Peugeot 2008 Premières impressions

Peugeot 2008

Premières impressions

Publié le : 14/05/2016 

Peugeot n’a pas pris trop de risques pour le nouveau 2008 et garde l’essentiel de ce qui a fait le succès de son SUV. Si l’équipement est revu à la hausse et si le constructeur propose de nouvelles mécaniques, il n’en a pas corrigé les défauts d’ergonomie originels.

 
Depuis la mise en ligne de cette prise en main, nous avons testé sur circuit le Peugeot 2008 1.6 e-HDi 92 ch FAP et le Peugeot 2008 1.6 VTi 120ch BVM5

Si le Peugeot 2008 et le Renault Captur dominent les ventes de SUV compacts en France, le second se vend plus que le premier. En effet, selon le CCFA (Comité des constructeurs français d’automobiles), le Captur s’est écoulé sur les 4 premiers mois de 2016 à 26 049 unités contre 22 589 pour le Peugeot 2008. Pour essayer de rattraper son adversaire, Peugeot propose une nouvelle mouture de son modèle phare et lui confère un look un peu plus baroudeur en intégrant des élargisseurs d’ailes, une nouvelle calandre et des sabots de protection à l’avant et à l’arrière. D’autres changements plus minimes interviennent également à l’intérieur, notamment avec l’apparition de nouveaux équipements, et sous le capot avec la création d’un nouvel ensemble moteur/boîte de vitesses.

 

Qualité de vie à bord

 

Très bien finies, certaines parties de la planche de bord sont un peu surchargées.

Outre l’apparition de la nouvelle finition GT Line avec ses spécificités (des coutures de sellerie et des liserés rouges parsemés dans l'habitacle), aucun changement n'est à signaler dans la réalisation de l’intérieur. Dommage que le constructeur n'ait pas corrigé le manque de visibilité des cadrans du combiné d'instruments cachés par le volant (un reproche que nous formulions déjà sur la citadine 208 et sur la compacte 308). Ainsi, les conducteurs de moins d’un mètre soixante-dix seront à la peine pour distinguer correctement les informations du combiné d’instruments. Même les multiples réglages du siège et du volant ne permettront pas de corriger ce défaut. C’est un peu la même chose pour la commande du régulateur de vitesse qu'il faudra manipuler à l'aveugle car elle est totalement dissimulée derrière le volant. Pas évident à prendre en main !

 

Le volant cache les compteurs et la commande du régulateur de vitesse.

Heureusement, les défauts d’ergonomie s’arrêtent là. L'habitacle est très bien réalisé et s'avère agréable à l'œil même si on regrette que certaines parties, aux extrémités de la planche de bord et au niveau de la console centrale, soient un peu surchargées. En effet, à ces endroits, se rejoignent jusqu'à 4 types de matériaux : des plastiques brillants, mats ou avec des motifs et des inserts en aluminium. Un agencement un peu chargé qui ne change pas par rapport à la version précédente. Pour découvrir les nouveautés, il faut donc mettre le contact. Le nouveau 2008 reçoit en effet désormais de nouveaux équipements comme la caméra de recul, l’Active City Brake (freinage automatique d'urgence en ville jusqu’à 30 km/h) ou encore le Park Assist (automatisation des manœuvres de stationnement). Des équipements que l'on ne retrouve généralement pas chez ses concurrents. Le 2008 devient aussi connecté grâce à l’introduction de la fonction Mirror Screen, compatible MirrorLink ou Apple Carplay, qui permet d’afficher sur l’écran tactile de la voiture le contenu de son smartphone. Le constructeur propose également des applications intéressantes comme Start MyPeugeot qui inclut la documentation de bord digitale de la voiture, iCoyote (application communautaire d’information routière et de zones d’alerte) ou Parkopedia, une application qui permet de trouver une place de parking. La gestion de toutes ces fonctions est assez intuitive et ne pose pas de souci particulier. De même, la programmation du GPS est simple et rapide. Nous avons d’ailleurs apprécié les indications précises et claires de ce dernier.

 

Parmi les nouveaux équipements, la caméra de recul.

 

Au volant

Pas de changement en termes de suspensions ou de châssis pour le nouveau 2008. La voiture reste très bien suspendue et possède toujours une très bonne maîtrise du roulis. En étant un peu tatillons, nous pouvons toutefois leur reprocher une trop grande fermeté sur les petites bosses qui auront tendance à secouer un peu les passagers. Pour le reste, elles se montrent efficaces en toutes circonstances, même sur des routes sinueuses de montagne.

