par Morgan Bourven
par Morgan Bourven
La production de disques physiques pour les nouveaux jeux prévus sur les consoles PlayStation prendra fin en janvier 2028, vient d’annoncer Sony. Fin du marché de l’occasion, hausse de prix et risque de voir sa ludothèque disparaître : pour les joueurs, il s’agit d’une très mauvaise nouvelle à plus d’un titre.
La nouvelle a fait l’effet d’une bombe : à compter de janvier 2028, tous les nouveaux jeux destinés aux consoles PlayStation seront commercialisés exclusivement au format numérique « sur le PlayStation Store ou auprès de revendeurs au format numérique », a annoncé Sony le 1er juillet. Le constructeur justifie cette décision par l’adaptation aux « préférences des consommateurs », estimant que le téléchargement est désormais « la façon préférée de notre communauté d’accéder aux jeux ».
Les chiffres expliquent en effet cette décision. Selon son rapport d’entreprise publié en septembre dernier, les jeux physiques ne représentaient en 2025 que 3 % des revenus de la branche jeux vidéo du groupe. Mais en termes de copies vendues, le chiffre monte à 24 % – soit plus de 70 millions de disques qui pouvaient être revendus, prêtés, ou simplement conservés sans dépendre de l’existence d’une boutique en ligne.
Car les conséquences pour les consommateurs sont multiples. La plus évidente est la disparition du marché de l’occasion. Un titre acheté sur disque pouvait être revendu, échangé ou acheté à moindre coût quelques mois après sa sortie. Avec des jeux liés à un compte PlayStation, cette possibilité disparaît. Même constat pour le fait de prêter un jeu à un proche, l’un des actes les plus banals du monde du jeu vidéo depuis des décennies.
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Le passage au tout-dématérialisé pourrait aussi peser sur les prix. Aujourd’hui, les enseignes de la grande distribution se livrent une concurrence féroce lors des grosses sorties. Les nouveautés sont souvent vendues en dessous du prix conseillé afin d’attirer les clients en magasin. Une fois les jeux disponibles uniquement sur Internet, Sony gardera une maîtrise bien plus importante de sa politique tarifaire.
Avec le passage au tout-dématérialisé, c’est surtout la notion même de propriété qui évolue. Acheter un jeu sur disque, c’était posséder un objet. Tant que la console fonctionnait, le jeu restait utilisable. Avec le numérique, le consommateur acquiert essentiellement un droit d’accès qui dépend du maintien des serveurs et des choix commerciaux du constructeur.
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L’ironie est que Sony en a apporté la démonstration… le jour même.
Dans une seconde annonce publiée le 1er juillet, le groupe a confirmé la fermeture progressive, à partir du mois prochain, du PlayStation Store sur PS3 et PS Vita. Les nouveaux achats deviendront impossibles et seuls les contenus déjà acquis resteront téléchargeables « dans un avenir proche ». Une précision loin d’être anodine. Elle rappelle qu’une bibliothèque numérique peut disparaître du jour au lendemain.
Morgan Bourven
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