Renault Mégane

Premières impressions

Publié le : 06/12/2015 

Malgré une ligne très proche de la version précédente, la nouvelle Mégane dispose d’une mécanique et d’un châssis entièrement renouvelés. Cette quatrième génération de la compacte de Renault propose un bon niveau d’équipement, une qualité de fabrication élevée – malgré quelques fausses notes – et une excellente tenue de route. Mais son style surchargé handicape la visibilité.

 

Avec cette quatrième génération de Mégane, Renault joue la carte de la continuité dans le style extérieur. Un souhait esthétique pour proposer une voiture à l’allure dynamique et racée. Mais, à cause de la ceinture de caisse très haute, la visibilité générale s’en trouve limitée et les nombreux artifices comme les bandeaux à LED à l’avant et à l’arrière ainsi que le gros logo sur la calandre surchargent un peu le style.

 

Qualité de vie à bord

La finition intérieure de la nouvelle Mégane est d'un très bon niveau.

L'habitacle de la Mégane reprend tous les codes déjà rencontrés sur les récentes Talisman et Espace, avec comme fer de lance (à partir de la finition Intens) le grand écran de 8,7 pouces placé verticalement au centre de la planche de bord. On y retrouve toutes les fonctions disponibles, du réglage de la climatisation à la personnalisation de certaines fonctions (9 au total avec l'option Multi-sense) en passant par la navigation. Cette dernière, fournie par TomTom, nous a toutefois un peu déçus par son manque de pertinence. En effet, elle n'affiche pas toujours la sélection de voie ni même les panneaux de direction. Un manque de précision qui peut se révéler gênant. C’est d’autant plus étonnant que nous jugions la précédente version du système RLink (alors monté sur la Clio) le plus efficient dans notre test de GPS embarqués de décembre 2014. Enfin, la gestion des différentes fonctions via l'écran tactile peut s'avérer complexe et il faudra un certain temps pour se familiariser avec les différents menus.

L’immense écran tactile trône au centre de la planche de bord.

Renault a toutefois eu la présence d’esprit de placer trois raccourcis qui permettent d'accéder directement aux principaux menus : navigation et son, système de personnalisation Multi-sense et aides à la conduite. Les versions de base reçoivent, elles, en lieu et place de l’écran 8,7", soit une radio avec afficheur de 4,2" (finition Life) soit un écran tactile de 7" (finition Zen). Dans ce cas, la partie centrale de la planche de bord est plus traditionnelle et on y retrouve tous les boutons de gestion de la radio et du réglage de l’ensemble chauffage/climatisation. On perd alors un peu le côté high-tech rencontré sur les versions haut de gamme. Même regret pour l’affichage tête haute qui, contrairement à l’Audi A4, n’est pas intégré au pare-brise. L’écran translucide amovible utilisé dans la Mégane dispose quand même d’un affichage en couleurs très lisible et très pratique (option à 400 € sur Intens et GT).

Même leitmotiv concernant le combiné d’instruments, en partie numérique, qui est plus abouti à partir de la finition Zen grâce à l’adoption d’une matrice en couleurs très agréable et très lisible.

Côté finitions, la planche de bord est très bien réalisée et utilise des matériaux bien rembourrés et très agréables au toucher. Un détail dénote cependant : le cache central du volant en plastique dur est peu agréable à l'œil.

À cause de la hauteur du seuil de coffre, le chargement n'est pas des plus simples.
L’ambiance intérieure est très qualitative et procure une sensation agréable. La Mégane est alors un cran au-dessus de la Volkswagen Golf (qui a un peu plus de deux ans) dans ce domaine. Elle est aussi légèrement plus habitable que cette dernière ou qu’une Peugeot 308, surtout à l’arrière. Un gain par rapport à la précédente Mégane dû à l’augmentation de l’empattement. Par contre, la Mégane pèche par un coffre dont le chargement s'avère peu pratique. En effet, le large bouclier arrière et le fait que le plancher soit très bas obligent à porter les bagages à bout de bras.

 

Au volant

C'est vraiment une excellente surprise que de prendre le volant de la nouvelle Mégane. Car, bien qu'elle utilise la même plateforme que la Talisman et que l'Espace, elle s'avère beaucoup plus confortable que celles-ci. Certes, il doit être plus facile d'optimiser le châssis sur une voiture compacte, plus légère et moins haute, mais les suspensions ont sensiblement progressé. Le résultat est très réussi. Ainsi, même sur les très mauvais revêtements, comme une route pavée, les soubresauts ne sont quasiment pas ressentis à l'intérieur et les remontées de bruits sont également très faibles.

