Smartphone équitable Clap de fin pour le Fairphone 1

Smartphone équitable

Clap de fin pour le Fairphone 1

Publié le : 30/07/2017 

Quatre ans après la commercialisation de son premier smartphone équitable et durable, Fairphone annonce qu’il n’est plus en mesure de fournir les pièces détachées compatibles et ne mettra plus à jour le logiciel Android. Cette annonce déçoit les clients de la première heure, défenseurs d’une certaine éthique dans la high-tech. Elle fragilise aussi la confiance dans la durée de vie du Fairphone 2, lancé en 2015.

 

« J’ai acheté un Fairphone parce qu’il était supposé durer et être facilement réparable, et aujourd’hui je dois le jeter et acheter un nouveau smartphone ? » Mirabelle Quemener, cliente de la première heure, exprime sa déception sur le blog du fabricant Fairphone. Comme de nombreux autres acheteurs du Fairphone 1, un smartphone qui s’est vendu à 60 000 exemplaires dans le monde depuis sa commercialisation en 2013. Le fabricant a en effet annoncé qu’il n’était plus en mesure de fournir les pièces détachées et que le logiciel interne resterait cantonné à Android 4.4, un version déjà ancienne. « Notre partenaire chinois Guohong gérait la majeure partie de la chaîne d’approvisionnement. Nous avons fini par rompre notre relation, et il est aujourd’hui clair que nous ne pouvons plus maintenir le Fairphone 1 sans mettre en péril l’avenir de notre entreprise », explique son fondateur Bas van Abel. La disponibilité de pièces détachées facilement remplaçables en cas de casse ou de panne constituait pourtant, précisément, l’un des principaux intérêts du smartphone. Fairphone vendait en effet les composants sous forme de modules (écran, module photo, batterie, etc.) très simples à installer. L’autre atout du Fairphone 1 tenait dans l’exploitation de matériaux les plus respectueux possible de l’environnement et des hommes.

 

Plus durable, le Fairphone 2 ?

Ces deux concepts, Fairphone les garantit aussi pour le Fairphone 2, lancé en 2015. Bien qu’un peu amélioré (avec un écran 5 pouces et une connectivité 4G) et vendu beaucoup plus cher (525 € contre 325 € pour le Fairphone 1), ce deuxième smartphone n’est pas plus une bête de course que son prédécesseur. Nos tests en laboratoire lui avaient attribué une note globale de 11,8/20 à cause, notamment, d’une autonomie et de photos décevantes. L’arrêt de la maintenance du Fairphone 1 jette le doute sur la longévité de ce nouveau modèle. « Nous avons tiré de précieuses leçons des difficultés d’approvisionnement pour le Fairphone 1. Nous allons améliorer la planification et nos estimations pour nous assurer que notre offre de pièces détachées du Fairphone 2 rencontre la demande », explique Bas van Abel. L’entreprise assure qu’elle sera aidée par la fabrication modulaire du Fairphone 2, qui permettra de faire évoluer les composants de chaque module dans le temps et de réduire la dépendance vis-à-vis des fournisseurs en s’approvisionnant auprès de plusieurs d’entre eux. Pas sûr que cela suffise à rassurer les clients…  

Camille Gruhier

cgruhier