par Yves Martin
par Yves Martin
La Classe C de Mercedes arrive avec une motorisation 100 % électrique et une nouvelle plateforme. Cette routière disposant d’un équipement technologique complet s’avère attractive pour ceux qui peuvent s’offrir un modèle premium.
Alors que le marché automobile français continue de croître (+ 4 % à fin septembre 2026), les ventes de modèles premium progressent encore plus avec une hausse de 13 % sur 1 an. Mercedes le reconnaît, c’est le constructeur américain Tesla qui tire les ventes vers le haut (+ 124 %) avec ses Model Y et Model 3, entre autres. Suivent les trois marques allemandes BMW, Audi et Mercedes malgré des chiffres moins valorisants : – 2 % pour les deux premières et – 1 % pour le constructeur à l’étoile. Ce qui change aussi est que, désormais, la part des voitures électriques a dépassé la barre symbolique des 50 % des ventes de voitures premium. Un domaine où Mercedes annonce + 126 % de ses ventes de voitures électriques sur les 9 premiers mois de 2026 (par rapport à 2025). C’est dans ce contexte porteur qu’il a décidé de proposer une version 100 % électrique de sa routière Classe C. Et le constructeur a mis le paquet pour cette 6e génération, puisque tout change, de la plateforme au style intérieur en passant par des nouveautés esthétiques comme la nouvelle calandre et le bandeau arrière.

S’installer à bord de la nouvelle Classe C électrique, c’est embarquer dans un univers très technologique. En témoigne l’immense dalle qui traverse l’habitacle de part en part. Ce MBUX Superscreen, comme l’a baptisé le constructeur, intègre trois écrans distincts :
Le pack Premium Plus fait encore plus fort en donnant accès au MBUX Hyperscreen de 39,1 pouces (soit 99,3 cm !) qui réunit les 3 écrans sans aucune séparation. C’est encore plus esthétique et l’effet technologique est bel et bien au rendez-vous, mais les différences à l’usage ne nous ont pas sauté aux yeux. Aussi, on peut se demander s’il est vraiment utile de débourser les 1 500 € que coûte cette option.
Quoi qu’il en soit, l’utilisation des deux écrans tactiles est assez intuitive et tous deux s’avèrent réactifs. On peut regretter un affichage parfois surchargé d’informations qui peuvent compliquer la lecture. Mais, globalement, l’ensemble se gère facilement et la quasi-absence de touches physiques n’est pas trop pénalisante. En effet, les icônes liées aux réglages de la température sont toujours affichées en bas de l’écran central, ce qui permet un accès aisé. C’est un peu moins agréable pour les commandes placées sur le volant, notamment celles qui sont tactiles, situées à gauche et à droite (les « panneaux de commande » selon le terme de Mercedes), dont la réactivité n’est pas le point fort. Il est dommage que le constructeur n’ait pas suivi la démarche de Volkswagen qui, lui, a réintégré les commandes traditionnelles sur sa nouvelle ID.3 Neo.
Le confort de la Classe C électrique est également d’un haut niveau, avec des sièges avant très enveloppants qui assurent un très bon maintien. Et cela sans négliger le confort et le moelleux de l’assise. Les multiples réglages électriques permettent de trouver facilement une position de conduite idéale. Les passagers arrière ne sont pas négligés : l’espace alloué à leurs jambes est appréciable. Même la garde au toit, qui semblait limitée au regard de la ligne plongeante, n’est pas vraiment à critiquer… sauf pour la place centrale, un peu moins confortable avec son dossier très ferme (il fait office d’accoudoir rabattable) et son assise un peu courte. Voyager à trois à l’arrière sera donc un peu moins agréable pour le passager central.
À l’intérieur, les rangements sont assez nombreux avec des bacs de portière pratiques et logeables, tout comme l’espace sous la console centrale. Le coffre est aussi assez volumineux (470 l), même si on regrette son ouverture un peu étroite. Il pourrait être délicat d’aller chercher les bagages situés au fond, contre le dossier de la banquette arrière. En revanche, le « frunk » (contraction des mots anglais « front », avant, et « trunk », coffre) de 101 l situé sous le capot avant offre un complément très intéressant. À noter qu’il existe 3 possibilités d’ouvrir le capot : en appuyant sur l’étoile située en haut de la face avant, via l’écran central ou à l’aide de la clef.