En version 130 ch, le moteur Diesel de la Mégane se révèle très agréable et silencieux.

Sur route, la Mégane se montre aussi très agréable en termes de confort et de tenue de route. Que ce soit sur autoroute ou sur des routes sinueuses, la voiture ne réserve aucune mauvaise surprise. Déjà conquis par la version standard, nous avons ensuite été réellement impressionnés par l'efficacité de la version GT disposant du système 4Control (système à quatre roues directrices). Grâce à des dizaines de mesures électroniques diverses par seconde, le système calcule l’angle optimal de braquage des roues arrière et offre un comportement dynamique inégalé dans le segment des voitures compactes. Ainsi à partir d'une certaine vitesse, les roues arrière se braquent dans le même sens que les roues avant et la voiture s'inscrit littéralement dans chaque virage. Il est alors possible de négocier les épingles à vitesse soutenue sans prise de risque. En ville, ce système permet, en braquant les roues arrière dans le sens inverse des roues avant, de disposer d'un rayon de braquage réduit : 11 m pour la GT contre 11,8 m pour les versions normales.

Conduite principalement avec le diesel de 130 ch, la Mégane s'est avérée très agréable et capable de répondre à toutes les demandes. Le moteur est très discret en toutes circonstances et même lorsqu'il monte en régime, il n'émet pas de sonorités désagréables. Le couple, disponible de façon presque constante dès 1 500 tr/min, permet de bonnes relances sans avoir à rétrograder trop souvent. Tant mieux car la commande de la boîte de vitesses est un peu trop ferme et parfois accrocheuse.

En ville, si la Mégane est maniable, on regrette toutefois une visibilité globale très moyenne. La visibilité de trois quarts arrière est même médiocre. La faute au parti pris du style et de la ceinture de caisse très haute et à des montants imposants. Attention aux manœuvres et aux intersections.

La visibilité, surtout de trois quarts arrière, est mauvaise.

 

Sécurité

La nouvelle Mégane peut recevoir bon nombre d’équipements de sécurité qui lui donnent l’avantage par rapport à d’autres concurrentes comme la Citroën C4, la Peugeot 308 ou même la Volkswagen Golf. Citons par exemple, le freinage actif d’urgence qui alerte le conducteur en cas de risque de collision et actionne les freins si besoin, l’alerte de distance de sécurité, la reconnaissance des panneaux de signalisation, la commutation automatique feux de route/feux de croisement, l’aide au stationnement (avec des capteurs à l’avant, à l’arrière et sur les côtés)… La Mégane reçoit aussi un système d'alerte de franchissement involontaire de ligne que nous avons toutefois trouvé peu pertinent car il intervient parfois trop tard. Par exemple, sur autoroute, nous l'avons pris en défaut en chevauchant volontairement la ligne blanche à droite : il ne s'est déclenché qu'après que nous ayons déjà entendu et ressenti la rugosité de cette ligne blanche. En outre son avertissement par des bruits graves dans les haut-parleurs n'est pas du meilleur effet. 

 

La Renault Mégane en résumé

La quatrième génération de Mégane monte d’un cran en matière de qualité de fabrication et propose des solutions technologiques importantes… à condition d’éviter la version de base Life. Cette dernière ne présente qu’un intérêt : un prix débutant à 18 200 €. En version Intens, la plus intéressante, il faudra débourser au minimum 25 400 € (Mégane TCe 130) pour bénéficier d’un niveau d’équipements avantageux. Elle est alors un peu plus chère qu’une Golf 1.4 TSI 125 Confortline proposée à 24 970 € mais plus abordable qu’une Peugeot 308 1.2 PureTech 130 Allure affichée à 25 590 €. Mais, elle est généralement mieux équipée et dispose d’une tenue de route largement à son avantage.

 

Les +

  • Tenue de route et confort

  • Qualité de fabrication

  • Système Multi-sense

  • Niveau d’équipement

 

Les -

  • Chargement du coffre

  • Visibilité générale

  • GPS perfectible

  • Bruits aérodynamiques