Téléphonie mobile

Etude de l'évolution des dépenses des consommateurs en téléphonie mobile

Publié le : 27/02/2008 
SOMMAIRE

1. Rappel du contexte et des objectifs de l'étude

2. La base tarifaire

3. Modèle de facturation

4. Evolution de l'offre des opérateurs

5. Analyse de l'évolution du prix des paniers (Voix + SMS)

6. Analyse de l'évolution du prix de la voix

7. Impact des principales options

8. La difficile optimisation des offres

9. Positionnement des MVNO sur le marché

10. Conclusion

1.Rappel du contexte et des objectifs de l'étude

L'étude de l'UFC-Que Choisir « analyse critique de l'étude de l'AFOM(1) sur la téléphonie mobile en France » a mis en évidence qu'il est difficile d'évaluer l'évolution des prix des appels mobiles. Cette démarche n'a pas laissé insensible l'AFOM(1) qui a décidé dans la foulée de mettre en place un workshop sur le calcul des prix dans le secteur de la téléphonie mobile.

Calculer le prix réel payé par le consommateur est très complexe et cela pour plusieurs raisons. Tout d'abord, l'évolution des prix peut varier significativement selon le profil du consommateur. Ensuite, toutes les minutes consommées n'ont pas la même valeur, par exemple, l'utilité d'une minute de communication est très différente selon qu'elle est contrainte ou non (appel vers trois numéros du même réseau, appels soirs et week end, etc...). Enfin, le prix évolue très fortement selon que l'on raisonne en termes de minutes consommées ou de minutes facturées. En effet, compte tenu de la taille des paliers des forfaits, il peut être plus rentable de prendre un forfait sur dimensionné que de s'autoriser un dépassement de forfait. Dans ce cas, le consommateur paie des minutes qu'il ne consomme pas. Ces minutes doivent alors être considérées comme un surcoût à additionner aux minutes réellement consommées. Ce cas de figure montre la limite du forfait, très difficile à optimiser. Le consommateur paie rarement le prix affiché car il arrive rarement à optimiser parfaitement son forfait.

Pour éclaircir le débat, l'UFC-Que Choisir propose d'étudier l'évolution tarifaire à partir de paniers de consommation. Cette démarche a les faveurs d'un grand nombre d'experts. Par exemple, l'ARCEP a mis en oeuvre des indicateurs d'évolution des prix sous la forme de paniers. Les études de suivis des prix par l'OCDE et TELIGEN et reprises par la Commission Européenne sont également basées sur des suivis de trois paniers représentatifs (petits, moyens et gros consommateurs). Des indices de prix des services mobiles ont été mis en oeuvre par des instituts de statistiques dans différents pays européens, mais ces indices ne sont pas systématiquement communiqués en tant que tels. Ils sont intégrés dans des indices globaux de services de télécommunications. C'est le cas en particulier de l'INSEE, qui, après des travaux innovateurs dans le domaine, a réintégré son approche dans l'indice des prix des services de télécommunications.

Toutes ces approches sont intéressantes mais limitées. Elles sont rarement exhaustives, elles retiennent un petit nombre d'offres et ciblent généralement le trafic voix. Or, la réalisation d'un indice des prix des services mobiles, doit tenir compte de certaines spécificités du marché :

- Le changement rapide des offres, ce qui rend difficile un suivi dans le temps.

- Des structures tarifaires très variables.

- La structure de l'offre : packagées, sous forme de forfaits ou de cartes prépayés.

- L'existence de conditions particulières de tarification selon la durée des communications, le dépassement de forfait, la non-consommation de la totalité du forfait, la facturation à la seconde.

- L'opportunité de bénéficier de conditions particulières selon que l'appel est émis lors d'heures pleines ou creuses, le week end ou vers un interlocuteur du même réseau.

- La structure des offres SMS, à l'unité ou packagées.

Pour contourner ces difficultés, l'UFC-Que Choisir a décidé de prendre en compte dans son étude l'ensemble des offres mises sur le marché par les trois opérateurs de réseaux et cinq MVNO depuis 2003. La prise en compte de profils représentatifs de groupes de consommateurs constitue une alternative crédible et performante à la définition de profils standards. Cette approche présente plusieurs avantages : elle projette l'image des consommateurs réels et non une construction purement virtuelle, elle permet de synthétiser la consommation sans multiplier les profils, elle offre l'opportunité d'intégrer au fur et à mesure de leur émergence les nouveaux usages.

L'UFC-Que Choisir souhaite déterminer l'évolution des prix au cours des dernières années pour étudier l'impact de l'arrivée successive sur le marché grand public d'offres émanant de MVNO et aussi suivre l'évolution des prix chez un même opérateur.

Une première étape dans l'approche d'un indice des prix des services mobiles est la réalisation d'une base de données tarifaires et d'une modélisation de la facturation en fonction des paniers de consommation.

Dans la suite de ce rapport, on présente l'analyse de l'évolution des prix des services mobiles pour le grand public à travers 5 profils rendant compte de la diversité des comportements observés.

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2. La base tarifaire

2.1. Sources utilisées

Afin de réaliser la base tarifaire, plusieurs types de ressources ont été mobilisées :

a. Sites Web des opérateurs : permettent de disposer des fiches tarifaires détaillées, mais limitées aux offres actuellement en vigueur. Le maintien de base nécessite une consultation régulière de ces sites : récupération des offres en cours de validité au dernier jour de chaque mois.

b. Une recherche en centre de documentation : le journal des télécoms présentait mensuellement en partenariat avec Comparatel les tarifs pratiqués par les opérateurs mobiles. Cette publication s'est arrêtée au cours de l'année 2004.

c. Les sites Web dédiés à la téléphonie mobile présentent ponctuellement quelques offres en particulier lors de l'annonce de nouveaux tarifs par les opérateurs.

Principaux sites Webs utilisés :

- www.consotel.com

- www.comparatel.com

- www.conseil-mobile.com

- www.lesmobiles.com

- www.zdnet.fr

Cette recherche des tarifs sur la période 2003-2007 s'est heurtée à plusieurs problèmes :

- Disponibilité des données : les données recueillies couvrent imparfaitement la période étudiée. Pour SFR, Orange et Bouygues Télécom des trous conséquents peuvent être observés à des périodes différentes. Cependant, la quantité de données collectées et leur répartition dans le temps est suffisante pour dégager un trend sur la période considérée.

- Exhaustivité des données : les informations recueillies ne présentent pas de façon exhaustive les différentes offres proposées par les opérateurs. Elles se limitent le plus souvent à quelques offres. Cependant, il s'agit généralement des offres les plus représentatives, le manque d'informations étant le plus souvent relatif aux options.

- Cohérence des différentes sources : pour une même période, des différences ont été constatées entre les différentes sources consultées. Par exemple, les données fournies par Comparatel peuvent différer des informations présentées dans les grilles tarifaires des opérateurs. Les grilles tarifaires des opérateurs, lorsqu'elles étaient disponibles, ont été privilégiées, puis les sources présentant le plus grand nombre de données ont été retenues.

2.2. Présentation générale

La base tarifaire est constituée à partir des offres des 3 opérateurs Orange, SFR et Bouygues Telecom et de 5 MVNO grand public (Carrefour Mobile, Ten, Debitel, NRJ Mobile et Virgin Mobile). La base tarifaire réalisée à partir de 2003 intègre les offres prépayées et postpayées dans chaque type d'offre voix et SMS, ainsi que les options qui peuvent leur être associées.

