Sacs poubelle

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Publié le : 16/09/2014 

36 modèles à liens classiques ou coulissants ont subi des tests sévères pour évaluer leur solidité et leur étanchéité. Nous avons aussi testé 5 sacs biodégradables selon un protocole n’utilisant que des déchets organiques éligibles au compost.

 

Rien de plus ordinaire qu’un sac poubelle. Pourtant, dès qu’il s’éventre sous le poids des déchets, qu’il se déchire quand on le ferme ou qu’il fuit sur tout le trajet jusqu’au conteneur, c’est la catastrophe et la corvée de nettoyage. Pour vous éviter ces désagréments, nous avons fait subir une batterie de tests à 36 références. Notre sélection compte les grandes marques avec Brabantia, Handy Bag et Alfapac, les marques de la grande distribution avec Auchan, Carrefour, Casino, Cora, Intermarché (Apta), Leclerc, Monoprix et U, les marques discounts et les premiers prix des distributeurs. Au final, une grande variété de sacs, au moins dans les promesses affichées.

Une foule d’allégations

Car même s’ils se réduisent à une simple bande de papier ou de plastique, les emballages parviennent à multiplier les allégations. La plupart des sacs se disent étanches et résistants, certains sont en matière première vierge, d’autres en matériau recyclé, quelques-uns en matière végétale. La majorité d’entre eux porte la marque NF ou NF Environnement. Certains précisent qu’ils sont double ou triple épaisseur, enfin, il y a ceux qui possèdent des liens classiques et ceux qui ont des poignées coulissantes. Ces diverses mentions présentent-elles un réel intérêt à l’usage ? Les sacs sont-ils solides, étanches ou susceptibles de fuir, se déchirent-ils en cas d’accroc, résistent-ils aux chocs et à la charge ? Tous les critères indispensables à la qualité d’un sac poubelle ont été évalués. Résultat, les modèles les mieux classés et tous ceux qui ont obtenu "2 étoiles" vous mettront à l’abri des désagréments. Enfin, pour couvrir l’ensemble du marché, nous avons également sélectionné des sacs biodégradables, conçus pour se dissoudre. Compte tenu de leur spécificité, ils ont fait l’objet d’un test particulier (voir encadré ci-dessous).

Le matériau : la pétrochimie domine

Les sacs poubelle qui ne précisent rien sont fabriqués dans un plastique issu du pétrole, en général du polyéthylène. Quand l’emballage précise « matériau recyclé » ou « 100 % recyclé », une part ou la totalité du plastique est issue des processus de recyclage. Le sac comporte moins, ou pas du tout, de polyéthylène de première utilisation. Un sac qui affiche « recyclé » consomme toujours moins de matière première vierge. La mention « végétal » signifie que le plastique employé ne provient pas du pétrole. Il s’agit d’un polyéthylène d’origine végétale, à base de canne à sucre ou d’autres cultures. Attention, un sac en matière végétale n’est pas forcément biodégradable.

L'épaisseur : inutile de s’y fier

Nos résultats prouvent qu’il est inutile de se fier à l’argument de l’épaisseur mis en avant sur certains emballages. Afficher une double ou une triple épaisseur ne garantit pas la solidité. Des modèles qui ne revendiquent rien se classent mieux que d’autres vendus avec ces arguments-là. Ce qui compte, c’est le grammage mais il n’est pas indiqué. Notre test démontre que les sacs premiers prix vendus 3 ou 4 centimes l’unité font trop d’économies de matière première pour supporter les essais de solidité et de résistance à la déchirure.

Le volume : pas toujours les 30 litres

Tous les sacs sélectionnés annoncent 30 litres. Ce volume est celui de la poubelle sur laquelle le sac doit s’adapter. Mais les volumes réels mesurés s’étalent de 37 litres à… 19 litres ! Les liens coulissants permettent de bien remplir le sac, alors qu’il faut conserver une marge pour fermer les liens classiques. Résultat, tous les sacs avec liens coulissants ont une capacité supérieure à 30 litres, tandis que les sacs à liens classiques ont pour la plupart une capacité inférieure.

Les marques NF et NF Environnement : garantie à géométrie variable

De nombreux sacs de marques de distributeurs portent la marque NF, qui concerne les performances. Elle est parfois complétée par NF Environnement, qui porte sur l’impact environnemental. Sur les six modèles les mieux classés, cinq sont des sacs NF de marque de distributeur, le seul qui ne l’est pas est d’une grande marque. À l’inverse, un sac Carrefour à la fois NF et NF Environnement fait partie des modèles déconseillés pour leur manque de solidité, et quelques autres sont de qualité très moyenne. NF n’est donc pas une garantie totale de qualité pour les sacs poubelle.

 

Sacs poubelle biodégradables

Des résultats très mitigés

Sacs poubelle biodégradables
En complément de ce test sur 36 modèles, nous avons acheté 5 sacs poubelle biodégradables. ll s’agit des références Apta ecologic (Intermarché), Carrefour éco planète compostables, Cora biodégradables, U écologique, qui portent tous les quatre le label OK Compost, et de Monoprix vert pour déchets organiques, qui porte la marque NF Environnement. Tous ces sacs, composés de matières premières végétales, sont fabriqués soit avec de la fécule de pomme de terre, soit de l’amidon de maïs. Mais bien que le biodégradable soit à la mode, leur usage est très particulier. Ils ne conviennent pas au tout-venant des ordures ménagères, il ne faut jamais les acheter pour les substituer à des sacs poubelle classiques, ce serait aller au-devant des désagréments. Il faut les utiliser pour les déchets organiques lorsqu’on bénéficie d’une collecte sélective de biodéchets, ce qui reste assez rare en France. Que Choisir recommande la prudence quand on fait du compost dans son jardin, car la norme de biodégradabilité à laquelle répondent ces sacs concerne le compostage industriel. Or il se fait dans des conditions strictes et contrôlées, très éloignées du processus de décomposition dans un tas de compost individuel. Les sacs arborant le logo « OK Compost » sont éligibles au compost industriel, pas au compost de jardin.

Les essais de laboratoire

Les sacs biodégradables ont subi des tests spécifiques en laboratoire. Nous avons évalué leur étanchéité et leur tenue au fur et à mesure qu’ils se remplissent de déchets organiques destinés au compost. L’enjeu est en effet de pouvoir jeter ses biodéchets proprement, sans avoir à tout nettoyer ­régulièrement. Le premier essai a consisté à remplir progressivement les sacs de 3 kg de déchets de tomates, de pommes de terre, de salade, de marc de café, en y ajoutant un peu d’huile végétale et d’eau, le tout à raison de 1 kg tous les deux jours. Les cinq modèles testés ont fui au bout de cinq ou six jours, alors qu’ils n’étaient pas encore pleins. Dans le deuxième essai, les sacs ont été remplis de 1 kg seulement de ces mêmes déchets organiques et placés dans des seaux. Ils ont tous fui au bout de sept jours.

Notre avis

Au vu de nos essais, la capacité de 30 litres est trop importante pour des sacs poubelle biodégradables, car leur décomposition sous l’effet des déchets organiques commence rapidement. Il ne faut pourtant pas en déduire que la ­dégradation complète des sacs se fait vite, la norme de biodégradabilité autorise un délai allant jusqu’à six mois.

 

Gabrielle Théry

Rédactrice technique