La Classe C électrique sera d’abord proposée dans sa version la plus haut de gamme : la C 400 4Matic de 489 ch (360 kW), une version à 4 roues motrices équipée de 2 moteurs électriques (270 kW à l’arrière et 140 kW à l’avant) et d’une boîte de vitesses à 2 rapports. Elle dispose également d’une nouvelle batterie lithium-ion de 94,5 kWh de capacité utile. La recharge rapide en courant continu est possible dans des stations de recharge de 800 V avec une capacité de charge allant jusqu’à 330 kW. Avec un convertisseur DC en option, la berline peut également utiliser des stations de recharge rapide de 400 V.
Au premier trimestre 2027, d’autres modèles à propulsion (roues arrière motrices), mais aussi à transmission intégrale utilisant d’autres variantes de batterie suivront. Par exemple, des « petites » Classe C250 et C200. Cette dernière serait proposée à un prix plus intéressant, devenant l’entrée de gamme à 2 roues motrices et batterie LFP. Elle devrait toutefois offrir de belles prestations avec une autonomie d’environ 800 lm. Nous sommes impatients de voir !
Nous avons pris en main la version C400 4Matic annonçant une autonomie de 762 km selon le cycle d’homologation mixte WLTP et une consommation moyenne de 14,1 kWh/100k km. Les quelque 300 km de routes sinueuses et d’autoroute nous ont un peu éloignés de cette performance : l’ordinateur de bord affichait une moyenne de 18 kWh/100 km. Cela nous aurait permis de parcourir un peu plus de 500 km, ce qui est déjà pas mal au regard des conditions de roulage difficiles pour une électrique.

En ce qui concerne la recharge, on regrette que le constructeur n’ait équipé sa routière premium que d’un petit chargeur embarqué de 11 kW (en courant alternatif, AC, à la maison). Certes, ce type de véhicule n’est peut-être pas destiné à être rechargé le plus souvent au domicile, mais c’est mesquin de demander 700 € de plus pour obtenir le chargeur 22 kW. Heureusement, pour les charges rapides, Mercedes sort le grand jeu avec une architecture 800 V qui permet au système d’accepter jusqu’à 330 kW de puissance en courant continu (DC) : il faut 22 minutes pour passer de 10 à 80 %. Et pour accroître les possibilités de recharge, même si les bornes 800 V sont de plus en plus présentes, il est possible d’opter pour un convertisseur en 400 V (option à 700 €). Mais cela a 3 conséquences :
Enfin, si la fonction n’est pas encore disponible en France, il faut préciser que la voiture est également prête pour la recharge bidirectionnelle, ce qui la transforme en unité de stockage d’énergie mobile.
À conduire, la Classe C électrique répond aux attentes que l’on peut avoir pour ce type de modèle haut de gamme. Que ce soit sur les routes sinueuses que nous avons empruntées, pas toujours en bon état, ou sur une autoroute bien plane, le comportement de la voiture était sain. En plus, nous avons, dans un premier temps, roulé avec un modèle équipé du Pack « agilité et confort » comprenant une suspension pneumatique Airmatic avec amortissement prédictif (une caméra relève les défauts de la route pour anticiper et modifier l’amortissement en conséquence) ainsi que des roues arrière directrices (braquage de 4,5° dans le sens contraire des roues avant). Cette dernière technologie permet de réduire le rayon de braquage à seulement 11,2 m, ce qui est très bien pour une berline de plus de 4,88 m. La voiture se montre très maniable en ville et les manœuvres se font sans aucune appréhension.
À noter qu’à partir de 70 km/h, les roues arrière braquent jusqu’à 2,5° dans la même direction que les roues avant afin d’offrir une meilleure stabilité et une sécurité accrue. Une version dépourvue de cet équipement se montrera tout aussi agréable, elle sera certes un peu plus ferme, mais le ressenti sera plus habituel et presque plus agréable dans les virages. En revanche, sur autoroute, les suspensions pneumatiques confèrent un véritable confort, filtrant au mieux toutes les imperfections de la route, et permettent de voyager dans d’excellentes conditions.
| Puissance (ch) | Capacité de la batterie (kWh) | Avantgarde Line | AMG Line | Business Line | Business Line Executive | |
| Classe C 300 4MATIC | 421 | 85 | 63 000 € | 67 650 € | 64 500 € | 73 900 € |
| Classe C 400 4MATIC | 489 | 94,5 | 66 400 € | 71 050 € | 67 900 € | 77 300 € |
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Yves Martin
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