La base se limite cependant aux forfaits ou cartes prépayées n'excédant pas 4 heures et aux cartes dont la durée de validité est d'au moins 1 mois. Ce choix ne pénalise pas notre étude dans la mesure où, selon l'ARCEP, la consommation moyenne serait de 160 minutes, soit 2 heure 40.

Par ailleurs, un certain nombre d'offres ont été exclues de cette base. Il s'agit des offres dont le nombre de souscripteurs est limité et des offres limitées à certaines catégories (familles nombreuses, demandeurs d'emploi, étudiants...).

Chaque offre de base peut être combinée avec plusieurs options :

- Heures week end.

- Heures soir.

- Numéros préférés.

- Packs SMS.

- Report des minutes non utilisées pour les forfaits.

- Réserve de temps pour les cartes prépayées.

- Durée de l'engagement.

- Ajustement automatique du forfait.

- Tarification à la seconde.

- Appels illimités.

La multiplicité des combinaisons possibles génère un nombre important d'offres différentes dans la base.

Nombre d'offres différentes obtenues pour Orange

- Forfaits classiques : 288 offres

- Forfaits intenses : 192 offres

- Sans engagement : 24 offres

- Mobicarte : 48 offres

552 offres au total

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3. Modèle de facturation

3.1. Présentation générale

Le modèle réalisé permet de calculer des paniers de consommations à la demande en fonction naturellement de la base tarifaire existante.

Les choix exprimés émanent d'un consommateur parfaitement informé et rationnel. Ce qui signifie qu'il connait en permanence l'ensemble des offres ainsi que leurs caractéristiques détaillées et qu'il est en permanence capable de déterminer l'offre qui est la plus profitable pour lui. Le modèle ne prend pas en compte la durée d'engagement des offres ni l'ensemble des coûts de sortie que devrait supporter les consommateurs pour changer d'offre. Pour chaque profil, on détermine l'offre et les options les plus avantageuses pour chaque opérateur.

Le modèle optimise la consommation en tenant compte de la consommation réelle, il gère les effets de seuil, les minutes hors forfait, la variation les SMS tarifés à l'unité et en forfait et l'ensemble des paramètres qui devront être activés dans le cadre de la mise en oeuvre du modèle de consommation.

Cependant, le modèle ne peut représenter les consommations spécifiques qu'engendrent ce que l'on nomme généralement « les offres d'abondances ». Par exemple la possibilité d'appeler trois correspondants définis va, dans un premier temps au moins, créer une nouvelle consommation vers ces derniers. Cette consommation, moins valorisée parce que contrainte est assez difficile à appréhender et ne peut être comptabilisée de la même manière. Cependant, il ne s'agit pas d'une réelle limite de notre étude dans la mesure où elle vise à déterminer l'évolution des prix d'une consommation « dé-contextualisée » de toutes offres promotionnelles, celle que le consommateur avait et gardera indépendamment de l'évolution de sa structure de consommation consécutive à l'évolution des offres.

3.2. Le traitement des différentes options

Dans le cadre de la construction du modèle de tarification, les différentes options proposées par les opérateurs ont nécessité des traitements particuliers pour leur intégration dans le calcul de la dépense par profil.

Report des minutes non utilisées :

Dans le cadre d'une consommation identique tous les mois, cette option n'a pas d'impact sur la facture de l'utilisateur. En effet, l'utilisateur qui n'utilise pas son forfait intégralement va reporter un solde de mois en mois sans jamais avoir la possibilité de l'utiliser. Au bout d'un certain temps, les minutes non consommées vont être définitivement perdues.

Cette option n'est donc pas intégrée dans le modèle de facturation. Dans le cadre de la réalisation d'un indice prenant en compte des profils, sa prise en compte pourrait être pertinente si des profils d'utilisateurs avec de fortes variations de consommation d'un mois sur l'autre sont mis en évidence.

Réserve de temps sur les cartes prépayées :

L'utilisation de ces réserves de quelques euros revient à décaler dans le temps le paiement (effectué au moment du rachat d'une nouvelle carte). Elles n'ont donc pas d'impact sur la dépense mensuelle de l'utilisateur. Ce type d'option n'est donc pas pris en compte dans le modèle de facturation. Par ailleurs, elle n'apparaît pas non plus pertinente dans la réalisation d'un indice.

Durée d'engagement :

Plus la durée de l'engagement est longue, plus le tarif est avantageux. Pour un profil donné, l'offre la plus avantageuse sera donc nécessairement celle pour laquelle la durée d'engagement est plus longue. Il aurait donc pu paraître pertinent de ne conserver que les offres avec les durées d'engagement les plus longues, mais la comparaison de l'évolution des tarifs dans le temps nécessite de travailler à durée d'engagement constante (offres comparables).

La prise en compte des différentes durées d'engagement apparaît pertinente dans une approche indice de prix.

Packs SMS :

Chacune des offres est couplée avec les différents packs SMS proposés. Une offre sans pack SMS est également incluse.

Forfaits / cartes mixtes voix et SMS :

Certaines formules proposées par les opérateurs combinent de la voix et des SMS. Le crédit de l'utilisateur est décompté selon un barème préétabli pour la voix et les SMS.

En cas de dépassement, le surcoût que doit supporter le client varie selon la nature du dépassement, voix ou SMS. Il est donc nécessaire de calculer la part de la voix et des SMS dans ce dépassement.

En pratique, on calcule la dépense en valeur en équivalent forfait. On regarde le pourcentage que représente le forfait sur le total en équivalent forfait. Par différence, on en déduit le nombre de minutes et de SMS hors forfait (même proportion pour les 2). En appliquant les tarifs hors forfait, on trouve le coût du dépassement. S'il y a un pack SMS, on consomme en priorité le pack SMS.

Ce type d'offre, comparable dans le principe de décompte du crédit, à une carte prépayée, est inclus dans les offres de base. Cela ne constitue pas une option.

Ajustement du forfait :

Pour chaque profil et chaque type d'offre, on compare les coûts supportés sans ajustement et avec. La valeur minimale est retenue comme cela est pratiqué par les opérateurs.

Heures week-end / heures soir :

La prise en compte de ce type d'options dans le modèle de facturation implique de connaître la répartition des appels dans le temps de chaque profil. Dans l'absolu, afin de tenir compte des variations entre opérateurs, il conviendrait de remplir un tableau comme celui qui est présenté ci-dessous pour chaque profil testé.

Lundi

Mardi

Mercredi

Jeudi

Vendredi

Samedi

Dimanche

0h-1h

1h-2h

2h-3h

3h-4h

...

23h-0h

Total

100%

Appels illimités :

Les offres « illimitées » proposées par les opérateurs ont des limites :

- Tous les numéros fixes et les mobiles de l'opérateur.

- Soir

- Week end.

- Numéros préférés.

La prise en compte de cette option nécessite de connaître le poids des destinations pour lesquelles le crédit est illimité et de celles qui sont décomptées du forfait.

Numéros préférés :

Le nombre de numéros préférés peut varier d'un opérateur à l'autre ou être limité à certaines périodes de la journée ou à certains types de numéro. Là encore, une connaissance précise de la composition des appels de chaque profil est nécessaire.

Tarification à la seconde :

Cette option ne concerne que le début de la période considérée. La facturation à la seconde est aujourd'hui la seule pratiquée. La prise en compte d'une tarification à la minute nécessite de connaître le profil de consommation et plus particulièrement la répartition des appels en fonction de leur durée. Cette répartition peut être estimée en construisant une gaussienne de moyenne 2 minutes d'écart-type 1 minute.

