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Denza Z9GTPremières impressions

Yves Martin

par Yves Martin

La nouvelle marque chinoise Denza, appartenant au groupe BYD, arrive en France avec une berline premium, la Z9GT, disposant d’un niveau de technologie impressionnant. Confortable et performante, elle est aussi très chère. Ce qui rend ses quelques imperfections agaçantes, même si son prix est généralement inférieur à celui de ses concurrentes.

L’essentiel

  • La Denza Z9GT EV offre une puissance totale inédite de 1 156 ch (850 kW). De quoi offrir de belles performances, mais aussi une autonomie appréciable de 600 km, selon le cycle d’homologation.
  • 3 : c’est le nombre de moteurs électriques dont dispose la Denza Z9GT EV. Un entraîne les roues avant et deux entraînent chacune des roues arrière, qui sont par ailleurs directrices.
  • 9 min 28 : c’est le temps de charge pour passer de 10 à 97 % de capacité de batterie (d’environ 122 kW) grâce au système Flash Charging et à ses bornes qui seront implantées en France.
  • Proposée à 115 000 €, quasiment sans option, la DZ9GT EV ne pourra prétendre au bonus à l’achat car elle est fabriquée hors de l’Union européenne. À ce niveau de prix, on trouve l’Audi S6 Avant e-tron quattro (à partir de 106 750 €) ou la BMW i7 eDrive50 à partir de 134 700 €.

La marque automobile du constructeur BYD, Denza, arrive en Europe par la grande porte. Fondée en 2010 dans le cadre d’un partenariat entre BYD et Daimler (qui s’est retiré en 2021), avec un premier modèle commercialisé uniquement en Chine en 2014, elle devient le fer de lance du groupe et proposera des voitures premium sur le Vieux Continent.

Son histoire débute en France avec la berline de luxe Z9GT, prise en main ici en version électrique, et le D9, un van luxueux capable de transporter très confortablement 7 personnes. Suivront trois autres modèles d’ici la fin de l’année. Espérons qu’ils seront plus abordables !

Qualité de vie à bord

La finition intérieure correspond bien au niveau haut de gamme de la berline.

Indéniablement, l’habitacle de la Denza Z9GT est très qualitatif. La finition est de très bonne facture, même si nous avons remarqué de rares ajustements perfectibles, et les matériaux sont tous très agréables. Un détail toutefois : les inserts sur la partie supérieure des portes, en bois véritable, donnent l’impression d’être… en plastique !

Les écrans numériques règnent en maître et on en découvre au moins trois (deux en plus avec l’option des rétroviseurs numériques) : le combiné d’instruments de 13,2", tout comme l’écran passager, et l’écran central de 17,3". Un affichage tête haute avec réalité augmentée vient compléter ce panel numérique.

L’ergonomie globale est assez bonne, et comme l’architecture repose sur le système Google, on retrouve la configuration et les différentes applications de son smartphone. Pour les réglages du quotidien, tout est accessible via des icônes ou des raccourcis facilement repérables. L’absence de touches physiques impose de tourner la tête pour toucher l’icône en question, mais vu la taille de l’écran et son placement, cela n’est pas trop dérangeant ni risqué. Les commandes au volant sont bien placées et également rapidement identifiables. Même les moins technophiles s’en sortiront après seulement un petit temps d’adaptation.

Le poste de conduite est facile à prendre en main.

Notre modèle était doté d’une des rares options disponibles : les rétroviseurs par caméra. Autant le dire tout de suite : cela ne nous a pas convaincus du tout, surtout pour les extérieurs. En effet, les écrans sont placés un peu bas et ne se trouvent pas dans le champ de vision du conducteur, qui devra baisser les yeux pour voir si la voie est libre. C’est assez pénible, surtout pour celui de gauche.

Concernant l’intérieur, nous avons trouvé que l’image restituée n’est pas vraiment fidèle à la réalité, notamment en ce qui concerne les distances qui sont alors difficiles à appréhender. Mais quand on bascule en mode traditionnel, la petitesse de la lunette arrière et le volume important des trois appuie-tête réduisent à peau de chagrin la visibilité. Mieux vaut donc ici utiliser la version numérique, aussi déplaisante soit-elle.

