PEA

Un placement réservé aux "connaisseurs"

Avec les nouvelles règles de taxation des plus-values boursières, le PEA (plan d’épargne en actions) a retrouvé des couleurs face au compte-titres. Attention, il reste un placement à risques, à n’ouvrir qu’en toute connaissance de cause.

 

Depuis le 1er janvier 2011, les plus-values de cession des titres (actions ou parts d’OPCVM – Organisme de placement collectif en valeurs mobilières) sont imposables et soumises aux prélèvements sociaux dès le premier euro. Mais la règle ne concerne pas les cessions réalisées dans le cadre du PEA. Seules les sorties (après 5 ans minimum de conservation) seront assujetties aux prélèvements sociaux. Cela permet de gérer son portefeuille de façon active sans être taxé, durant toute la durée du plan (voir encadré "Fiscalité"), contrairement au compte-titres ordinaire.

Pour investir en bourse

Le PEA devient ainsi le meilleur support pour se constituer un portefeuille boursier, tout particulièrement pour ceux qui effectuent des arbitrages réguliers au sein de leur portefeuille. Le PEA est constitué d'un compte-titres et d'un compte-espèces associés pour les liquidités en attente. Il peut être investi en actions de sociétés françaises ou européennes ou dans des fonds en actions (sicav ou FCP). Ces fonds, pour être éligibles au PEA, doivent détenir au moins 75 % de titres français ou européens.

Le plafond du PEA est de 132 000 € par détenteur, soit 264 000 € pour un couple marié. Les gains réalisés dans le cadre du PEA peuvent dépasser ce plafond.

Avez-vous le profil investisseur ?

Contrairement aux affirmations de certains conseillers bancaires qui voudraient faire croire que tout le monde peut ouvrir un PEA, celui-ci doit rester réservé aux personnes disposant du profil adapté. C'est-à-dire possédant des revenus complémentaires qui ne sont pas indispensables pour les besoins courants (pour la retraite, pour un investissement immobilier à venir, pour les études des enfants, etc.), ni aujourd’hui, ni demain. C’est en effet une règle fondamentale à garder à l’esprit, quel que soit le type de placement boursier envisagé : on n’investit en bourse que l’argent dont on n’a pas besoin.

Seconde règle : un PEA ne doit pas dormir… Trop d’établissements financiers oublient totalement votre plan, à peine le contrat signé. Or, investir en bourse suppose un certain nombre d’arbitrages, tout particulièrement en période de crise comme c’est le cas actuellement. Si vous ne vous sentez pas prêt à consulter régulièrement la situation de votre portefeuille et à réclamer un minimum de réactivité à votre conseiller financier, le produit n’est peut-être pas pour vous. Il faut notamment savoir qu’en cas de baisse importante des cours (supérieure à 10 ou 15 %), il faudra sécuriser le plan (par des transferts sur des titres moins risqués ou sur des liquidités). Or, on l’a vu pendant la crise de 2008, certains conseillers bancaires traînent des pieds pour liquider les titres.

Fiscalité

Les cessions réalisées à l’intérieur du PEA sont totalement exonérées d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.

À la fin de la 5e année, les plus-values générées par le plan sont exonérées d’impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux sont dus (actuellement 13,5 %).

En cas de sortie du PEA entre deux et cinq ans, les plus-values sont imposables au taux de 19 % (+ 13,5 % de prélèvements sociaux).

En cas de sortie du PEA avant deux ans, les plus-values sont imposables au taux de 22,5 % (+ 13,5 % de prélèvements sociaux).

À noter : à partir du 1er juillet 2012, le taux de prélèvements sociaux passe de 13,5 à 15,5 % (loi du 15 mars 2012).

Élisa Oudin