'Tarification' off net / on net:

Il ne s'agit pas d'une option, mais d'un principe de facturation utilisé par certains opérateurs : le prix de la minute ou du SMS varie en fonction de la destination. le prix étant bien évidemment plus faible lorsque le client contacte un abonné du même réseau. Ce mode de tarification implique la connaissance du ratio trafic off net / on net. Le trafic on net correspond aux appels entre abonnés d'un même réseau (orange - orange). Les appels off net, a contrario, désignent les appels entre des abonnés de deux réseaux différents.

Programmes Fidélité :

La plupart des enseignes de la grande distribution proposent des cartes de fidélité donnant droit, soit à des bons d'achat, soit à des points convertissables en cadeaux, soit à des euros directement utilisables lors du prochain achat.

Depuis septembre 2007, les forfaits de Carrefour Mobile donnent lieu à un crédit sur le compte Fidélité. Le montant crédité sur le compte est défalqué du coût mensuel des services mobiles lorsque cette option est choisie.

Les options redondantes :

Certaines options tarifaires peuvent s'avérer redondantes. Cela peut être par exemple le cas pour les options « Soir et Week-end » et « Numéros ». Dans le cas d'un appel effectué le soir à destination de l'un des numéros préférés, se pose le problème du décompte. A quelle option est-il rattaché ? Quel forfait est décompté ? Et s'il est épuisé, est-ce reporté sur l'autre s'il ne l'est pas ?

Les services clients sollicités à ce sujet n'ont pas été en mesure de nous apporter une réponse. Pour la construction de l'outil, nous avons optimisé le décompte, mais il est peu probable que cela corresponde à la réalité des opérateurs.

3.3. Les profils testés

Afin de juger de l'évolution des tarifs des services mobiles, l'UFC-Que Choisir a retenu 5 profils pouvant rendre compte de la diversité des profils de consommation rencontrés dans la réalité.

Ces 5 profils sont présentés dans le tableau ci-dessous.

Profil 1

Profil 2

Profil 3

Profil 4

Profil 5

Voix (en mn/mois)

20

55

80

160

210

SMS (en unités/mois)

0

200

10

30

80

Type de consommateur

Réception d'appels

Réception d'appels + SMS

Petit consommateur intermédiaire

Consommateur moyen voix et SMS

Gros consommateur

Les consommations en nombre de minutes et en nombre de SMS sont volontairement décalées par rapport aux forfaits existants pour prendre en compte, dans l'évolution du montant des paniers, l'impact de l'évolution du prix des consommations hors forfait.

Le profil 4 correspond au consommateur moyen selon les données de l'ARCEP.

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4. Evolution de l'offre des opérateurs

La difficulté de suivre le montant des paniers mobiles sur une période de quelques années (2003 à 2007) réside dans le fait que les offres changent souvent et ne sont pas toujours comparables.

Par ailleurs, ce travail nécessite d'avoir l'exhaustivité de l'offre pour s'assurer d'obtenir le panier minimum.

Les paragraphes suivants présentent les grandes évolutions de l'offre tarifaire des opérateurs étudiées sur la période 2003 - 2007.

4. 1. Orange

L'offre d'Orange a connu de fortes évolutions sur la période considérée. Elles ont un impact très contrasté. On peut néanmoins dégager de parmi elles, des changements qui ont eu un impact significatif sur le montant des paniers :

- Avril 2003 : augmentation du prix du compte mobile 1h (pas d'autre durée disponible) qui passe de 18 euros à 20 euros.

- Mai 2003 : augmentation du prix des forfaits suite au passage à la facturation à la seconde dès la première seconde. Auparavant il s'agissait d'une option facturée 3 euros. Ainsi le forfait 2 h passe de 29,50 euros à 36 euros, le forfait 3 h de 37 euros à 43,50 euros et le forfait 4 h de 44,50 euros à 51 euros.

- Janvier 2004 : nouveau forfait temps libre qui couple voix et SMS.

- Avril 2004 : compte mobile à 18 euros

- Juin 2005 : baisse du prix du SMS hors forfait à 13 cts euro au lieu de 15 cts euro et à 10 cts euro en heures creuses. Orange lance également le forfait Zap.

- Mars 2006 : forfait initial sans engagement de 16 minutes.

- Janvier 2007 : augmentation du prix des forfaits Classique et Intense de 1h et 2h de 1 euros.

4. 2. SFR

L'offre de SFR a également connu d'importantes évolutions au cours de la période considérée. Les plus significatives sont :

- Avril 2003 : 50 % de temps offert le week-end ou en semaine

- Novembre 2003 : augmentation du prix moyen du SMS lié à la disparition de la distinction off net / on net - Nouvelle carte qui correspond à 33 minutes de communications

- Janvier 2005 : augmentation du prix du forfait Perso 1 h qui passe de 21 à 23 euros.

- Avril 2006 : nouveaux forfaits Essentiel avec baisse du tarif sauf pour le forfait 1 h » qui reste à 23 euros. Le forfait de 2h passe de 36 à 32 euros, de 3h de 44 à 39 euros et de 4h de 53 à 47 euros).

- Septembre 2006 : SFR le compte propose des durées de 1 h 30 et 2 h 30 particulièrement adaptées aux profils 3 et 4.

4. 3. Bouygues Telecom

Les évolutions les plus significatives de l'offre de Bouygues Télécom sont :

- Novembre 2003 : réduction de la durée de validité des cartes, augmentation du crédit disponible pour les cartes Flash.

- Février 2004 : validité des cartes réduite à 1 mois, forfait Intégral avec 15 SMS offerts.

- Mai 2004 : augmentation du prix du forfait Intégral 2h qui passe de 30 à 32 euros et du forfait Intégral 4h de 42 à 44 euros.

- Juin 2004 : baisse du prix du SMS hors forfait qui passe de 15 à 12 cts euro.

- Février 2006 : nouveaux forfaits 3 h.

- Janvier 2007 : forfaits avec des appels illimités (offre neo).

4. 4. Carrefour Mobile

Carrefour a lancé son offre de téléphonie mobile en novembre 2006. Jusqu'en septembre 2007, Carrefour Mobile n'a proposé que des offres prépayées. Les clients avaient le choix entre 4 cartes de 8 à 32 euros offrant de 21 à 82 minutes de communication. La durée de validité de ces cartes variait entre 1 et 4 mois. Quelle que soit la carte, les minutes étaient décomptées à la seconde dès la première minute. Le tarif proposé est de 0,39 euro/min et les SMS à 0,10 euro/SMS.

Depuis septembre 2007, Carrefour Mobile propose, en plus de son offre prépayée inchangée, des forfaits de 1, 2 ou 3 heures qui incluent des appels illimités vers respectivement 1, 2 ou 3 numéros (client Carrefour Mobile ou poste fixe). L'opérateur propose également des packs de 30, 60 ou 120 SMS. Les clients abonnés au programme Fidélité Carrefour ont chaque mois 5% du montant de leur forfait crédité sur leur compte.

4. 5. Ten Mobile

A ces débuts en juin 2006, Ten Mobile propose 3 forfaits (1 h, 2 h et 4 h) sans option plus un forfait 6 h non pris en compte. L'engagement est de 24 mois et les communications facturées à la seconde dès la première seconde.

