclusion de garantie. Plus flexibles que les contrats de groupe aux garanties standardisées et aux risques mutualisés, les contrats individuels commercialisés par les assureurs spécialisés proposent des garanties personnalisées en fonction du profil de chaque assuré.

Autre différence de taille, les assurances de groupe sont généralement calculées sur le capital emprunté et les primes restent identiques pendant toute la durée du prêt, alors que les assurances individuelles sont calculées sur le capital restant dû et les primes sont dégressives dans la durée. À la clé, une protection renforcée pour un prix raisonnable.

→ Pour aller plus loin : La SAS Que Choisir propose un comparateur gratuit d’assurances emprunteur et un service d’accompagnement au changement.

Quotités d’assurance

Si vous êtes en couple et empruntez à deux, vous pouvez souscrire l’assurance emprunteur à 100 % sur la tête du plus jeune ou du mieux portant d’entre vous. Vous la payerez certainement moins cher que si vous optez pour une quotité d’assurance partagée à 50/50.

Si l’emprunteur assuré disparaît, le prêt sera soldé intégralement par l’assureur et l’autre emprunteur ne devra plus rien. Et si c’est l’emprunteur non assuré qui disparaît, l’assureur n’interviendra pas et l’autre emprunteur devra continuer à rembourser ses échéances.

Bon à savoir Il est possible de proposer une alternative à l’assurance emprunteur à votre banque pour garantir votre prêt immobilier. Une hypothèque sur un bien immobilier dont vous êtes déjà propriétaire, une caution ou le nantissement d’un placement (assurance vie, compte-titres, etc.) par exemple.

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