par Yves Martin
par Yves Martin
En 2027, Denza, la marque haut de gamme du constructeur chinois BYD, proposera une mise à jour pour rendre sa berline Z9GT autonome. Efficace à Paris, le système pris en main en version encore non définitive s’est montré un tantinet trop prévenant.
Il y a presque 10 ans, nous nous installions à bord d’une voiture autonome, un prototype du groupe Valeo. En ce début octobre 2026, nous avons un peu la même appréhension avec la Denza Z9GT, la berline de luxe de la marque haut de gamme de BYD.
Car il s’agit, cette fois, de rouler dans Paris en pleine matinée, là où le trafic est encore dense. Et, qui plus est, en empruntant la place de l’Étoile, le rond-point le plus compliqué de France et peut-être même d’Europe. Et tout cela sans que le conducteur, un ingénieur de la marque, ne touche le volant.
En effet, pour des questions d’assurance, il ne nous a pas été possible de s’installer à la place du conducteur pour ce test d’un système encore en phase de mise au point.
Pourtant, le constructeur l’a confirmé : « Le logiciel a atteint un stade avancé de calibration et d'adaptation, préalable à la demande d'homologation de type, fondée sur le règlement ONU R171, nécessaire à sa commercialisation. Cette phase comprendra notamment le suivi du regard du conducteur et de la position de sa tête, ainsi que la surveillance de la position de ses mains sur le volant. »
Ici, le système de « navigation urbaine assistée », baptisé City Navigation on Driving Assistant (CNOA), permet de gérer un trajet du point de départ jusqu’à l’arrivée. De fait, une fois installé à bord, notre chauffeur du jour enclenche le système et lance la navigation : la voiture est en mode autonomie niveau 2+ (la conduite est autonome mais le conducteur doit être en mesure de reprendre le contrôle à tout moment).
Le clignotant s’active pour signifier que la voiture va quitter sa place de stationnement et… attend. Et pour cause, un véhicule s’approche, et bien qu’il soit encore assez éloigné, notre Z9GT ne prend pas l’initiative d’avancer ‒ alors que nous l’aurions fait si nous avions été au volant.
La voie dégagée, le volant tourne, la berline avance et s’arrête au feu rouge une centaine de mètres plus loin. Là, il nous faut emprunter les Champs-Élysées, ce qui ne semble pas être une mince affaire pour la voiture, qui fait tout pour éviter l’accrochage. Une conduite très sereine qui n’est pas vraiment du goût des autres automobilistes qui s’impatientent bruyamment, avertisseur sonore à l’appui, derrière nous.
Une fois sur la plus belle avenue du monde, la voiture doit s’adapter. En effet, les feux tricolores installés au centre n’ont pas été remis en place depuis la visite du Pape et l’absence de marquage au sol rend la lecture de la route compliquée. Mais tout se passe bien, la voiture gère et s’arrête à bon escient. Il lui faudra tout de même s’avancer après l’arrêt car un camion masque le signal lumineux.
Dès qu’il passe au vert, la Denza repart tranquillement, le rond-point tant redouté en ligne de mire. Elle s’y lance de manière fluide, sans freinage brusque ni coup de volant inopiné. Le positionnement est plutôt bon, même si la voie la plus à gauche aurait fait gagner en fluidité. Il faut désormais sortir après avoir laissé passer d’autres véhicules venant de droite, tout se passe bien trois quart de rond-point plus tard.
Mais un conducteur impatient s’insère sur notre droite au moment de prendre notre sortie et la Denza ralentit en faisant un écart à gauche. En élargissant son virage, la voiture se retrouve à mordre sur la voie d’en face (il n’y a toujours pas de marquage au sol) pendant deux secondes, ce qui suffira à surprendre l’automobiliste arrivant en face au loin, qui se manifeste par des appels de phare. Fort heureusement, tout rentre rapidement dans l’ordre sans aucun incident.
Là, le trafic s’éclaircit, et on roule tranquillement jusqu’à s’approcher d’un camion de livraison en stationnement en double file sur la chaussée. Une situation mal anticipée par notre voiture qui s’arrête derrière. Quelques secondes d’analyse de l’environnement plus tard, accompagnées de coups de klaxon des autres usagers impatients, le clignotant gauche s’active, la voiture braque et double le livreur indélicat.
Le reste du trajet sera effectué sans encombre et, arrivée à destination, la voiture réalisera son créneau toute seule en moins d’une minute. Efficace, mais un peu long si l’on en juge par les rappels sonores de ceux qui attendent derrière. Le constructeur est bien conscient que son système doit encore progresser pour être plus dynamique dans un environnement aussi complexe que celui de Paris.

Grâce à une combinaison d’équipements et de logiciels, le véhicule peut gérer automatiquement toutes les situations : s’arrêter aux feux rouges, céder le passage à l'entrée des ronds-points, respecter les limitations de vitesse, négocier les intersections, changer de voie, détecter les usagers vulnérables ‒ notamment les cyclistes et les piétons ‒ et leur céder le passage dans les rues étroites…
Pour ce faire, la Z9GT dispose de série de 27 systèmes de surveillance de son environnement : un capteur LiDAR, onze caméras (quatre caméras latérales, quatre caméras panoramiques à 360°, deux caméras avant et une caméra arrière), trois radars à ondes millimétriques et douze capteurs radar à ultrasons.
« Nous sommes ravis de tenir notre engagement en apportant à la Z9GT les avantages de God's Eye, notamment la navigation urbaine assistée. Cette technologie contribuera à rendre la conduite en ville moins stressante, des embouteillages aux intersections fréquentées et aux ronds-points. Les équipements nécessaires sont intégrés de série à la Z9GT depuis son lancement, et le logiciel devrait être disponible en 2027 », annonce le constructeur.

Le système de Denza est effectivement pertinent et permet de se décharger, en grande partie du moins, de la charge mentale de la conduite assez stressante en ville. Fluide et sans brutalité, il nous a permis de rouler sereinement. Mais il manque encore un peu d’anticipation pour être totalement en phase avec le comportement plutôt dynamique des automobilistes citadins.
Attention toutefois, le conducteur, sous surveillance (suivi de la position des mains sur le volant, de la tête et du regard du conducteur par une caméra), doit conserver les yeux sur la route pour être prêt à intervenir immédiatement en cas de nécessité. Dans le cas contraire, le système se désactive après plusieurs alertes. C’est donc une étape essentielle vers la conduite réellement autonome où le conducteur pourra réaliser une autre tâche que celle de conduire.
Source : Denza.
Yves Martin
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