A partir de juillet 2006, Ten propose un forfait de 30 minutes avec le prix du téléphone variable selon la durée de l'engagement (sans engagement, 12 mois ou 24 mois). Le prix des communications est plus élevé que dans les autres forfaits (36 cts/min au lieu de 32).

En novembre 2006, un forfait mixte voix / SMS vient étoffer l'offre de Ten. Les offres sont déclinées en 3 catégories (LovePower, UrbanPower et ProPower), les tarifs sont identiques mais les options et les téléphones proposés différents. Les options liées à la voix et aux SMS sont identiques dans les 3 catégories d'offres. L'opérateur propose également des packs SMS.

En janvier 2007, Ten baisse le prix de ces forfaits. La catégorie NetPower est dédiée aux utilisateurs de l'Internet mobile et inclus Mail et Messenger en illimité. Une formule inclut également 20 SMS. Ces formules ne contiennent pas de voix.

En avril 2007, Ten simplifie son offre en supprimant les catégories LovePower et les forfaits mixtes voix / SMS.

En septembre 2007, Ten simplifie encore son offre, il ne reste plus qu'une seule catégorie d'offres. Un nouveau forfait de 0 h et 20 SMS est disponible. La minute hors forfait est facturée 32 cts quel que soit le forfait initial.

4.6. Debitel

En juillet 2004, l'offre Debitel se compose de 2 catégories de formules :

- Forfaits classiques 2h, 3h ou 4h avec ou sans mobile

- Formule « au compteur » avec ou sans mobile

- Février 2005, la gamme de forfaits s'étoffe avec un forfait de 30 minutes et un de 1 heure.

- A partir de mai 2005, Debitel propose à ses clients des packs SMS

- En octobre 2005, l'offre de Debitel s'enrichit de formules mixtes voix / SMS

- En avril 2006, Debitel propose une série de formules incluant le téléphone. Le montant du forfait dépend du terminal choisi. L'offre de packs SMS évolue.

- A partir d'août 2006, Debitel propose des solutions prépayées (7 recharges différentes).

- En août 2007, Debitel propose de nouvelles offres « Ma Puce jeunes », forfait sans engagement de durée, comportant autant de minutes que de SMS. Cette offre cible a priori les « jeunes ».

- En septembre 2007, les offres prépayées évoluent : nouvelle recharge de 50 SMS, 6 recharges classiques et 5 recharges bonus. La durée de validité des cartes bonus est réduite par rapport au classique, mais la tarification est plus avantageuse.

Juillet 2004

Février 2005

Mai 2005

Octobre 2005

Avril 2006

Août 2006

Août 2007

Septembre 2007

Forfaits classiques et au compteur

Nouveaux forfaits 30 minutes et 1 h

Forfaits SMS

Offres mixtes voix / SMS

Offres avec téléphone inclus - Nouveaux packs SMS

Offres prépayées

Nouvelles offres voix / SMS

Evolution de l'offre prépayée

Depuis juillet 2004, l'offre de Debitel s'est régulièrement enrichie de nouvelles formules.

4.7. NRJ Mobile

Au lancement de son offre en novembre 2005, NRJ Mobile propose 3 recharges de durée illimitée avec le même coût à la minute et par SMS. Il en résulte que, pour un profil donné, toutes les cartes donnent le même résultat en termes de montant du panier.

En mai 2006, NRJ Mobile lance la formule double Power avec prix de la minute et du SMS plus avantageux, mais avec une durée d'engagement.

A partir d'octobre 2006, la durée de validité des cartes est limitée. Le tarif voix devient le même off net et on net. La distinction ne concerne plus que les SMS.

En avril 2007, NRJ Mobile propose ses premiers forfaits, ainsi que des packs SMS.

En juin 2007, NRJ Mobile propose des forfaits illimités.

4. 8. Virgin Mobile

En avril 2006, l'offre de Virgin Mobile se compose de forfaits mixtes (voix et SMS) et de cartes prépayées.

En avril 2007, Virgin Mobile propose de nouveaux forfaits incluant SMS ou appels illimités au choix du souscripteur.

A partir de juin 2007, seuls les SMS sont illimités dans les forfaits. Le client n'a plus le choix entre les SMS ou les appels illimités.

Depuis août 2007, le montant de la carte peut être ajusté.

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5. Analyse de l'évolution du prix des paniers (Voix + SMS)

5.1. Evolution générale

La difficulté de suivre les tarifs des opérateurs mobiles sur une période de quelques années (2003 à 2007) réside dans le fait que les offres changent souvent et ne sont pas toujours comparables.

Afin de déterminer un indicateur fiable et représentatif de l'évolution générale des prix sur la période considérée, nous avons testé les différents profils précédemment définis en ne prenant en compte que les offres simples (cartes ou forfaits) sans aucune option.

Malgré cela, la continuité de l'offre est relative, car au cours de la période considérée, certaines options sont passées dans le forfait de base. Par exemple, les opérateurs peuvent offrir des SMS, inclure des appels illimités... L'ajout de ces « bonus » est lié à une évolution de la tarification qui peut prendre la forme, soit d'une augmentation du prix du forfait, soit de la diminution du nombre de minutes.

Cela a naturellement un impact différent sur le montant du panier des profils selon que ces « bonus » sont adaptés ou non à la consommation. Par exemple, l'ajout de SMS dans le cas du profil 1 n'a aucun intérêt. En revanche, cela permet de couvrir tout ou partie de la consommation des profils 3 et 4.

Afin d'assurer une continuité dans les courbes présentées dans la suite du document, en absence d'indication contraire, les offres ont été considérées comme faisant toujours partie du catalogue des opérateurs. En revanche, l'outil de calcul ne prend en compte que les offres réellement identifiées. Par conséquent, ce dernier peut laisser apparaitre des courbes légèrement différentes, mais ne remet pas en cause leur forme générale.

5.2. Evolution du prix des paniers chez Orange

L'évolution du prix des paniers pour les clients d'Orange est fortement impactée par l'évolution de la structure de l'offre de l'opérateur, plus que par l'évolution des prix (augmentation du prix des forfaits avec l'ajout de certaines prestations et la diminution du prix des SMS).

La baisse du prix du panier pour le profil 1, après une augmentation du compte mobile, est liée à l'apparition successive d'offres toujours mieux adaptées à ce profil : Compte Mobile en avril 2004 à 18 euros, Initial sans engagement 16 minutes en mars 2006. Il existe également l'offre ZAP particulièrement bien adaptée à certains profils. Cependant, bien que présente dans notre base, dans la mesure où elle s'adresse spécifiquement aux adolescents, nous n'en avons pas tenu compte dans le graphique qui suit. Le profil 2 bénéficie également de l'évolution de l'offre d'Orange, sa facture baisse de 18,33% en 4 ans.

Pour les profils 3, 4 et 5, l'évolution de l'offre apparaît moins favorable, puisque leur coût a augmenté respectivement de 22,5%, 21% et 7,7% sur l'ensemble de la période. Cette augmentation s'explique en début de période par le passage à la tarification à la seconde, qui affecte en réalité l'ensemble des profils. En cours de période on peut observer une baisse significative liée à l'arrivée du forfait temps libre (incluant voix et SMS), la suppression de ce dernier explique la remontée des tarifs en fin de période. Globalement, bien que l'offre Orange se soit étoffée, qu'un nombre croissant de services ait intégré les forfaits de base (SMS, appels illimités, etc...), l'augmentation simultanée de leur prix ne permet pas de faire baisser la facture de ces consommateurs types.

