par Boris Cassel, Aissam Haddad, Morgan Bourven
par Boris Cassel, Aissam Haddad, Morgan Bourven
Basés sur le principe de l’évaporation, les rafraîchisseurs d’air permettent de gagner quelques degrés dans une pièce. Plus écologiques que les climatiseurs, ils ne manquent pas d’atouts en cas de vague de chaleur, mais il convient d’être conscient de leurs limites et de leurs spécificités pour ne pas risquer la déception après l’achat. Pour savoir si un rafraîchisseur correspond à vos besoins, suivez le guide !


Ce petit appareil à roulettes repose sur le principe du refroidissement par évaporation. Il est équipé d’un réservoir contenant plusieurs litres d’eau, dans lequel on peut placer des pains de glace pour maintenir le liquide à basse température. Une pompe fait circuler cette eau sur un filtre. L’air ambiant est ensuite soufflé à travers ce filtre humidifié, puis projeté dans la pièce. La sensation de fraîcheur est apportée par la ventilation de cet air rafraîchi et humide.
Les rafraîchisseurs d’air et les climatiseurs se ressemblent beaucoup, ils sont donc bien souvent confondus. Mais contrairement à ce qu’on lit sur les réseaux sociaux, les rafraîchisseurs d’air ne sont pas des « climatiseurs sans tuyaux », car ils ne possèdent pas de système réfrigérant (compresseur, tuyauterie dans laquelle circule un fluide frigorigène, etc.). Ces deux appareils n’assurent pas la même fonction.
Un climatiseur peut abaisser la température d’une pièce de plus de 10 °C en 20 minutes quand un rafraîchisseur d’air ne fera gagner que 2 ou 3 °C dans le même laps de temps.

Un rafraîchisseur d’air diffère aussi d’un humidificateur, ce dernier n’ayant pas pour objectif de rafraîchir une pièce, mais uniquement de réguler son taux d’humidité. Un humidificateur peut être d’une relative utilité en cas de fortes chaleurs, agissant comme un léger brumisateur, mais il ne permettra pas de rafraîchir une pièce en cas de canicule.
En réalité, le rafraîchisseur d’air se rapproche plus de la technologie du ventilateur (air brassé par des pales) à laquelle il ajoute un peu de brume d’eau.

Les rafraîchisseurs d’air sont en général moins chers que les climatiseurs, et plus écologiques : ils consomment moins d’électricité et fonctionnent sans fluide frigorigène. De plus, ils utilisent le processus d’évaporation pour rafraîchir l’espace, ce qui crée une sensation de fraîcheur naturelle plutôt que de froid artificiel. Ils existent en plusieurs formats, du plus petit (qui se pose sur un bureau ou une table de nuit) au plus grand (certains mesurent plus d’un mètre de haut !), destiné aux pièces très spacieuses. Cette polyvalence se retrouve dans les options (télécommande, purification de l’air, programmation…). Mais attention : contrairement au climatiseur, le rafraîchisseur d’air ne permet pas de régler la température de la pièce, et ses capacités de rafraîchissement se limitent à quelques degrés. Et ils fonctionnent mieux dans les zones sèches, car l’évaporation est plus efficace. Dans les climats humides, l’efficacité peut être réduite, car l’air est déjà saturé d’humidité.
Enfin, cette sensation de fraîcheur est éphémère. Pourquoi ? D’abord parce que le pouvoir de rafraîchissement s’estompe à mesure que la réserve d’eau présente dans l’appareil se réchauffe. Ensuite, et surtout, le rafraîchisseur d’air a l’inconvénient de faire grimper le taux d’humidité de la pièce. Il peut saturer une chambre de 15 m2 (taux d’humidité à 100 %) en 1 ou 2 heures. L’air y devient alors difficilement supportable.
Si ces appareils sont légers et faciles à déplacer à vide, ils deviennent difficiles à manipuler lorsque le plein d’eau est effectué. Si on les bouge un peu vite, l’eau déborde et tombe sur le sol.
Enfin, il faut garder en tête le fait que l’usage d’un rafraîchisseur s’anticipe : il faut penser à placer les pains de glace au congélateur – ou à fabriquer des glaçons que l’on glissera dans le réservoir d’eau – plusieurs heures avant de mettre la machine en route.
Le critère le plus important au moment de l’achat est la taille. Trop petit, l’appareil ne pourra tout simplement pas rafraîchir suffisamment la pièce ; trop grand, il saturera l’air d’humidité, ce qui réduira son efficacité (plus l’air est chargé d’humidité, moins le rafraîchisseur est efficace) ainsi que le confort. Par exemple, un appareil de 200 W est disproportionné pour une pièce de 15 m2 : il saturera l’air (et la rendra difficilement supportable) en une trentaine de minutes.
Vérifiez donc sur l’emballage la taille de la pièce pour laquelle l’appareil est dimensionné. Attention, du fait de sa technologie, un rafraîchisseur sera rarement efficace dans une pièce de plus de 20 m2.

