par Audrey Vaugrente
par Audrey Vaugrente
Des températures élevées en journée, qui ne redescendent pas suffisamment la nuit : la France connaît une vague de chaleur particulièrement sévère. Celle-ci comporte des risques pour la santé, même lorsqu’on ne souffre pas de maladie chronique.
Depuis le 17 juin, l’Hexagone traverse une vague de chaleur d’une précocité et d’une intensité hors du commun. Selon Météo France, ce « plateau » caniculaire ne devrait prendre fin, au plus tôt, que le 26 juin. « Cette vague de chaleur sera tout à fait comparable en sévérité à celle d'août 2003, affirme le service météorologique. Elle devrait la dépasser en termes d’intensité maximum. »
De fait, la moitié des départements ont été placés en alerte rouge et les records de chaleur sont tombés les uns après les autres. Peu commune, cette canicule augmente les risques pour la santé, y compris des personnes ne souffrant d’aucune pathologie particulière.
Quand le mercure grimpe, l’organisme met en place plusieurs mécanismes d’adaptation, censés l’aider à réguler sa température interne (autour de 37 °C). Pour évacuer la chaleur, la transpiration augmente et la respiration s’accélère. Pour refroidir le sang, les vaisseaux sanguins à la surface de la peau augmentent en diamètre, c’est ce qu’on appelle la vasodilatation.
Ces mécanismes sont d’autant plus efficaces si nous sommes suffisamment hydratés – ce qui permet la production de sueur – et si l’air est brassé, par un ventilateur par exemple. Cela permet l’évaporation de la sueur, avec un rafraîchissement à la clé.
Très utiles, ces mécanismes ont aussi des effets indésirables. La dilatation des vaisseaux sanguins, par exemple, diminue la pression artérielle, ce qui sollicite davantage le cœur. Excessive, la transpiration entraîne une perte de sels minéraux, pouvant entraîner des crampes musculaires, par exemple.
Quand ces capacités sont dépassées, d’autres symptômes peuvent apparaître, y compris chez les personnes en bonne santé. Maux de tête, vertiges, malaises, mais aussi troubles du sommeil. Dans les cas les plus graves, il est possible de souffrir d’un épuisement par la chaleur ou d’un coup de chaleur, qui est une urgence vitale.
Par ailleurs, il est bien établi que les températures ont un impact sur la santé mentale : anxiété, irritabilité, et même suicides. Des effets encore compliqués par ceux des médicaments pour les patients prenant des psychotropes.
Santé publique France constate déjà une hausse des appels aux services d’urgence et évoque un pic « rarement, voire jamais, observé ». S’il est, pour l’heure, impossible d’estimer l’impact de cette vague de chaleur sur la mortalité, celle survenue en mai s’est montrée particulièrement fatale.
Pour les personnes les plus vulnérables en particulier, la chaleur peut représenter un danger vital :
De manière moins directe, l’augmentation des températures s’accompagne d’un nombre accru de noyades accidentelles. Le gouvernement a ainsi recensé 43 décès par noyade depuis le début de cette vague de chaleur. Les pics de pollution de l’air sont aussi plus fréquents, et peuvent entraîner une augmentation des maladies respiratoires ou cardiovasculaires.
Si la chaleur en journée est un risque majeur pour notre santé, celle qui survient la nuit ne doit pas être négligée. Pour que le sommeil soit réparateur, il est nécessaire de dormir dans une pièce de 20 à 25 °C maximum en été. Lors des nuits dites tropicales, les réveils se multiplient, le sommeil profond devient moins fréquent et la fatigue s’accumule. Cela fragilise l’organisme, favorisant l’apparition de complications, notamment cardiovasculaires. Si votre domicile n’est pas suffisamment rafraîchi la nuit, il est conseillé de se réfugier chez un proche dont le logement est plus frais, si possible.

Audrey Vaugrente
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