5.3. Evolution du prix des paniers chez Bouygues Telecom

Pour Bouygues Télécom, l'évolution des coûts est très contrastée. En effet, bien que le profil 2 bénéficie d'une baisse des prix conséquente (43,8%) entre 2003 et 2007, la tendance est plutôt celle d'une augmentation des prix. Le profil 2 bénéficie de la baisse du coût des SMS et de l'apparition de la carte Flash (validité divisée par 2, mais crédit multiplié par 2), particulièrement bien adaptée à ce profil de consommation.

L'augmentation importante des coûts pour le profil 1 est liée à la réduction de la durée de validité des cartes. Le profil 3 subit l'augmentation régulière du prix du forfait de base avec l'adjonction plus ou moins avantageuse, mais incluse dans le prix du forfait, de certaines options. Au final, ce consommateur a vu sa facture augmenter de 22 %.

Pour les profils 4 et 5, l'évolution est peu importante et est plus équilibrée entre l'augmentation du prix des forfaits et la diminution du prix des SMS. Cependant, si le profil 4 sort gagnant de ce processus, ce n'est pas le cas pour le 5.

5. 4 Evolution du prix des paniers chez SFR

Dans le cas des clients de SFR, on constate une certaine stabilité entre 2003 et septembre 2007. Néanmoins, les tarifs sont marqués par un certain nombre de ruptures liées à différentes évolutions tarifaires :

- En avril 2003 : les 50% de temps offerts le week-end ou en semaine, ont conduit à une baisse des tarifs pour les profils 2, 5 et 4. Ce dernier réagit plus vivement à cette évolution. - Novembre 2003 : l'augmentation du prix moyen du SMS lié à la disparition de la distinction off net/on net impacte négativement les profils intégrant un grand nombre de SMS (2 et 5). Est également proposée une nouvelle carte de 33 minutes de communications, favorable au profil 1.

- Janvier 2005 : SFR augmente le prix de base de ses offres, ce qui provoque une importante hausse du montant de la majeure partie des paniers, par exemple le panier 1 augmente de 53%, le 2 de 20,4% et le 3 de 8,9%.

- Avril 2006 : nouveaux forfaits essentiels avec une baisse du tarif pour le forfait de 1h et baisse du prix de la minute hors forfait

- Septembre 2006 : SFR le compte propose des durées de 1 h 30 et 2 h 30 particulièrement adaptées aux profils 3 et 4, dont la facture diminue respectivement de 31,1% et 33%.

Cependant, bien que la fin de la période soit marquée par une baisse conséquente des prix, elle ne fait que compenser les différentes hausses qui ont émaillé le début de période. Par conséquent, hormis pour le profil 1, on observe sur la période une relative stabilité des prix !

5. 5. Evolution du prix des paniers chez Carrefour

Carrefour a lancé son offre mobile en novembre 2006. Au départ axée sur le prépayé, son offre était peu favorable aux gros consommateurs. Depuis septembre 2007 l'opérateur propose des forfaits avec 1, 2 ou 3 numéros illimités selon la durée du forfait initial. Cet élargissement de sa gamme de produits est très favorable aux gros consommateurs, par exemple le profil 5 voit sa facture chuter de 44, 4% et le profil 4 de 46,5%. Par contre, les profils ayant une consommation plus modérée (1, 2) n'observent pas ou très peu de changement.

5. 6. Evolution du prix des paniers chez Debitel

Hormis le profil 3, l'ensemble des profils considérés bénéficie avec Debitel d'une baisse de leur facture. Ce mouvement commence en février 2005 avec l'apparition de 2 nouveaux forfaits (30 minutes et 1 h) qui favorisent les petits consommateurs (profils 1 et 2) et la baisse du prix des forfaits avec augmentation de la minute hors forfait (profils 3, 4 et 5).

En août 2006, l'apparition d'une offre prépayée permet aux petits consommateurs (profils 1 et 2) de bénéficier d'une nouvelle baisse de leur facture. Cependant, cette dynamique est stoppée en septembre 2007 avec la réduction de la durée de validité des cartes prépayées. En effet, les petits consommateurs qui doivent utiliser des cartes avec moins de crédit et des coûts à la minute moins intéressants (le prix de la minute étant plus faible lorsque le crédit sur la carte est plus important), voient leurs dépenses augmenter.

5. 7. Evolution du prix des paniers chez NRJ Mobile

Avec NRJ Mobile, le montant du panier baisse pour 4 profils sur 5. En fait, seul le profil 1 subit une augmentation sur la période considérée. Cette inflation est consécutive à l'instauration d'une durée de validité pour les cartes prépayées.

La baisse observée, particulièrement importante pour les gros consommateurs (elle est par exemple de 45,5% pour le profil 5), est essentiellement liée à l'apparition en mai 2006 de la formule Double Power.

En avril 2007, les gros consommateurs de voix (les profils 4 et 5), connaissent à nouveau une nouvelle baisse de leur facture grâce au développement d'une offre prépayée.

5. 8. Evolution du prix des paniers chez Ten Mobile

Dans le cas de Ten Mobile, le montant du panier a baissé pour tous les profils entre juin 2006 et septembre 2007. Cette baisse est liée aux baisses successives du prix des forfaits.

Le profil 1 a bénéficié en novembre 2006 d'une importante baisse du montant de son panier en raison de l'apparition d'un forfait 30 minutes particulièrement bien adapté. Sa facture passe de 19 à 15 euros, soit une baisse de 21%. Cependant, à cause de la suppression de ce forfait le montant du panier remonte à 16,30 euros en septembre 2007.

Pour les autres profils, après une baisse plus ou moins conséquente, la période se finit sur une relative stabilité. On peut néanmoins observer que le montant du panier du profil 2 augmente au cours de la période. Ce mouvement correspond à la disparition des forfaits mixtes (voix/SMS) particulièrement bien adaptés à ce profil de consommation.

5. 9. Evolution du prix des paniers chez Virgin Mobile

Depuis son lancement en avril 2006, l'offre de Virgin Mobile a connu deux évolutions majeures qui ont eu des répercussions différentes sur le montant des paniers des différents profils étudiés.

L'apparition des nouveaux forfaits en avril 2007 n'a pas de répercussion sur le panier du profil 1 pour lequel l'offre prépayée reste la plus avantageuse. Pour les profils 2 et 5, cela s'est traduit par une baisse du prix du panier de respectivement de 22, 3% et de 5,5% alors que pour les profils 3 et 4, on constate une augmentation d'environ 13%. Cela tient au fait que ces derniers profils ne sont pas en adéquation avec la nouvelle tarification et consomment un nombre important de minutes hors forfait dont le coût a sensiblement augmenté.

La disparition de la possibilité d'opter pour des appels illimités au lieu des SMS n'a pas d'impact sur le montant du panier des différents profils :

- Pour le profil 1, la carte reste la meilleure solution,

- Pour les autres profils, le choix des SMS illimités était l'offre la plus avantageuse.

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6. Analyse de l'évolution du prix de la voix

L'analyse des paniers mobiles hors option nous a permis d'apprécier l'évolution de la facture des consommateurs. A présent, nous allons nous concentrer plus précisément sur l'évolution du prix de la voix qui reste le mode de communication privilégié par les consommateurs. Pour déterminer le prix à la minute réellement payé par le consommateur, nous avons calculé son niveau à partir des différents paniers et, pour bénéficier du prix optimal, en tenant compte des différentes options (heures soir et Week End, mes numéros préférés, etc....). Par conséquent, les prix reportés sont des valeurs optimales obtenues dans un contexte « idéal » pour le consommateur. Ils sont également limités aux trois opérateurs de réseaux dont les prix ont connu plus d'évolutions que ceux des MVNO.

