Hospitalisation

Médicaments en cause

Publié le : 27/09/2008 

Une étude relayée par l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé montre que les effets indésirables des médicaments peuvent mener tout droit à l'hôpital. À surveiller particulièrement : les patients sous traitement anticoagulant.

 

On ne le répètera jamais assez : prendre des médicaments n'a rien d'anodin. Et s'il en fallait, voici une nouvelle preuve. D'après une étude publiée hier par l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), 3,6 % des hospitalisations sont à mettre directement sur le compte des effets indésirables de médicaments. Derrière ce chiffre qui n'a pas bougé depuis la précédente enquête, en 1998, se cachent tout de même près d'un million et demi de journées d'hôpital sur un an.

C'est à partir d'un panel de 2 692 malades que les estimations ont été faites. Il en ressort que 70 % des admissions liées aux médicaments ont pour cause leurs effets secondaires proprement dits, le tiers restant étant dû à des incompatibilités de traitements. Autre enseignement : les antivitamines K (AVK), des anticoagulants couramment utilisés dans le cadre de maladies cardiaques ou de thromboses veineuses, sont à surveiller de près, surtout chez les personnes âgées. À l'origine de sérieuses hémorragies, elles provoquent à elles seules 0,45 % du total des hospitalisations en France. Or 900 000 malades en France sont actuellement sous AVK.

Aux médecins de s'impliquer davantage

Bonne nouvelle, cependant : l'Afssaps souligne que la moitié des événements graves sont évitables. Concernant les AVK, la diminution des hospitalisations passe par un meilleur suivi des malades. Le message s'adresse donc aux médecins, qui doivent s'impliquer davantage dans la surveillance de leurs patients sous AVK. L'Afssaps a décidé de lancer une nouvelle campagne de sensibilisation à leur intention. Et vient d'actualiser le fascicule destiné aux patients, somme de conseils pour optimiser le traitement et repérer les signes avant-coureurs d'hémorragie comme le saignement des gencives ou l'apparition d'hématomes.

Avertissement sur les médicaments

Suite à une réévaluation des médicaments par l'Afssaps, des pictogrammes signalant les produits à risque pour la conduite d'un véhicule feront leur apparition sur les boîtes d'ici à la fin 2009. Il y aura trois niveaux. Une voiture sur fond rouge signifiera qu'il ne faut pas conduire sans l'avis d'un médecin, un fond orange qu'il faut être très prudent, un fond jaune que la lecture de la notice s'impose avant de prendre le volant. Mais 63 % des médicaments, ceux qui sont inoffensifs pour la conduite, ne comporteront aucun pictogramme.

Anne-Sophie Stamane

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