Smartphone Un chargeur universel… en 2024

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Un chargeur universel… en 2024

Publié le : 25/09/2021 

L’Europe revient à la charge. Douze ans après avoir réuni l’industrie autour du principe de chargeur universel, la Commission sort l’arme législative pour passer à la vitesse supérieure. En 2024, tous les smartphones, appareils photo, tablettes, casques audio et enceintes sans fil devront intégrer le même port de charge (USB-C). Et il ne sera plus obligatoire de mettre un adaptateur secteur dans la boîte.

 

Nouvelle étape cruciale dans l’histoire du chargeur universel. Après des années de démarches volontaires et d’accords « non contraignants » avec les fabricants d’appareils électroniques (l’idée du chargeur universel remonte à 2009 !), la Commission européenne souhaite légiférer. Elle propose de réviser la directive RED (1) afin d’harmoniser le port de charge des appareils, d’imposer une norme unique de charge rapide, d’autoriser la vente d’appareils sans chargeur dans la boîte et de mieux informer les consommateurs. Cette proposition doit encore être approuvée par le Parlement et le Conseil européens, puis entrer en application après un délai de 24 mois (le délai accordé à l’industrie pour qu’elle s’adapte). Concrètement, le chargeur universel serait obligatoire en 2024.

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Les principales mesures proposées par la Commission européenne.

Simplifier la vie des consommateurs

Cette initiative vise d’abord à simplifier la vie des consommateurs en écartant les problèmes liés à l’incompatibilité des chargeurs avec leurs appareils. Trois formats de port de charge sont aujourd’hui exploités : l’USB-C ‒ présent sur 44 % des smartphones vendus en Europe en 2019 (2) ‒, le micro-USB (38 %) et le Lightning, exclusif à Apple (18 %). En imposant l’USB-C, plus efficace que les autres, l’Europe accélère le scénario naturel qui verrait disparaître le micro-USB en 2026. Elle contraint surtout Apple à rentrer dans le rang, même s’il y a fort à parier que le californien tentera de s’en sortir avec un simple adaptateur USB-C vers Lightning dans la boîte de ses iPhone. Une chose est sûre, retrouver le même connecteur sur tous les smartphones, mais aussi sur les tablettes, les appareils photo, les consoles de jeux portables, les enceintes sans fil et les casques audio est une avancée majeure pour le consommateur. D’autant que désormais, la plupart des adaptateurs secteur livrés avec ces appareils sont interopérables : ils adaptent la puissance délivrée à l’appareil en charge. Seule subsiste aujourd’hui une incompatibilité en ce qui concerne la charge rapide des smartphones. Il existe plusieurs protocoles. Les plus répandus sont Quick Charge (QC) et USB Power Delivery (USB PD), on rencontre encore Turbo Power, Adaptative Fast Charging ou encore SuperCharge sur des smartphones un peu anciens. En imposant l’USB Power Delivery, la Commission européenne règle le problème.

Une information plus claire

Pour éviter aux consommateurs un charabia technique sur le voltage, l’ampérage, la puissance et la vitesse des chargeurs, la Commission contraint aussi les fabricants à délivrer une information plus claire. La puissance nécessaire pour charger l’appareil et la compatibilité avec la charge rapide devront être mentionnées (reste à déterminer les modalités précises) ; les consommateurs pourront ainsi vérifier que les chargeurs dont ils disposent conviennent, ou bien en choisir un nouveau plus facilement. « Ceci contribuera à économiser 250 millions d’euros d’achats de chargeurs inutiles », selon la Commission.

Réduire les déchets électroniques

En autorisant les fabricants à ne plus livrer d’adaptateur secteur avec leurs appareils, l’exécutif européen vise enfin à limiter les déchets électroniques. « En moyenne, un consommateur possède trois chargeurs, mais n’en utilise que deux régulièrement.[…] Les chargeurs éliminés et inutilisés représentent environ 11 000 tonnes de déchets par an. Une solution de recharge commune devrait réduire ce chiffre d’un millier de tonnes », estime la Commission.

(1) 2014/53/EU (Radio Equipment Directive).
(2) Estimation Commission Européenne/IDC.

Camille Gruhier