La place à l'arrière est généreuse.

Le confort est d’un très bon niveau grâce à des sièges avant qui disposent de réglages électriques sur huit positions, ainsi que de fonctions de massage en dix points, de ventilation et de chauffage. Ils intègrent également des supports latéraux actifs fonctionnant conjointement aux suspensions, ce qui permet d’adapter le maintien latéral en virage.

À l’arrière, les sièges bénéficient, eux aussi, de fonctions de chauffage, de ventilation et de massage, ainsi que d’extensions « repose-jambes ». Les passagers pourront voyager très confortablement sur de longues distances.

Le volume de coffre est, quant à lui, intéressant avec 495 litres (1 680 l lorsque la banquette est rabattue) et un rangement sous le capot de 53 l.

Le coffre est volumineux et pratique.

Au volant

La commercialisation de la Denza Z9GT commence par la version 100 % électrique à quatre roues motrices (et directrices), mais il sera proposé ultérieurement une déclinaison à propulsion ainsi qu’une version à motorisation hybride rechargeable « DM-i », empruntée aux autres modèles du groupe, comme la BYD Sealion 5.

Nous avons donc pris en main la Denza Z9GT EV, qui affiche une puissance cumulée importante de 1 156 ch pour un couple tout aussi impressionnant de 1 210 Nm. La voiture reçoit trois moteurs : un de 313 ch (230 kW) à l’avant et deux à l’arrière, un pour chaque roue, développant 422 ch (310 kW) chacun. Ils sont alimentés par une batterie LFP (lithium-fer-phosphate) de deuxième génération disposant d’un peu plus de 122 kWh de capacité.

Mais la Z9GT ne serait pas aussi novatrice sans le Flash Charger (lire l’encadré), qui permet de regonfler la batterie en moins de 10 min. À noter qu’une recharge a été réalisée par un collègue journaliste sur une borne rapide classique délivrant 350 kW. Avec elle, il aura fallu 14 min pour passer de 10 à 80 % de niveau de charge avec une courbe de charge relativement plate (cela signifie que la puissance maxi a été délivrée quasiment tout le temps). Ce qui est la meilleure valeur du marché.

Si ces chiffres sont assez impressionnants, la consommation l’est tout autant. En effet, avec presque 3 tonnes sur la balance (2 875 kg), il faut de l’énergie pour déplacer un tel engin. Dès lors, l’appétit s’approche de celui d’un SUV et il n’est pas rare de dépasser les 20 kWh aux 100 km. Ainsi, nous sommes partis avec 63 % de niveau de charge pour un parcours de 200 km sur des routes de campagne avec un peu d'autoroute et nous sommes arrivés avec 22 % et 80 km d’autonomie affichée par l’ordinateur de bord. Tout cela donne une autonomie réelle qui se situe aux alentours des 500 km.

L’autonomie est un des points forts de la Z9GT.

La Z9GT est dotée du système Vehicle Motion Control (VMC) qui agit comme un centre de pilotage, coordonnant le freinage, les suspensions et la direction. Cela permet à la voiture de réagir à des situations critiques comme l’éclatement d’un pneumatique. Le système identifie l’incident et ajuste instantanément le couple sur les roues non affectées ainsi que la répartition dynamique de la puissance. La stabilité du véhicule s’en trouve renforcée, tandis que les systèmes d’assistance interviennent pour maintenir la trajectoire et limiter les mouvements de lacet : la voiture peut continuer à rouler, et ce jusqu’à 180 km/h !

Le système VMC gère également la rotation des roues arrière qui peuvent s’orienter indépendamment de l’essieu avant et l’une de l’autre. Par exemple, elles peuvent s’orienter dans le même sens que celles à l’avant pour améliorer la stabilité (jusqu’à 8,5°) ou dans le sens opposé aux roues avant afin de réduire le rayon de braquage (avec un angle pouvant atteindre 5°). La voiture peut même pivoter sur elle-même (ou plutôt riper sur elle-même, au grand dam des pneus qui souffrent un peu). Cela peut sembler gadget, mais la fonction pourrait s’avérer utile dans les parkings souterrains étriqués ou pour s’insérer dans une place exigüe.

