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Canicule précoceQuand le gouvernement retarde une campagne de prévention

Audrey Vaugrente

par Audrey Vaugrente

Alors qu’une vague de chaleur s’abattait sur la France, Santé publique France n’a pas déployé son dispositif de prévention habituel. Les services du Premier ministre sont responsables de ce retard, selon l’intersyndicale de l’agence.

Le 29 mai dernier, en pleine vague de forte chaleur, plusieurs villes ont vu le thermomètre dépasser les 35 °C. Au même moment, le site de Santé publique France affichait en première page sa communication sur les noyades. Pas un mot sur les risques liés à la chaleur ici, ni sur les réseaux sociaux.

Les supports étaient pourtant prêts depuis quelques semaines, en prévision de la saison estivale. « On n'a pas pu diffuser notre campagne dans les temps, alors que tout était prêt », déplore la responsable de l’intersyndicale de l’agence. En cause : les services du ministère de la Santé et du Premier ministre, qui ont retardé le déploiement des messages.

Santé publique France est au cœur du dispositif lié aux fortes chaleurs. En lien avec Météo France et d’autres acteurs, elle effectue un travail de fond sur la question : analyse des risques, surveillance, déploiement de campagnes de prévention… « Nous avons développé une stratégie cohérente basée sur un continuum surveillance, alerte, prévention, qui fait notre force. Le gouvernement menace ce travail », s’alarme l’intersyndicale.

Des retards lourds de conséquences

La décision, prise en début d’année, de transférer les missions de communication vers le ministère de la Santé explique ce blocage. Depuis, toutes les campagnes sont soumises à une double validation, avenue Duquesne et à Matignon. Et celle-ci traîne en longueur. « Cela fait plusieurs semaines que nous alertons sur la nécessité de respecter un certain délai. Or, les services du Premier ministre ont mis beaucoup de temps à valider nos propositions », dénonce la responsable de l’intersyndicale. Contactés par Que Choisir, les deux ministères n’ont pas réagi.

Pour France Assos Santé, ce retard n’est pas sans conséquences. « Retarder des messages de santé publique en pleine vague de chaleur n’est pas anodin, s’alarme le collectif d’associations dans un communiqué. Chaque jour perdu dans la diffusion des recommandations peut avoir des conséquences concrètes pour des millions de personnes. »

Des ressources pour faire face à la chaleur

Depuis l’historique canicule de 2003, plusieurs dispositifs ont été mis en place pour protéger des risques liés à la chaleur. Outre le système d’alerte de Météo France, qui travaille en lien avec Santé publique France, des sites recensent diverses mesures efficaces.

Parmi eux, Vivre avec la chaleur propose des conseils pour rafraîchir son logement, limiter les risques d’une pratique sportive ou des déplacements du quotidien. Ces gestes sont utiles même avant une alerte officielle : il ne faut pas attendre une canicule ou une vague de forte chaleur pour les mettre en place. Sur le site de l’Agence de la transition écologique (Ademe), Plus fraîche ma ville, quelques actions individuelles sont listées. Leur coût, leur efficacité et les aides disponibles y sont détaillés.

Audrey Vaugrente

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