Prix du carburant

Le cours du pétrole est il bien répercuté dans le prix à la pompe ?

Publié le : 11/02/2009 

En soi, la réponse est oui. Sauf accident exceptionnel, les variations du cours du baril brut de pétrole, qu'elles soient à la hausse ou la baisse, se répercutent dans le prix des carburants et du fioul domestique avec un délai généralement proche de dix ou quinze jours.

Cependant, le prix du carburant ou du fioul ne s'ajuste pas toujours au niveau où il devrait être si on tenait compte des strictes variations du prix du baril. Relativement aux années antérieure à 2008, le prix du diesel est ainsi à un niveau trop élevé au regard du prix du baril.

D'où provient ce prix trop élevé pour les consommateurs ? Pas d'une mauvaise répercussion du prix du baril, mais d'une prise de marge sur d'autres segments de l'activité pétrolière.

En fait, le prix du carburant ou du fioul est l'exacte addition des postes suivants :

- le prix du baril - la marge de raffinage qui rémunère l'activité des raffineries

- la marge de distribution qui rémunère la station service

- la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) qui est fixée au litre

- la taxe sur la valeur ajoutée qui est un pourcentage du prix

Les taxes ne sont que très occasionnellement modifiées et ne l'ont pas été ces dernières années

Par contre, les marges de raffinage et de distribution connaissent des fluctuations et parfois des hausses qui gonflent le prix du carburant pour le consommateur.

Ces dernières années, le prix du diesel est ainsi trop élevé relativement à celui du baril de pétrole car la marge de raffinage sur le diesel a connu une véritable flambée. Elle oscille désormais entre 10 et 17 centimes pour un litre de diesel, contre 6 centimes au litre dans les années 2005-2007 et à peine deux centimes au litre au cours des années précédentes.

En France, les marges de distribution sont plus basses que la moyenne européenne car la grande distribution fait concurrence aux stations de services des groupes pétroliers. Ces marges, habituellement situées aux alentours de 7-8 centimes, connaissent tout de même des coups de fièvre durant quelques semaines et se porte parfois à 10 ou 11 centimes. Ces hausses de la marge de distribution sont tout de même moins marquées et surtout plus ponctuelles que celles de la marge de raffinage.

Pour conclure, au moins pour le diesel, ce qui apparaît comme une mauvaise répercussion du cours du baril sur le prix à la pompe cache en en fait une prise de marge indue sur le raffinage.

Cette prise de marge résulte d'un comportement scandaleux des groupes pétroliers qui ont rationné leur capacité de raffinage pour faire monter la marge : lien vers le communiqué de presse de mi octobre sur le raffinage.