Le 2008 se tient très bien et offre une excellente tenue de route. À noter qu’il peut recevoir, sur les moteurs de plus de 100 ch, le dispositif de motricité renforcée Grip Control (également de série sur la finition GT Line). Cette solution permet d'offrir un contrôle poussé de l'adhérence via l’antipatinage et permet de se dégager de situations délicates. Un petit test sur une portion hors piste dans le sable a mis en évidence l'efficacité du système. En mode normal, la voiture s'enlise et s’immobilise immédiatement si le conducteur n’adopte pas la bonne attitude : accélérer à fond ! Le mode « sable » permet alors d'avancer sans trop de difficultés. Le seul bémol est que le Grip Control impose l'utilisation de pneus dits « toute saison » (ici des GoodYear Vector 4Seasons). Or, si ces pneus se montrent déjà un peu plus bruyants sur route, lors de nos tests de pneumatiques, nous ne les avons jamais très bien notés. Pire, nous déconseillons même d’acheter certaines marques. Donc, à moins de devoir affronter fréquemment des éléments difficiles (sable, neige ou même des routes de montagne) mieux ne vaut pas opter pour ce système.

 

Le système Grip Control gère l'adhérence en fonction du mode sélectionné.

 

Essentiellement conduit avec le tout nouveau binôme moteur PureTech 1.2 110 ch et boîte de vitesses automatique à 6 rapports EAT6, le 2008 s'est montré très agréable. Assez volontaire, le moteur permet de s'insérer dans le trafic sans hésitation et de rouler sur autoroute sans souci. La portion de routes de montagne que nous avons empruntée n'a pas non plus posé de problème. Pour cette dernière, le groupe motopropulseur s'est toutefois montré plus efficace en mode sport. En effet, les rapports passent à un régime plus élevé, ce qui permet de mieux relancer la mécanique en sortie d'épingle. À l’inverse, en mode normal, nous avons trouvé que les passages de rapports sont parfois hésitants et qu’ils interviennent même tardivement, ce qui nuit au confort sur ce type de route où les changements de vitesses sont très fréquents.

 

Le moteur 1.2 PureTech 110 ch associé à la boîte automatique ETA6 est quasi idéal.

Nous avons aussi eu l’occasion de prendre le volant d’un 1.6 HDI 120, un bloc puissant qui transforme le 2008 et le rend beaucoup plus dynamique. Ce diesel, le plus puissant proposé, est en effet un régal à conduire grâce à son couple élevé disponible dès les plus bas régimes. En ville comme sur route, il n’a jamais pu être pris en défaut. Seul regret : son niveau sonore.

Côté consommation, nous avons relevé une moyenne de 7 l/100 km pour le 1.2 110 ch ETA6. Notons que si nous sommes loin des valeurs officielles d'homologation (4,8 l), Peugeot est le premier constructeur à donner, officieusement pour l’instant, des chiffres plus représentatifs de la réalité. En effet, suite à l'affaire des logiciels antipollution truqués de Volkswagen et à la création de la commission Royal, le constructeur s'est joint à deux ONG (Transport & Environment et France nature environnement), pour que ces dernières, elles-mêmes auditées par le bureau Veritas, réalisent leurs propres mesures de consommation en conditions réelles. Ainsi, elles ont relevé pour le 1.2 PureTech 110 ETA6 une moyenne de 7,1 l/100 km. Soit quasiment la même valeur que celle indiquée sur l’ordinateur de bord de notre modèle pris en main. Pour le diesel 1.6 BlueHDi 120 ch que nous avons également pris en main, nous avons relevé une moyenne de 6 l/100 km alors que les résultats des mesures des ONG s’affichent à seulement 5,2 l/100 km. Mais, dans les deux cas, nous sommes bien loin des 3,7 l annoncés !

 

Sécurité

Le nouveau Peugeot 2008 inaugure un équipement de sécurité important que l’on ne retrouve pas chez ses concurrents : le freinage d’urgence en ville. Actif jusqu’à 30 km, ce dispositif permet d’arrêter automatiquement le véhicule lorsqu’un obstacle est trop près de l’avant du véhicule et que le conducteur n’intervient pas. La nouvelle caméra de recul pallie, elle, le manque de visibilité vers l’arrière.

 

Le Peugeot 2008 en résumé

Si l’on fait abstraction de son aspect visuel un peu plus baroudeur, le nouveau Peugeot 2008 ne change pas sur la forme. L’équipement devient plus complet et une nouvelle finition haut de gamme fait son apparition. Enfin, c’est sous le capot que l’on trouve les dernières modifications avec l’apparition d’une nouvelle association du 1.2 PureTech 110 ch et la boîte automatique ETA6. Un duo agréable et performant qui devrait devenir une valeur sûre en termes de ventes. Côté tarifs, pas de mauvaise surprise, le constructeur n’annonce qu’une augmentation comprise entre 50 et 350 € par rapport à la génération précédente, soit de 16 050 à 25 800 €. Le nouveau 2008 reste tout de même assez bien placé en termes de tarifs car, en comparaison, il faudra compter de 19 400 à 27 400 € pour s’offrir un Opel Mokka.

 

Les +

 

Qualité de fabrication

Équipement

Agrément de conduite

Tenue de route

 

Les -

 

Disposition du volant

Intérieur surchargé

Visibilité moyenne