6.1 Analyse de l'évolution du prix de la voix chez Bouygues Telecom

Sur la période, l'évolution du prix à la minute montre une tendance à la hausse des prix. L'augmentation est même très importante pour le profil 1 dont la facture augmente entre 2003 et 2007 de 103%. Les profils 2 et 3 connaissent également une augmentation de leur facture de respectivement 100% et 57%.

6.2. Analyse de l'évolution du prix de la voix Orange

Chez Orange, sur la période, les prix n'ont pas évolué pour les profils 3, 4 et 5. Ils ont augmenté de 64% pour le profil 2. Seul le profil 1, avec une baisse de 44,4% est gagnant, même si sa facture finit à un niveau relativement élevé par rapport à ceux enregistrés en milieu de période. Le trou que l'on peut observer entre janvier 2004 et novembre 2004, s'explique par l'arrivé d'un forfait, ensuite retiré, de 30 minutes.

6. 3. Analyse de l'évolution du prix de la voix SFR

Mise à part pour le profil 1, les tarifs évoluent assez peu chez SFR. On peut tout de même noter une tendance à la baisse.

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7. Impact des principales options

Dans cette partie, on teste l'intérêt de la souscription des principales options proposées par les opérateurs mobiles. Chaque graphique comprend 2 courbes :

- Une pour le montant du panier sans souscription de l'option. Cela correspond aux montants des paniers hors options présentés ex-ante.

- Une présentant le montant optimal entre les formules sans options et les formules avec l'option.

Si les 2 courbes sont confondues, cela signifie que l'option n'est pas avantageuse. L'éventuel surcoût lié à la souscription à tort de l'option n'est pas représenté.

L'intérêt des options n'est présenté que pour les profils pour lesquels leur souscription s'avérait a priori judicieuse.

7.1. L'impact des packs SMS.

Pour tester l'impact des packs SMS sur l'évolution du montant des paniers, nous avons retenu le profil 2 qui correspond à un gros consommateur de SMS avec peu de voix. Sur les autres profils où le nombre de SMS envoyés est faible, voire nul (profils 1, 3 et 4) ou relativement faible comparativement au temps de voix (profil 5), l'impact des packs SMS sur la dépense totale est peu significatif.

- Impact des packs SMS sur l'offre Orange :

Pour le profil 2, l'option SMS s'avère toujours plus intéressante qu'une offre classique. En septembre 2007, par exemple, le gain est d'environ 9 euros, soit une différence de 30%. Cet écart est marqué par 2 grandes évolutions :

- L'arrivée en janvier 2004 du forfait temps libre avec compte mobile (SMS + Voix) limite l'intérêt d'un pack SMS.

- A partir de juin 2005, le forfait ZAP bloqué, combiné avec un pack de 210 SMS, s'avère être une solution quasi-optimale pour un profil consommant 55 minutes de voix et 200 SMS. Cependant, le forfait ZAP s'adresse aux étudiants et non à la majorité des consommateurs.

- Impact des packs SMS sur l'offre Bouygues Telecom :

Dans le cas du profil 2, le choix d'un forfait avec pack SMS est fortement concurrencé par la carte toujours plus avantageuse, car particulièrement bien adaptée à ce profil. Par conséquent, les packs SMS n'ont aucun impact sur le prix final payé par le consommateur.

- Impact des packs SMS sur l'offre SFR :

Le choix d'un pack SMS pour le profil 2 s'avère intéressant durant la majeure partie de la période. A partir de 2007, il existe un grand nombre de forfaits intégrant des SMS, par conséquent, de manière générale, cette option ne présente plus d'intérêt.

- Impact des packs SMS sur l'offre Carrefour Mobile :

Carrefour ne propose des packs SMS que depuis septembre 2007. Le gain obtenu grâce au forfait SMS est de 3 euros, soit 7,5%.

- Impact des packs SMS sur l'offre Debitel :

Pour les clients de Debitel, l'impact des packs SMS sur les coûts apparaît limité. Cela tient au fait que les packs proposés sont peu adaptés au profil de consommation retenu. Entre août 2006 et août 2007, le choix d'une carte prépayée apparaît même plus avantageux. Cet avantage disparaît en septembre 2007 avec l'arrivée des nouvelles offres prépayées.

- Impact des packs SMS sur l'offre Ten Mobile :

Ten Mobile propose des packs SMS dont le plus petit en comprend 20 et le plus gros 240. Le choix d'un pack SMS s'avère donc judicieux pour les profils 2, 4 et 5. Le graphique suivant illustre le gain obtenu pour le profil 2 (autour de 5 euros).

- Impact des packs SMS sur l'offre NRJ Mobile :

Pour les clients NRJ Mobile l'offre carte s'avère plus intéressante qu'un forfait avec pack SMS pour le profil 2. En réalité, le pack SMS n'apparaît intéressant que pour le profil 5 qui consomme beaucoup de voix et pour lequel le choix d'une carte est peu adapté. Cependant, le gain obtenu est faible : 1 euros.

7. 2. L'option Soir et Week-End

La définition de la période « Soir et Week-end » varie d'un opérateur à l'autre et parfois même, au cours du temps, entre les offres d'un même opérateur. Cette option a été testée sur le profil 4 qui consomme beaucoup de minutes voix et très peu de SMS.

- Impact de l'option Soir et Week End sur l'offre d'Orange :

Le profil retenu pour tester l'offre « Soir et Week-end » consomme un peu moins de 3 h d'appels voix. Le montant du panier pour ce profil dépend fortement de l'existence ou non d'un forfait 3 heures.

L'ajout de l'option « Soir et Week-end » fait qu'un forfait 1 heure en plus de cette option constitue la meilleure solution. Ce type de forfait étant toujours présent dans l'offre d'Orange, les variations observées en incluant l'option « Soir et Week-end » sont donc limitées et l'écart observé est fonction de l'existence ou non d'un forfait 3h dans l'offre de base.

- Impact de l'option Soir et Week End sur l'offre de Bouygues Telecom

Avant février 2004, l'option Soir et Week-End constituait une option tarifaire pour la carte Nomade. Pour le profil étudié, le choix de l'option « Soir et Week-End » apparaît bien adapté, mais le gain par rapport à un forfait classique s'estompe avec l'intégration partielle de ce type d'option dans certains forfaits, notamment à partir de février 2006 avec les forfaits Néo.

- Impact de l'option Soir et Week End sur l'offre SFR :

Dès janvier 2003, SFR inclut dans ces différentes formules des avantages de type « heures Soir et Week-End », ce qui limite l'intérêt pour la souscription d'une option de ce type. En fin de période, ce type de formule tend à disparaître.

Pour les MVNO étudiés, les appels illimités ne constituent pas une option mais sont intégrés dans certaines offres.

7. 3. Numéros Préférés

L'option « Numéros préférés » prend des aspects différents selon les opérateurs considérés : le nombre de numéros peut varier de 1 à 3, les SMS peuvent être concernés ou non. Cette option a été testée sur le profil 5 qui consomme beaucoup de minutes et de SMS.