Les autres critères à vérifier sont la taille du réservoir, qui aura un impact sur l’autonomie, ainsi que le bruit émis par l’appareil. En effet, certains modèles affichent un niveau sonore de 68 dbA, ce qui est plus élevé qu’une conversation entre deux personnes. Les rafraîchisseurs d’air sont des appareils aussi bruyants que les ventilateurs et les climatiseurs : n’espérez pas de miracle sur ce plan et dirigez-vous, en cas de sensibilité au bruit, vers un modèle équipé d’une option « nuit ».
Au moment de choisir, vérifiez aussi si l’appareil est facile à manipuler (poids, présence de roulettes, taille, etc.) et en particulier si le réservoir est facile à remplir. Il faut aussi tenir compte de son emplacement. Il est plus difficile de remplir, sans mettre de l’eau partout, un appareil dont le réservoir est situé à proximité du sol. Certains modèles offrent la possibilité de remplir le réservoir par le haut, ce qui est bien plus pratique.
Par ailleurs, les filtres ou tampons d’évaporation doivent aussi être facilement accessibles pour le nettoyage ou le remplacement.

Certains rafraîchisseurs d’air offrent différents modes de fonctionnement, tels que le mode « naturel » qui simule une brise, le mode « nuit » qui ajuste automatiquement la température et la vitesse pour un sommeil confortable, ou le mode « économie d’énergie » pour réduire la consommation électrique. Plusieurs appareils permettent de choisir entre différents modes de fonctionnement : rafraîchisseur, ventilateur seul ou humidificateur. Certains assurent aussi être capables de purifier l’air en retenant les particules les plus fines et, parfois, de supprimer les odeurs. Leur filtre élimine la plupart des polluants dans la maison, avec des différences : le filtre au charbon actif est efficace contre les mauvaises odeurs, tandis que le filtre électrostatique est recommandé contre les poussières, les pollens et les bactéries. Pour être efficaces, ces filtres doivent être nettoyés régulièrement.

Une télécommande et une fonction « minuterie » apportent un plus en matière de confort.

Du fait de sa technologie très simple (il ne comporte qu’une pompe, sans compresseurs ni éléments frigorigènes), un rafraîchisseur d’air a besoin d’une puissance assez basse, généralement inférieure à 100 W. Un appareil d’une telle puissance, utilisé 12 heures par jour, entraînera un surcoût de 6 € d’électricité pour 2 semaines d’utilisation. Cette moyenne haute représente un coût près de 10 fois inférieur à celui d’un climatiseur mobile !
Les marques spécialisées dans le froid (climatiseurs, ventilateurs…) intègrent généralement des rafraîchisseurs d’air à leur gamme. C’est le cas de De’Longhi, Dyson, Equation, Klarstein, Trotec… Comme pour les ventilateurs, il existe aussi une multitude de marques vendant des produits d’entrée de gamme à la qualité aléatoire. Pour éviter les déconvenues, achetez votre rafraîchisseur sur le site d’un distributeur reconnu ou, mieux, en magasin afin de prendre en main différents modèles.
Le prix de ces appareils varie fortement en fonction de plusieurs facteurs tels que la marque, la taille ou les fonctionnalités. En général, les rafraîchisseurs d’air sont moins coûteux que les climatiseurs traditionnels. Voici des fourchettes de prix approximatives.

Depuis quelques années, les cubes rafraîchisseurs ont envahi les écrans de télévision, notamment les émissions de téléshopping, et les publicités sur Internet. Il s’agit de petits appareils vendus une cinquantaine d’euros, qui se déclinent sous de nombreuses marques (Arctic Cube, Arctic Air, Air Cooler, CoolAir, etc.) et promettent monts et merveilles. Nous en avons pris en main, et le constat est sévère : ces appareils sont une camelote à éviter. Non seulement leur pouvoir de rafraîchissement est très bas, mais en plus, leur qualité est médiocre et les fuites très fréquentes.

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