La voiture peut pivoter sur elle-même : pratique, mais contraignant pour les pneus.

Grâce aux quatre roues directrices, la maniabilité de la berline n’est pas un problème. Malgré ses 5,19 m de long, elle dispose d’un rayon de braquage de seulement 5,35 m, soit l'équivalent d'une voiture compacte. La Z9GT est donc très agile en ville et, avec un peu d’habitude tout de même, elle pourra se faufiler presque partout.

Sur route, la voiture s’est avérée très silencieuse avec des bruits de roulement très bien maîtrisés et peu audibles. Grâce à ses suspensions pneumatiques de série, le confort est d’un très bon niveau. Mais on regrette un manque de ressenti de la route. Sur des routes en mauvais état, c’est comme si elles n’arrivaient pas à suivre et que le poids, encore lui, les mettait un peu à la peine. Dès lors, les mouvements de caisse pourraient surprendre le conducteur. Petit plus : ces suspensions permettent un réglage de la garde au sol. Utile pour passer un obstacle ou lorsqu’on évolue sur un chemin caillouteux.

Un bémol concernant la commande de frein : la pédale n’offre pas un bon ressenti. Il est alors difficile de doser efficacement le freinage et il faudra s’habituer à cette pédale un peu spongieuse. Heureusement, les freins, conçus en carbone/céramique, des matériaux très résistants, offrent un bon mordant et arrivent bien à arrêter la voiture. Enfin, nous n’avons pas été convaincus par le régulateur de vitesse automatique dont les réactions sont parfois disproportionnées et les coups de frein injustifiés. Tout cela le rend assez désagréable à utiliser.​​​​

Les avantages et inconvénients de la Denza Z9GT EV

Les +

  • Niveau technologique
  • Habitabilité
  • Finition
  • Maniabilité
  • Agrément de conduite
  • Performances

Les -

  • Voiture très lourde
  • Prix
  • Pédale de frein
  • Suspensions parfois surprenantes

La technologie Flash Charging

Le Flash Charger est impressionnant de rapidité.

Il s’agit d’un système de charge novateur qui utilise, lui aussi, des batteries (les mêmes que la Denza Z9GT) et qui est en permanence branché sur le secteur pour permettre leur recharge. Ainsi, comme Tesla en son temps avec ses Superchargeurs, BYD veut créer son propre réseau et proposer 3 000 stations Flash Charging en Europe, dont plusieurs centaines en France d’ici fin 2026. Dans un premier temps, elles seront situées chez les concessionnaires des marques BYD et Denza, puis installées sur les lieux de recharge existants en partenariat avec des opérateurs de charge comme Ionity ou Total.

Dans le détail, le Flash Charger se compose de batteries tampon et permet, selon le courant de recharge dont il dispose, de réaliser jusqu’à 60 charges par jour. Par exemple, avec une installation de batteries tampon proposant au total 400 kWh, si on les alimente avec du 100 kW, on peut faire 20 sessions par jour en pleine puissance ; 40 sessions avec du 200 kW et environ 60 sessions par jour en 300 kW. Et si le Flash Charger est branché sur du courant proposant 400 kW, le nombre de charges sera alors illimité toute la journée ! Cerise sur le gâteau, le constructeur annonce seulement 3 minutes de charge supplémentaires par temps très froid (-30 °C).

Lors de notre test, la batterie disposait d’une capacité de 10 % et a atteint les 70 % en seulement 5 min 25. Les 80 % arriveront en 6 min 37 et les 90 % en 8 min 04 ! Enfin, les 97 % (niveau maximum possible avec un Flash Charger) sont atteints en seulement 9 min 28. Cela pour une autonomie annoncée par l’ordinateur de bord de 585 km.

Si on ne connaît pas encore le prix de la recharge (ni celui du kWh), Denza proposera aux acheteurs 18 mois de gratuité à partir de la fin de l'année (le temps que l’implantation de Flash Charger se fasse).

Yves Martin

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