- Impact de l'option numéros Préférés sur l'offre Orange :

Le gain lié à l'option « Numéros préférés » est limité par rapport à un forfait classique. Ce gain augmente en fin de période avec la baisse du prix de cette option.

- Impact de l'option numéros Préférés sur l'offre de Bouygues Telecom

Les offres du type « numéros préférés » sont proposées par Bouygues Télécom depuis février 2004.

Lors de son lancement en février 2004, l'option « numéros préférés » fait baisser significativement le montant du panier pour le profil 4. Son intérêt disparaît à partir de février 2006 avec l'enrichissement des offres classiques.

L'évolution tarifaire de mai 2007 redonne un peu d'intérêt à ce type d'option, mais l'écart avec un forfait classique est limité.

- Impact de l'option numéros Préférés sur l'offre de SFR

SFR propose à partir d'avril 2003, une option 3 numéros préférés à 3 euros par mois. Cette option s'avère avantageuse sur toute la période considérée. Le gain obtenu est d'autant plus important qu'il permet d'ajuster le reste de la consommation à un forfait existant.

Pour les MVNO étudiés, les numéros préférés ne constituent pas une option mais sont intégrés dans certaines offres.

7. 4. Le cumul des options

La souscription de plusieurs options peut s'avérer intéressante tant que leur nombre est limité et tant que les avantages qu'elles apportent ne sont pas redondants. A cet égard, l'exemple du profil 5 avec Bouygues Télécom est particulièrement intéressant.

Sur la période 2003 - mi-2005, le nombre d'options possibles est limité : leur souscription s'avère judicieuse. A partir de mi-2005, le nombre d'options augmente fortement (Soir et Week-end, Foyer, numéros préférés, packs SMS) et celles-ci apparaissent redondantes.

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8. La difficile optimisation des offres

Durant la période étudiée on ne peut affirmer qu'il y ait une réelle amélioration de l'offre. Car si petit à petit les options intègrent les forfaits de base (pack SMS, numéro préférés, etc...), dans le même temps leur prix augmente. Concernant l'offre prépayée, le crédit disponible augmente mais les durés de validité diminuent fortement, le second effet annulant le premier.

Les options deviennent elles-mêmes de moins en moins avantageuses à mesure que les offres des opérateurs s'étoffent en nouveaux services (numéros préférés, pack SMS, etc.). L'existence d'options parfois redondantes avec les offres de base ne fait qu'accentuer la difficulté qu'éprouve le consommateur à optimiser sa consommation. En effet, est-il plus économique de prendre un forfait intégrant des SMS ou alors de prendre un forfait nu avec une option payante SMS. Pour faire son choix, le consommateur doit résoudre une équation très complexe formée de paramètres hétérogènes (prix à l'unité du SMS, dans le pack, dans le forfait, hors forfait, volume des packs, etc.), pour savoir ce que lui coûtent à la fois la voix et les SMS dans chaque configuration (Forfait avec SMS, Forfait nu + pack SMS, un mix des deux !).

La structure des offres, que ce soit pour la voix ou les SMS, est un facteur déterminant dans le processus d'optimisation des consommateurs. Parfois adaptée, parfois très décalée, elle peut conduire le consommateur à formuler des choix très différents. Ces choix ne sont pas toujours les plus rationnels et cela pour deux raisons, tout d'abord parce qu'il est très difficile pour le consommateur d'arbitrer entre un nombre élevé d'offres de plus en plus complexes, puis parce que ce dernier est induit en erreur par un prix affiché très différent du prix réellement payé !

8. 1. La complexité des offres et les contraintes structurelles

Les différents profils retenus dans notre étude décrivent un consommateur parfaitement rationnel et informé, capable de déterminer à chaque instant et à structure de consommation défini (il ne s'adapte pas aux options) l'offre qui lui est la plus favorable. Or, un consommateur n'est jamais parfaitement rationnel, la théorie économique retient d'ailleurs la notion de rationalité limitée. Cette notion signifie qu'un agent (producteur, consommateur), n'est pas en mesure, même s'il dispose de toutes les informations nécessaires, de faire un calcul optimal. Précisément parce qu'un tel calcul implique de traiter un volume de données trop important. Sur le marché de la téléphonie mobile où les offres sont nombreuses et à tiroirs, il est très difficile de déterminer qu'elle est la plus adéquate. Par ailleurs, le consommateur ne bénéficie pas de l'ensemble de l'information, certaines conditions étant souvent très difficiles à trouver (par exemple le prix à la minute de chaque modalité de paiement).

Cependant dans la réalité, le consommateur, même informé, est confronté à un certain nombre de contraintes structurelles qui l'empêchent d'optimiser son offre. En effet, 75% des consommateurs ayant fait le choix du forfait sont verrouillés dans des contrats, le plus souvent de 24 mois, qui leur interdisent de changer d'opérateur si une meilleure offre se présente. On peut également ajouter que cette contrainte vaut également si les habitudes de consommation du consommateur évoluent.

On pourrait alors penser que le consommateur, si ses habitudes de consommation évoluent, peut au moins glisser d'une offre à l'autre auprès de son opérateur. En réalité cette opération n'est guère aisée. Selon son forfait de départ, changer d'offre peut être limité en fréquence, payant, ou même conditionné à un réengagement supplémentaire de 12 ou 24 mois.

Par conséquent, le modèle adopté est très favorable aux opérateurs, car même lorsqu'il y a une réelle baisse des prix sur le marché, compte tenu des contraintes énoncées, le consommateur est rarement en mesure de changer son plan tarifaire et par conséquent de bénéficier de la baisse des tarifs. Si bien qu'en réalité lorsqu'il y a baisse des prix, peu de consommateurs en bénéficient réellement.

8.2. Le décalage entre le prix affiché et le prix réel

L'optimisation des offres est également biaisée par le décalage existant entre le prix affiché et le prix réel des services proposés. En effet, il existe une différence entre le nombre de minutes achetées et le nombre de minutes consommées. Ce problème est consécutif à la structure des offres, qui contraint le consommateur à acheter de la voix ou des SMS sous forme de package. En réalité, mise à part la nouvelle offre de Leclerc, il n'existe pas de réels offres au compteur (on ne paie que ce que l'on consomme). Si bien que le consommateur est en permanence contraint de s'adapter aux produits proposés. Cela est particulièrement vrai avec les forfaits. Prenons, par exemple, la consommation moyenne en France : 2 h 40 selon l'ARCEP.

Retenons le cas le plus simple : une consommation voix repartie de manière homogène sur la journée et la semaine. Regardons le coût réel de la consommation de cet individu type en fonction du prix du forfait.

Bouygues Telecom

Orange

SFR

Prix du forfait 3 heurs (24 mois)

37 euros

40 euros

39 euros

Prix à la minute faciale

0.20 euros

0.22 euros

0.21 euros

Prix réel

0.23 euros

0.25 euros

0.24 euros

Comme nous pouvons le voir, il existe une différence significative entre le prix que le consommateur pense payer et le prix qu'il paie réellement. La différence peut être bien plus importante si le consommateur optimise de manière moins efficace son forfait, ce qui peut être le cas pour les petits consommateurs qui utilisent un forfait à défaut de la disponibilité d'une offre prépayée réellement intéressante.

Nous avons choisi de décrire le cas de la sous optimisation, mais le même problème se pose lorsque le consommateur dépasse régulièrement son forfait. Avec un prix à la minute qui peut être supérieur à 35 cts d'euro(2) , le prix moyen payé peut très rapidement augmenter.

