Téléphonie mobile

Synthèse de l'étude des prix de la téléphonie mobile par la méthode des paniers

Publié le : 27/02/2008 

I. La méthode

- L'UFC- Que Choisir propose de mesurer la dépense réelle des consommateurs à partir de la méthode des paniers.

- La structure des paniers est définie à partir de 5 profils de consommateurs.

Profil 1

Profil 2

Profil 3

Profil 4

Profil 5

Voix (en mn/mois)

20

55

80

160

210

SMS (en unités/mois)

0

200

10

30

80

Type de consommateur

Réception d'appels

Réception d'appels + SMS

Petit consommateur intermédiaire

Consommateur moyen voix et SMS

Gros consommateur

- Les 5 profils sont entrés dans un modèle formé d'une base de données qui recense la majeure partie des offres proposées depuis mars 2003 par les trois opérateurs de réseaux et 5 MVNO (Carrefour, Debitel, NRJ Mobile, Ten Mobile et Virgin Mobile).

- Après avoir sélectionné les options souhaitées, le modèle donne pour chaque profil l'offre qui optimise sa consommation voix et SMS (lorsqu'il y a consommation de SMS).

II. Evolution du prix des paniers (voix + Sms)

II. 1. Evolution du prix des paniers hors option chez Orange

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II. 2. Evolution du prix des paniers hors option chez Bouygues Telecom

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II. 3. Evolution du prix des paniers hors option chez SFR

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II. 4. Evolution du prix des paniers hors option chez Carrefour

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II. 5. Evolution du prix des paniers hors option chez Debitel

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II. 6. Evolution du prix des paniers hors option chez NRJ Mobile

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II. 7. Evolution du prix des paniers hors option chez Ten Mobile

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II. 8. Evolution du prix des paniers hors option chez Virgin Mobile

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II. 9. Résultats

- Les forfaits se sont enrichis de minutes ou de SMS, mais leur prix a augmenté. Par conséquent, le prix à la minute n'évolue pas pour le consommateur.

- Pris de manière isolé, le prix de la voix, dans la majorité des cas, stagne (SFR) ou augmente (Bouygues Telecom, Orange) et dans peu de cas diminue entre 2003 et 2007.

- Si on observe d'importantes baisses chez certains MVNO, c'est parce que, faute d'une offre adaptée, ils étaient auparavant peu compétitifs.

- Si on compare les opérateurs par profil, les MVNO semblent plus compétitifs sur les petits profils (1 et 2), puis les différences s'estompent.

- Les MVNO ne semblent pas influer de manière significative sur les niveaux de prix notamment des trois opérateurs de réseau.

III. La difficile optimisation des offres

Dans le modèle :

- Pour optimiser son offre, le consommateur doit être parfaitement rationnel et informé.

- Les offres doivent être lisibles et comparables.

- Il doit pouvoir changer d'opérateur chaque fois que le marché évolue.

Dans la réalité :

- Le consommateur n'est ni rationnel ni parfaitement informé.

- Les offres sont nombreuses et complexes et peuvent être associées à de multiples options.

- 75% des consommateurs ayant choisi le forfait sont engagés dans des contrats majoritairement de 24 mois !

Le consommateur est dans l'incapacité d'optimiser son offre ! Ainsi, les augmentations de prix observées sont sans doute sous-évaluées.

- Les contraintes des offres : le consommateur a rarement la possibilité d'acheter de la voix au détail (les offres au compteur). Par conséquent, il existe souvent une différence entre le nombre de minutes achetées et le nombre de minutes consommées. Le consommateur paie rarement le prix affiché.

- L'exemple du forfait : prenons un consommateur téléphonant 2h40 par mois.

Bouygues Telecom

Orange

SFR

Prix du forfait 3 heurs (24 mois)

37 euros

40 euros

39 euros

Prix à la minute faciale

0.20 euros

0.22 euros

0.21 euros

Prix réel

0.23 euros

0.25 euros

0.24 euros

- La facture du consommateur peut également croître très fortement si ce dernier multiplie les appels hors forfait. Le prix facturé pour cette consommation peut aller jusqu'à 37cts/min (Orange).

- L'exemple du prépayé : chez Bouygues Télécom, un consommateur qui n'appelle que 20 minutes (profil 1) est contraint de prendre une carte de 30 minutes à 15 euros car celle de 20 minutes à 10 euros n'est valable que 15 jours.

- Le prix affiché est donc de 50 cts (15 euros/ 30 minutes) mais le prix réellement payé par ce dernier est de 0,75 cts (15 euros/20 minutes) ! Le consommateur subit un surcoût de 50% !

IV. Conclusion

Sur la période étudiée, nous pouvons dégager quatre faits stylisés :

- Il n'y a pas eu une vraie baisse généralisée des prix entre 2003 et 2007.

- L'intégration de services bonus (numéros préférés, SMS, etc.) aux forfaits de base, s'est faite en contrepartie d'une augmentation des prix, si bien que la facture du consommateur n'a pas réellement changé entre 2003 et 2007.

- L'évolution de la structure des offres complexifie l'optimisation de la consommation et accroît l'écart entre le prix facial et le prix payé.

- Les MVNO semblent avoir peu d'impact sur le marché. S'ils semblent plus compétitifs sur les petits profils, leur avantage disparait à mesure que la consommation augmente.

Pour l'UFC-Que Choisir, ce résultat n'est pas surprenant et cela pour plusieurs raisons :

- Le marché est toujours structuré autour d'un oligopole formé des trois opérateurs de réseaux dont les deux premiers disposent à eux seuls de près de 80% du marché.

- Les prix de gros pratiqués par les opérateurs de réseaux ne permettent pas aux MVNO de faire des offres suffisamment attractives.

- Le marché est structuré par le forfait. Le consommateur n'a pas d'autre choix que de s'adapter à l'offre. De plus, avec des durées d'engagement élevées (24 mois), il lui est impossible de bénéficier des nouvelles offres du marché.

- Enfin, le prix des terminaisons d'appels, qui correspond aux coûts d'interconnexion de deux réseaux distincts, est toujours anormalement élevé. Cela empêche la baisse des prix, le développement de vrais offres illimitées tous réseaux et favorise les offres clubs (l'obligation d'appeler des correspondants d'un même réseau) très contraignantes pour le consommateur.