En cumulé, le surcoût dû à la sous optimisation des offres souscrites peut être relativement important.

Ce phénomène n'est pas propre aux forfaits. Le prépayé devient lui-même de plus en plus contraignant et rend de plus en plus difficile les arbitrages. Par exemple, en septembre 2007 le profil 1, qui consomme 20 minutes, est, chez Bouygues télécom, contraint de prendre une carte de 30 minutes à 15 euros. En effet, il existe bien chez Bouygues Telecom une carte de 20 minutes à 10 euros, mais celle-ci n'est valable que 15 jours. Notre consommateur, dont la consommation est étalée sur un mois entier, a donc l'obligation de prendre la carte de 30 minutes valable un mois. Le prix affiché est donc de 50cts (15 euros/ 30 minutes) mais le prix réellement payé par ce dernier est de 0,75 cts (15 euros/20 minutes) ! Le consommateur subit un surcoût de 50% !

En l'occurrence, la structure des offres semble être une réelle contrainte qui rend difficile l'optimisation. Le consommateur paie en réalité rarement le tarif affiché. Ce phénomène n'est jamais pris en compte dans les différents calculs qui tentent d'approcher le prix à la minute des forfaits. C'est ainsi que les opérateurs peuvent se prévaloir en 2006 d'un revenu par minute de 0,153 euros (calcul global sur l'ensemble de la consommation).

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9. Positionnement des MVNO sur le marché

Lorsque l'on observe l'évolution des prix des MVNO, on constate une baisse continue et vigoureuse des prix. Cependant, il est important de souligner que ces évolutions reflètent bien plus un rattrapage qu'une montée en puissance. Par exemple, les baisses constatées chez Carrefour et NRJ Mobile sont en grande partie dues à la création d'offres prépayées plus adaptées aux profils ayant une consommation voix élevée.

Plus précisément, lorsqu'on examine le positionnement des MVNO à partir des profils, on constate que leur compétitivité se limite sur les segments de marché peu exploités par les opérateurs, c'est à dire les petits profils, ou les profils plus atypiques (peu de voix, beaucoup de SMS). Leurs offres sont, par conséquent, plus complémentaires que rivales. Et bien que les MVNO semblent mieux placés sur les profils ayant de faibles consommations, les disparités s'atténuent ensuite et ne tiennent finalement qu'à la disponibilité d'offres adaptées (minutes d'appels disponibles, nombres de SMS, etc.) aux profils.

9.1. Positionnement des MVNO sur le profil 1

Sur le profil 1, les MVNO qui sont arrivés sur le marché avec des offres prépayées très attractives apparaissent moins chers que les autres opérateurs. Il convient néanmoins de noter que Ten Mobile, qui est arrivé avec des forfaits d'un minimum d'une heure, est très pénalisé sur ce profil.

9. 2. Positionnement des MVNO sur le profil 2

Etonnamment sur le profil 2, qui a priori correspond plutôt à une offre prépayée, les MVNO ne sont pas forcement moins chers que les autres opérateurs.

Virgin Mobile tire son épingle du jeu grâce à ses forfaits composés de SMS illimités, qui s'adaptent particulièrement bien au profil 2, qui consomme 200 SMS mensuellement.

9. 3. Positionnement des MVNO sur le profil 3

Pour le profil 3, il n'apparaît pas de distinction entre les MVNO et les autres opérateurs. La différence porte essentiellement sur l'existence d'une offre adaptée à ce profil quelque peu singulier.

9. 4. Positionnement des MVNO sur le profil 4

Sur le profil 4, les MVNO qui ne disposent que d'une offre prépayée (Carrefour) ou n'ayant pas de forfait 3 h (NRJ) s'avèrent très pénalisés. Mis à part ces cas précis, il n'existe pas de différences flagrantes entre les opérateurs de réseaux et les MVNO.

9. 5. Positionnement des MVNO sur le profil 5

Le profil 5 laisse apparaitre les mêmes phénomènes que le précédent, à l'exception du cas de NRJ Mobile, qui avec un forfait 4 h, se positionne dans la norme.

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10. Conclusion

Sur la période étudiée, le travail réalisé met en évidence qu'il n'y a pas une véritable tendance à la baisse des prix, alors même que le marché de la téléphonie mobile est à présent mature et s'appuie sur une infrastructure totalement amortie.

L'absence d'une véritable dynamique à la baisse des prix s'explique par l'évolution contradictoire de la structure et des prix des offres. En effet, si les forfaits s'enrichissent de nouveaux services, leur prix augmente, quant aux cartes prépayées, certes le crédit disponible augmente, mais leur validité diminue. Par conséquent, l'optimisation devient pour le consommateur un exercice de plus en plus complexe.

En réalité, il semble préférable de maintenir ces services sous forme d'option et de laisser la possibilité au consommateur d'en bénéficier lorsqu'il en a l'utilité. D'autant plus que, toutes les options n'ont pas le même intérêt. Par exemple, si l'option soir et week end semble avoir un impact significatif sur certains profils spécifiques, l'option « numéro préféré » de Bouygues Telecom a un impact faible, voire nul. Baisser le prix des forfaits de base serait probablement plus avantageux pour le consommateur. D'autant plus que ces options forcées contraignent le consommateur à adapter sa consommation alors même que l'évolution du marché devrait permettre le contraire ! Il en résulte un important décalage entre le prix affiché et le prix réellement payé par le consommateur.

Autre résultat, il ne semble pas possible d'établir une corrélation entre l'évolution du montant des paniers des 3 opérateurs de réseaux et l'entrée sur le marché des MVNO. Tout au plus, peut-on constater une tendance à la baisse sur la dernière période, alors que plusieurs MVNO sont présents sur le marché. Les MVNO ont certes un positionnement plus favorable sur les consommateurs ayant une faible consommation voix ou plus atypique (peu de voix et beaucoup de SMS) mais l'avantage se réduit considérablement avec l'augmentation des volumes de minutes dans les paniers.

L'absence d'une réelle tendance à la baisse des prix, l'existence d'un écart significatif entre les prix faciaux et les prix réellement payés par les consommateurs et le faible impact des MVNO sur le marché tendent à montrer que le marché de la téléphonie mobile n'est toujours pas concurrentiel. Pour l'UFC-Que Choisir, ce résultat n'est pas surprenant et cela pour plusieurs raisons :

1. Le marché est toujours structuré autour d'un oligopole formé des trois opérateurs de réseaux qui verrouillent la concurrence.

2. Les prix de gros pratiqués par les opérateurs de réseaux ne permettent pas aux MVNO de faire des offres suffisamment attractives.

3. Le marché est structuré par le forfait. Le consommateur n'a pas d'autre choix que de s'adapter à l'offre. De plus, grâce à des durées d'engagement élevées (24 mois), il lui est impossible de bénéficier des nouvelles offres du marché.

4. Enfin, le prix des terminaisons d'appels, qui correspondent au coût d'interconnexion de deux réseaux distincts, est toujours anormalement élevé, ce qui empêche la baisse des prix, le développement de vrais offres illimitées tout réseaux, et favorise les offres clubs (l'obligation d'appeler des correspondants d'un même réseau) très contraignantes pour le consommateur.

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(1) AFOM : Association Française des Opérateurs Mobiles.

(2) Par exemple, avec le forfait classique Orange la minute hors forfait est facturée 37 cts d'euro, 35 chez SFR et 34 chez Bouygues Telecom pour des offres équivalentes.